Plus que jamais, le secteur de la santé engage: le site du Forem compte, en ce moment, plus de 2.560 postes d’infirmier ou d’aide-soignant

La santé est le secteur qui performe en ce moment : on cherche des infirmiers et des aide-soignants
La santé est le secteur qui performe en ce moment : on cherche des infirmiers et des aide-soignants - 123rf

Les derniers chiffres de l’emploi en Wallonie viennent de tomber. Fin octobre 2020, la Wallonie compte quelque 207.915 demandeurs d’emploi inoccupés (D.E.I.). Bien que, depuis le mois d’octobre 2019, la demande d’emploi en Wallonie reste orientée à la hausse sur base annuelle, l’ampleur de celle-ci semble se stabiliser (+ 1,9 % en octobre contre un pic à 7,8 % atteint en juin 2020). Le nombre total de D.E.I. a augmenté de 1,9 % entre octobre 2019 et octobre 2020. Cela correspond à une augmentation nette de 3.857 personnes. Le taux de la demande d’emploi s’élève actuellement à 13,1 % de la population active wallonne. Ce dernier était de 12,8 % il y a un an mais de 13,4 % en 2018.

« De mois en mois, il y a des effets saisonniers, comme une baisse, chaque année, du nombre de demandeurs d’emploi inoccupés, entre fin septembre et fin octobre, mais il est clair qu’il y a une hausse du nombre de DEI sur un an. Depuis la mi-mars, la crise sanitaire a fait augmenter le nombre de demandeurs d’emplois, particulièrement depuis juin. Comparé à la période de mars à fin octobre 2019, cela se concrétise par plus de 68.100 nouvelles inscriptions. En octobre, ça se stabilise. C’est symptomatique d’un marché qui se détériore avec un phénomène paradoxal : tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Alors que certaines entreprises ferment, d’autres performent et manquent de main d’œuvre », explique Marie-Kristine Vanbockestal, administratrice du Forem.

Secteur performant

Ceci dit, il existe (heureusement) des secteurs qui engagent et qui publient des offres d’emplois. « L’immobilier, par exemple, est le premier secteur (avec la location et les services aux entreprises) à publier des offres même si, depuis le mois passé, ça a changé à cause du confinement », poursuit l’administratrice. Second métier qui engage et qui a du mal à trouver de la main d’œuvre, le secteur des soins de santé. « C’est LE secteur qui performe en ce moment mais ce n’est pas nouveau : on manque de bras, infirmiers ou aides-soignants, dans les hôpitaux mais aussi dans les maisons de repos ». Il y a également le commerce de gros et de détail qui cherche à engager, la construction, les transports ou encore les services collectifs, sociaux et personnels de même que l’administration publique et l’éducation.

Les raisons qui font que ces secteurs ne trouvent pas la main d’œuvre adéquate sont nombreuses. « La première, c’est le manque de qualification, c’est-à-dire que pas assez de gens sortent de l’école avec le diplôme nécessaire. On peut y remédier pour certains métiers comme chauffeurs de poids lourds (le Forem propose, en temps normal, plus de 300 formations) mais ce n’est pas possible pour le métier d’infirmier, par exemple. Une partie de la solution est à trouver au niveau de la formation initiale (comment faire en sorte que les écoles diplôment plus de jeunes ? ) mais aussi de l’attractivité de la profession : pénibilité de certains jobs, conditions de travail, salaire peu attractif… », ajoute Marie-Kristine Vanbockestal.

Reculs importants

Enfin, certains secteurs d’activités accusent des reculs importants (en pourcentage) comme les services collectifs, sociaux et personnels (-48 %), l’administration publique (-45 %) ou la fabrication de machines et équipements (-40 %). Cela s’explique en partie par la crise actuelle. « Les services collectifs, c’est tout ce qui englobe l’événementiel, le tourisme, la culture et le sport. C’est évidemment compliqué pour eux en ce moment tout comme tout ce qui touche au transport aérien », conclut l’administratrice du Forem.

