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Attaque au couteau qui a fait trois morts à Nice: l’assaillant est un Tunisien de 21 ans arrivé par Lampedusa

Attaque au couteau qui a fait trois morts à Nice: l’assaillant est un Tunisien de 21 ans arrivé par Lampedusa
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Au moins trois personnes ont été tuées, dont une au moins égorgée, et plusieurs autres ont été blessées jeudi à Nice lors d’une attaque au couteau. Les faits se sont déroulés vers 9h, près de l’église Notre-Dame.

Deux personnes, un homme et une femme, ont été tuées dans l’église Notre-Dame et une troisième, sérieusement blessée, est décédée dans un bar proche où elle s’était réfugiée, a précisé une source à l’AFP. Les victimes étaient une femme âgée de 70 ans, habituée de l’église, qui a été décapitée. Un homme d’environ 45 ans qui a été égorgé et qui est le sacristain de la basilique. Et une femme d’environ 30 ans, qui a succombé à ses blessures dans un bar situé à proximité.

L’auteur a été interpellé par les forces de l’ordre. Christian Estrosi, le Maire de Nice, a précisé que « l’assaillant avait crié à plusieurs reprises Allahu akbar lors de son interpellation ». Il est blessé et a été hospitalisé dans un hôpital de Nice.

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Christian Estrosi a par ailleurs conseillé aux Niçois d’éviter le secteur. Le quartier a été bouclé et évacué par les pompiers. Selon Nice-Matin, de nouveaux coups de feu ont été entendus peu avant 10h.

Le parquet national antiterroriste a été saisi pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». L’enquête a été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Le Vatican réagit

Le Vatican a condamné jeudi l’acte, affirmant que « le terrorisme et la violence ne peuvent jamais être acceptés ».

« C’est un moment de douleur dans une période de confusion. Le terrorisme et la violence ne peuvent jamais être acceptés », indique un communiqué du porte-parole du Vatican, Matteo Bruni. Il précise que le pape François « prie pour les victimes et leurs proches ».

La Conférences des évêques de France (CEF) a qualifié l’attaque d’acte « innommable » et souhaité que « les Chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre ». « Nous sommes émus, très touchés et dans une sorte de sidération devant ce genre d’acte innommable », a déclaré à l’AFP le père Hugues de Woillemont, le porte-parole de la CEF. Le glas sonnera à 15h dans toutes les églises de France, en hommage aux victimes de l’attaque.

Un Tunisien de 21 ans arrivé par Lampedusa

Dans un premier temps, l’auteur de l’attaque au couteau a dit s’appeler Brahim et être âgé de 25 ans. « Il n’est doté d’aucun papier d’identité ni de téléphone. La police technique et scientifique est mobilisée pour tenter de confirmer son identité », selon Europe 1.

Finalement, l’attaquant au couteau est un Tunisien de 21 ans, arrivé en Europe par Lampedusa fin septembre et en France début octobre, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Des sources judiciaires, interrogées par l’AFP, ont fait valoir que l’identité de l’assaillant n’était pas formellement confirmée.

Cet homme, selon une source locale proche du dossier, se nomme Brahim Aouissaoui (bien Aouissaoui). Une information confirmée à l’AFP par une autre source proche du dossier.

Le jeune homme est arrivé en France fin septembre via Lampedusa (Italie) où il avait été mis en quarantaine par les autorités italiennes avant d’être visé par une obligation de quitter le territoire italien et laissé libre, a-t-on ajouté de source locale proche du dossier.

Il n’a pas fait de demande d’asile en France, a précisé cette source.

Selon une autre source proche du dossier, les enquêteurs ne disposeraient que d’un document de la Croix rouge italienne correspondant à l’identité de Brahim Aouissaoui.

Une minute de silence a été observée jeudi à l’Assemblée nationale, en présence du Premier ministre, en hommage aux victimes de l’attaque juste après le discours de Jean Castex sur le reconfinement. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sur Twitter la tenue d’une « réunion de crise », place Beauvau. Le Premier ministre Jean Castex a quitté précipitamment, jeudi matin, l’Assemblée nationale pour se rendre à la cellule de crise.

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« Je ne peux, une nouvelle fois dans les circonstances très difficiles que notre pays traverse, dans les épreuves qu’il subit, qu’appeler l’ensemble de la représentation nationale à l’unité et à la cohésion », a dit le chef du gouvernement aux députés, avant de promettre qu’il ferait « tout son possible » pour revenir ensuite dans l’hémicycle.

« Urgence attentat » partout en France

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé que le plan vigipirate allait être porté au niveau « urgence attentat » partout en France.

