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Quelques heures avant Alysson, Ghislaine, 36 ans, a mis fin à ses jours après avoir dû fermer son restaurant: «Elle n’allait vraiment pas bien»

Quelques heures avant Alysson, Ghislaine, 36 ans, a mis fin à ses jours après avoir dû fermer son restaurant: «Elle n’allait vraiment pas bien»
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La crise sanitaire est particulièrement difficile à vivre pour bon nombre d’indépendants. Avec le deuxième confinement, ils sont nombreux à avoir dû fermer leurs portes, les privant parfois de toute source de revenus. C’est dans cette situation extrêmement difficile qu’Alysson, jeune barbière de 24 ans, a décidé de mettre fin à ses jours à Liège. Depuis plusieurs jours, son décès suscite une vive émotion sur les réseaux sociaux.

La jeune femme est devenue le symbole de la détresse vécue par de nombreux indépendants, en difficulté financière après avoir dû fermer leurs commerces.

Au même moment, en France, une autre disparition tragique fait réagir sur les réseaux sociaux. Ghislaine Boriller, une restauratrice de 36 ans, a mis fin à ses jours le week-end dernier. Cette maman d’un garçon de 10 ans était patronne du restaurant Le Kenyah, à Plougoumelen, dans le Morbihan, en Bretagne.

Selon les informations de nos confrères de Transportissimo, la jeune femme aurait particulièrement mal vécu le fait de ne pas avoir été « choisie » comme restaurant routier autorisé à ouvrir. En France, une partie des restaurants routiers ont pu partiellement rouvrir leurs portes malgré la fermeture généralisée des cafés, restaurants et autres bars. C’était une demande du syndicat des routiers pour permettre aux professionnels du secteur de pouvoir s’alimenter et de conserver des conditions de travail dignes alors qu’ils continuent d’arpenter les routes, notamment pour fournir des commerces alimentaires. Ces restaurants, autorisés à accueillir exclusivement des routiers, ne peuvent ouvrir qu’entre 18h et 10h le lendemain.

Dans le Morbihan, 6 restaurants routiers avaient pu rouvrir le 7 novembre dernier. Le 12 novembre, 2 autres restaurants routiers avaient également bénéficié d’une autorisation d’ouverture. L’établissement de Ghislaine, pourtant bien connu des routiers et situé à proximité d’un axe majeur de la région, n’en faisait pas partie. Une situation que déplorait la jeune femme, « alors qu’il n’y a aucun établissement entre Muzillac et Lorient ». Comme le rapportent nos confrères de Transportissimo, dans un message laissé sur le compte Facebook de la restauratrice, un voisin aurait expliqué la détresse de Ghislaine. « Les mois ont été longs pour elle et son équipe, elle a affronté, comme beaucoup de restaurateurs, l’impact indirect du Covid. J’ai eu la chance de pouvoir manger une dernière fois avec elle ce lundi midi (le 9 novembre). Mais elle n’allait vraiment pas bien. L’annonce d’ouverture de certains restaurants routiers et pas le sien lui a mis un sacré coup. Mardi soir, je n’ai pas su trouver les mots pour lui faire comprendre qu’elle devait se ressaisir ». Le message a, depuis, été supprimé.

Selon les informations de Transportissimo, en 2017, Ghislaine Boriller avait repris le restaurant de son papa décédé. L’établissement avait été lancé 32 ans plus tôt. Sur Facebook, de nombreux groupes et citoyens rendent hommage à la jeune femme.

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