Johanna Hubeau : des grandes surfaces à la toiture

Ce que Johanna aime, c’est être sur un toit
Ce que Johanna aime, c’est être sur un toit

Johanna Hubeau, 40 ans, échevine à Brugelette, est aussi couvreuse, un métier qui l’a toujours attirée. « Déjà quand j’étais enfant, j’étais là où il y avait des travaux », dit-elle en riant. « Chez nous, il y avait souvent des travaux et je mettais la main à la pâte avec mon papa mais, à l’époque, on ne concevait pas qu’une fille aille dans le secteur des travaux », explique-t-elle. Après des études techniques, un enfant à 19 ans et un parcours professionnel qui ne lui plaît pas (elle a notamment travaillé en grandes surfaces), elle décide d’entamer des études de couvreuse. « Je me suis sentie revivre », explique-t-elle. « Je suis allée à une journée découverte du Forem pour ce métier. Une semaine après, je commençais la formation. Quand j’ai cherché un stage, ma candidature a fait rire le patron qui pensait à une blague. J’ai insisté et il m’a acceptée. J’ai travaillé chez lui 2 ans puis chez un autre. J’adore être sur les toits, c’est ma bouffée d’oxygène. Depuis, j’ai créé ma petite entreprise. J’ai des devis signés pour des commandes mais, en ce moment, les gens ont peur d’investir. Je cherche donc un mi-temps dans la construction ». En attendant, Olivia va se lancer dans une nouvelle aventure : elle va commencer, cette semaine, la formation pour devenir sapeur-pompier volontaire.

« Mon métier d’aide soignante, je ne pourrais pas le quitter »

Valerie Bonmariage

Après divers jobs dans différents secteurs, Valérie Bonmariage, 37 ans, de Beauraing, a décidé, en 2018, de reprendre des études pour devenir aide-soignante. « J’avais notamment travaillé en tant que caissière et 4 ans dans un home comme aide logistique. C’est là que j’ai découvert la profession d’aide soignante et que j’ai vu comment ils ou elles aident les gens. J’étais demandeuse d’emploi depuis 5 ans quand j’ai décidé de suivre la formation d’aide-soignante », explique Valérie.

« En 2018, j’ai entrepris la formation à Gedinne. J’ai été diplômée en juillet de cette année et le 1er septembre, j’ai été engagée dans une maison de repos. Ce qui me plaît, c’est l’aide aux personnes et de pouvoir communiquer avec elles. C’est vraiment un métier qui me tient à cœur. C’est un job qui me touche. J’ai foncé et je n’ai pas de regret », ajoute Valérie qui travaille en horaire de jour dans une maison de repos qui compte environ 90 résidents. « Le matin, je m’occupe de la toilette et des repas. Le soir, c’est la mise au lit. C’est très physique mais c’est un métier que je ne pourrais pas quitter même si, en ce moment, avec le Covid, c’est très compliqué ».

« Nous avons plusieurs procédures de recrutement chaque mois »

Daphné Lambert de Vivalia

Vivalia est une intercommunale de soins de santé qui couvre 44 communes en province de Luxembourg et 3 en province de Namur. Elle regroupe notamment 6 sites hospitaliers, 4 maisons de repos et une polyclinique, ce qui correspond à 3.800 membres du personnel. Elle engage donc régulièrement du personnel. « La cellule recrutement gère tous les recrutements pour l’hospitalier et le non hospitalier, sauf en ce qui concerne le département infirmier qui gère ça lui-même », explique Daphné Lambert, responsable de la cellule recrutement FF au département des ressources humaines chez Vivalia.

« Nous avons plusieurs procédures de recrutement chaque mois. Cela va de la technicienne de surface au cuisinier, en passant par le pharmacien, l’architecte ou l’informaticien. On est évidemment confronté à des pénuries. La première étant les infirmiers ». Comment fait-on donc pour trouver des infirmiers ? « Avec le département infirmier, il y a une belle dynamique. Avec la cellule recrutement, il va régulièrement voir les écoles de la province, on leur transmet nos offres d’emplois et on participe aussi régulièrement à des Job Days avec Références. Si on veut engager, on doit se montrer. Actuellement, on souhaite engager un pharmacien hospitalier et un architecte. On a cherché des conseillers en prévention et on va prochainement chercher des aides soignants, des ouvriers en cuisine et des techniciens de surface pour des réserves de recrutement mais aussi des infirmiers en chefs et des infirmiers généraux », conclut Daphné Lambert.

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