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Meurtre d’Alexia: réclusion criminelle à perpétuité requise contre Jonathann Daval

Emmanuel Dupic. (AFP)
Emmanuel Dupic. (AFP)

L’avocat général Emmanuel Dupic a requis samedi devant les assises de la Haute-Saône la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de Jonathann Daval, auteur d’un «crime presque parfait» parce que sa femme Alexia «voulait le quitter».

«Je crois (...) qu’il l’a tuée parce qu’Alexia voulait le quitter, tout simplement», a déclaré M. Dupic. Le soir du drame, «elle lui a signifié (...) qu’elle allait partir et ça, ça n’est pas possible dans la construction de Jonathann Daval».

Ce crime «particulièrement épouvantable», c’est «une affaire de crime conjugal qui est devenue en raison de la médiatisation extrêmement emblématique», a-t-il pointé, rejetant aussi la thèse d’une simple dispute conjugale.

«La séparation, le départ intolérable, apparaît plausible», notamment après les auditions à la barre d’amis du couple qui ont évoqué les «difficultés» d’un «couple qui ne marchait plus», a estimé M. Dupic. «La place prise par Jonathann dans la famille d’Alexia fait qu’il ne peut pas accepter la séparation, c’est ‘leur gamin’», a poursuivi M. Dupic, qui a dépeint l’accusé en «manipulateur» et en «menteur».

« La vérité n’est pas entendable »

«Un monde s’écroule pour Jonathann Daval. Alexia met fin à la relation» et «le scénario c’était ça, on ne devait pas retrouver le cadavre, Jonathann restait dans cette famille», selon M. Dupic, d’où la dissimulation du corps dans un bois et, surtout, la tentative d’insinération. «La vérité n’est pas entendable: c’est épouvantable de tuer une femme parce que vous ne voulez pas qu’elle vous quitte», a encore fustigé l’avocat général, selon lequel M. Daval a réalisé un «crime presque parfait».

«Vous allez juger l’agonie d’une femme mariée, sa seconde mort qui est la crémation, et une troisième mort, l’accusation d’une famille obligée de porter ce crime», a-t-il lancé, allusion aux accusations portées un temps par l’accusé à l’encontre de sa belle-famille.

Au terme de six jours d’audience (un de plus que prévu, tant les débats ayant été nourris), les trois magistrats professionnels et les six jurés, cinq femmes et un homme, prononceront leur verdict attendu d’ici au début de la soirée.

«Cette semaine a été très éprouvante, j’espère que ce soir on sera soulagés, qu’on pourra tourner la page et se reconstruire un peu après ce procès, et ne penser plus qu’à Alexia», a déclaré samedi matin Isabelle Fouillot, la mère de la victime, qui avait dit «adieu» vendredi à son ancien gendre après avoir vainement tenté de lui arracher des réponses à ses questions.

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