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Laurence Boccolini: «Revenir à la comédie m’a fait beaucoup de bien»

Rendez-vous ce samedi soir sur France 3, pour la découvrir en commandante des pompiers.
Rendez-vous ce samedi soir sur France 3, pour la découvrir en commandante des pompiers.

On a l’impression que vous êtes la nouvelle star de France Télévisions. Plutôt flatteur ce nouveau statut, non ?

(Elle rit) Il ne faut pas dire ça, ce n’est pas très gentil pour les autres animateurs. Ce n’est pas comme ça que je le ressens. En tout cas, ce serait très prétentieux de ma part de confirmer une chose pareille. Il est vrai que j’ai été extrêmement bien accueillie chez France Télévisions. J’ai été entourée de gentillesse, de bienveillance et d’enthousiasme. Tout ce qui me manquait depuis des années. Et puis, on me confie beaucoup de travail. Je ne vais pas me plaindre !

Vous revenez à la comédie dans la série « Mongeville ». Appréhendiez-vous cette nouvelle expérience en tant qu’actrice ?

Oui, énormément, ça faisait longtemps que je n’avais pas joué. La dernière fois, c’était pour « Mademoiselle Joubert », en 2005. Cette fois, on m’a proposé d’incarner une commandante de pompiers au passé douloureux. C’est un rôle à contre-emploi, assez dramatique, qui représente beaucoup pour moi. Les pompiers sont nos héros du quotidien. Ce sont des gens extraordinaires qui vouent leur vie à sauver celle des autres. Ils n’éteignent pas que des incendies. Quand on vit un moment où on a besoin de l’aide des pompiers, croyez-moi, ça ne s’oublie pas.

Vous faites référence à votre accident de la route, survenu il y a plusieurs années ?

Tout à fait… Cet accident m’a beaucoup marquée. Je devais avoir 20 ans. J’étais sur l’autoroute et quelqu’un a pilé devant moi. Ma voiture est passée sous l’autre voiture. Et moi, je suis passée par le pare-brise car ma ceinture s’était détachée. On m’a désincarcérée du véhicule, puis emmenée à l’hôpital. Un pompier était toujours à mes côtés pour me parler et me rassurer. Du coup, ce rôle dans « Mongeville » est un joli clin d’œil. Je suis très fière d’avoir enfilé leur uniforme.

Au moment du tournage, vous étiez toujours sous contrat avec TF1. Aviez-vous un léger sentiment de culpabilité ?

Pas du tout ! TF1 ne me proposait plus rien en fiction, et ce n’est pas faute de leur avoir demandé. Les premiers à être venus vers moi, ce sont les équipes de France 3. En tant que comédienne, ça ne se refuse pas. Et puis, jouer aux côtés de Francis Perrin, c’est hyper impressionnant. J’ai eu un gros coup de cœur pour lui. Quand il récite son texte, c’est toujours parfait. J’avais besoin de son aval pour me rassurer lors de mes prises. Ce rôle m’a fait beaucoup de bien, même si la télévision n’est pas une source vitale pour moi.

Après « Mot de passe », vous êtes aux commandes de « Un mot peut en cacher un autre ». Êtes-vous désormais habituée à ce nouveau rythme de tournage ?

Oui, j’ai enfin repris la main ! (Rires) Pour « Le Maillon faible », on tournait trois émissions de trois heures par jour. Je restais neuf heures debout. Cette fois, on tourne pendant 10 jours et c’est tout aussi intense. Nous sommes obligés d’optimiser la location du studio qui coûte très cher. On tourne aussi avec plusieurs contraintes, sans public et avec une équipe réduite. Je ne peux même pas toucher ou faire des câlins aux candidats. C’est une période vraiment compliquée.

«Ma fille ne répare pas ce que j’ai vécu»

Le bonheur d’être maman.
Le bonheur d’être maman.

Vous êtes une femme engagée, notamment au sujet de l’infertilité. Comment avez-vous digéré cette période de votre vie ?

C’était très violent. Je ne me suis jamais sentie aussi seule de ma vie. À l’époque, on ne vous expliquait pas grand-chose. Je ne comprenais pas, et j’ai entendu des mots assez durs à encaisser, comme « ce n’est pas à votre âge qu’on essaie d’avoir des enfants ». Cette période m’a littéralement détruite. Une part de moi ne se reconstruira jamais, même si j’ai une fille aujourd’hui. Elle n’est pas un pansement et ne répare pas ce que j’ai vécu. J’avais l’impression de ne pas être une femme normale. J’y pense souvent. C’était vital pour moi d’avoir un enfant.

Votre parcours est un exemple pour de nombreux couples…

C’est vrai. J’ai été la première à écrire un livre sur le sujet, et j’en ai pris plein la tête. On m’a accusé de faire du larmoyant, mais je ne pouvais pas cacher ce désarroi qui m’a suivi pendant des années. Quand j’étais jeune, certains amis de mes parents n’avaient pas d’enfants, et on n’en parlait presque jamais. C’était toujours sous forme de sous-entendus tristes. Je pense avoir ouvert le tabou sur l’infertilité. Après moi, d’autres personnalités ont mené certains combats, comme Laëtitia Milot contre l’endométriose, et c’est une très bonne chose.

Avez-vous déjà partagé ce parcours avec votre fille, Willow ?

Elle sait qu’on s’est battu et qu’on a beaucoup pleuré avant de l’avoir. Elle s’en fout de savoir comment elle est née. Cela dit, je ne veux pas trop lui en dire pour ne pas lui mettre de pression. Ce n’est pas parce qu’on l’a tellement attendue qu’elle doit être parfaite. Ma fille a le droit d’être comme elle est. D’ailleurs, elle est très timide. Elle ne sera donc pas animatrice comme sa maman. (Rires) Elle fait un peu de théâtre et sait très bien chanter. Elle aime aussi danser.

Un franc-parler assumé

Quand quelque chose ne lui plaît pas,  elle n’hésite pas à sortir les griffes.
Quand quelque chose ne lui plaît pas, elle n’hésite pas à sortir les griffes. - WARRIN Philippe-FTV

Laurence Boccolini n’est pas du genre à se laisser faire, et c’est surtout pour ça qu’on l’aime. « La franchise n’est pas une qualité très appréciée dans mon métier », avoue-t-elle. Pourtant, l’animatrice n’a jamais tenté de dissimuler son franc-parler, et heureusement. « Si j’avais été moins cash par moments, je pense que j’aurais travaillé un peu plus. Je suis toujours restée moi-même. On ne m’a jamais empêchée de dire ce que je veux », explique celle qui a remporté la première saison de « Mask Singer » sous le costume de la licorne. « Malgré tout ce qu’on peut dire, la télévision est un milieu où on se tait sur des injustices, des gestes, des mots… Quand on a un caractère fort comme le mien et qu’on n’accepte pas ce genre de comportement, on le paie fort. On est directement classé comme quelqu’un avec qui il n’est pas facile de travailler. »

Quand quelque chose ne lui plaît pas, elle n’hésite pas à sortir les griffes. Et encore plus depuis son départ de TF1… « Rémi Faure, un directeur des programmes de la chaîne, a dit des mensonges à mon sujet lors d’une interview accordée à un certain média. Cette fois, je ne pouvais pas laisser couler. Je ne laisse pas tout dire sur moi. J’ai contacté le média en question qui n’a pas souhaité m’accorder un droit de réponse, et je le comprends tout à fait. J’ai donc préféré mettre les choses au clair sur mon compte Instagram. Au moins, il y a beaucoup plus de vues que sur leur site. » Voilà qui est dit !

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