Le chef du gouvernement a dénoncé une « attaque aussi lâche que barbare qui endeuille le pays tout entier », après l’attaque au couteau jeudi contre une basilique en plein cœur de Nice qui a fait trois morts, dont un sacristain.

La Turquie condamne fermement

« Nous condamnons fermement l’attaque qui a été commise aujourd’hui à l’intérieur de l’église Notre-Dame de Nice (…) et présentons nos condoléances aux proches des victimes », a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Il est clair que ceux qui ont commis une telle attaque sauvage dans un lieu de culte sacré ne peuvent s’inspirer de quelque valeur religieuse, humaine ou morale que ce soit », a ajouté le ministère, exprimant sa « solidarité avec le peuple français face au terrorisme et à la violence ».

Un homme armé tué par la police à Avignon

Quelques heures après l’attaque de Nice, un homme a été abattu jeudi à Avignon par la police alors qu’il menaçait des gens dans la rue avec une arme de poing, a indiqué la police qui n’évoque pas pour l’instant de piste terroriste.

Un vigile du consulat de France attaqué en Arabie Saoudite

Plus tard dans la matinée, c’est un vigile du consulat de France à Jeddah, en Arabie Saoudite qui a été attaqué. Un Saoudien a blessé l’homme au couteau. Il a immédiatement été arrêté par les forces de l’ordre.

«Le mal absolu »

Le Congrès juif européen (CJE) s’est dit jeudi «bouleversé et indigné» par l’attaque au couteau qui a fait trois morts jeudi dans une basilique de Nice (sud-est de la France), dénonçant «la barbarie et le mal absolu» de l’attentat.

«Nous sommes profondément choqués par la barbarie et le mal absolu incarné par ces attaques menées à l’encontre de citoyens français et de la République française», a indiqué dans un communiqué Moshe Kantor, président du CJE, une institution laïque basée à Bruxelles représentant la communauté juive européenne.

«Les attaques ciblant le droit fondamental à la liberté d’expression d’une part et la tolérance manifestée à l’égard de l’islamisme radical d’autre part constituent un soutien moral à ces actes terroristes», a-t-il ajouté, évoquant aussi la récente décapitation du professeur français Samuel Paty.

«Ayant fait l’expérience des conséquences de tels actes ces dernières années, les communautés juives d’Europe sont entièrement solidaires du président (français) Emmanuel Macron et du peuple français», a conclu M. Kantor.

L’évêque de Nice, Mgr André Marceau, a rapidement appelé jeudi à faire prévaloir «l’esprit de pardon». Son délégué diocésain au dialogue interreligieux, le père Asso, a immédiatement reçu des appels de la communauté juive niçoise et des deux responsables de la mosquée des musulmans du centre-ville.

Le chef de l’ONU «condamne fermement l’attaque odieuse»

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres «condamne fermement l’attaque odieuse» survenue jeudi à Nice, dans le sud-est de la France, au cours de laquelle plusieurs personnes ont été tuées dans une église, a déclaré à New York son porte-parole, Stéphane Dujarric.

«Il réaffirme la solidarité des Nations unies avec la population et le gouvernement de la France» dans cette épreuve, a-t-il ajouté lors de son point-presse quotidien.

Dans un communiqué, le Haut responsable aux Nations unies pour l’Alliance des civilisations, Miguel Angel Moratinos, a aussi condamné «l’attaque barbare» de Nice, en rappelant avoir appelé la veille au «respect mutuel de toutes les religions et croyances».

Les 27 appellent au dialogue et à l’entente

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l’UE ont entamé jeudi soir (18h30) leur réunion virtuelle consacrée à la pandémie de Covid-19 avec une pensée pour les victimes des «attaques terroristes en France». Vers l’entame de la vidéoconférence, les dirigeants sous la présidence de Charles Michel ont publié une déclaration commune via laquelle ils condamnent les violences de la même journée, «qui représentent autant d’attaques envers nos valeurs communes».

«Nous nous tenons unis et fermes dans notre solidarité avec la France, le peuple français et son gouvernement - dans notre combat commun et continu contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Nous appelons les dirigeants du monde entier à œuvrer au dialogue et à l’entente entre les communautés et les religions plutôt qu’à la division», poursuit le texte.

Jeudi, trois personnes ont été tuées à Nice par un homme armé d’un couteau, qui les a attaquées peu après 9h00 à l’intérieur de la basilique Notre-Dame. Le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’affaire, et devrait donner davantage d’informations sur son enquête en soirée, lors d’une conférence de presse prévue à 21h00.

L’auteur des coups de couteau a rapidement été interpellé. Il a été blessé et est hospitalisé. Il s’agirait d’un jeune homme de 21 ans arrivé en France début octobre.

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