Dr Moens («112, Hélico d’urgence»): «Nous sommes au service de la population»

Dr Moens («112, Hélico d’urgence»): «Nous sommes au service de la population»
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Quel a été l’impact de la première saison sur votre service, qui est une asbl et ne fonctionne que sur base des donations ?

Nous avons constaté une augmentation des demandes d’affiliation après l’émission. Mais le retour le plus positif pour nous a été de la part des autres équipes intervenantes, pompiers, ambulanciers, généralistes, et des patients. Ils nous réservaient un accueil vraiment bienveillant, nous remerciaient, on ne s’attendait pas à ça.

Et vous, qu’avez-vous pensé de la première saison ?

Je visionne les épisodes avant diffusion pour m’assurer qu’au niveau médical, il n’y a pas d’inepties, et que d’un point de vue éthique – puisque je dois rendre des comptes au Conseil de l’Ordre –, il n’y a pas de couac et que le respect du patient est bien assuré. Nous avons trouvé la saison 1 très soft par rapport à ce que nous vivons dans la réalité. RTL-TVI a sans doute choisi des missions pas trop impressionnantes pour ne pas choquer son public. Nous avons apprécié que le côté humain soit mis en avant. Nous sommes avant tout au service de la population.

Que nous réserve la suite alors ?

On est dans la continuité, mais il y aura des interventions plus palpitantes. Pas trash, cependant, rassurez-vous, il n’y aura pas de têtes arrachées.

Elle a été tournée vers la fin de la première vague de covid. Quelles adaptations avez-vous faites ?

Il a d’abord fallu trouver du matériel de protection : combinaisons, masques FFP2, et FFP3 pour le médecin qui intube, on double nos paires de gants. Respirer avec un FFP3 en marchant vite, avec cagoule, lunettes et visière de protection, cela demande un travail respiratoire. Il a fallu mettre en place des protocoles de protection, de désinfection, médicaux aussi pour adapter la manière dont on endort les gens. On a été bien rodés par la première vague, mais cela reste éprouvant et augmente le temps d’intervention de 30 %.

Comment se passe une intervention avec un malade du covid ?

Ce sont des patients en détresse respiratoire et donc qui sont vraiment à haut risque. Rien que le fait de les endormir et les intuber est risqué. Le patient transporté est mis dans une housse en plastique transparente pour éviter la contamination avec l’hélico. En le mettant sous respiration artificielle, on diminue le risque de contamination parce que sa respiration est dans un circuit continu avec filtre. Mais, ces patients ont souvent aussi des diarrhées contaminantes dont on doit se protéger.

Cette pandémie, elle affecte aussi psychologiquement l’équipe, non ?

Oui. Il y a peu, nous sommes intervenus dans une maison où les six habitants d’un 60 m2 étaient covid-positifs. Une était décédée et une autre était en train de mourir étouffée, à 49 ans. Là, c’est clair, il y avait du covid partout. C’est stressant de travailler en atmosphère contaminée. Quand on doit se déshabiller, on doit aussi faire attention à ne pas toucher notre environnement.

112, hélico d’urgence ** 19 h 50 RTL-TVI

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