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Affaire Mawda: selon le médecin légiste, la petite se trouvait à l’avant du véhicule et non à l’arrière quand elle s’est fait tirer dessus

Affaire Mawda: selon le médecin légiste, la petite se trouvait à l’avant du véhicule et non à l’arrière quand elle s’est fait tirer dessus
Christophe Licoppe

Le médecin légiste bruxellois a procédé à l’autopsie de la petite Kurde âgée de deux ans, tuée d’un coup de feu lors de la course-poursuite entre la police et un véhicule transportant des migrants qui s’est déroulée sur l’autoroute E42, la nuit du 16 au 17 mai 2018.

Selon son dernier rapport, l’enfant se trouvait à l’avant de la camionnette, ce qui est contesté par les parents. « D’un point de vue médico-légal, nous avons des lésions à la face avant du visage qui s’expliquent par l’explosion des fragments des vitres latérales gauche et droite. Ceci indique que l’enfant se trouvait à l’avant », a déclaré le médecin légiste.

Selon lui, cette thèse est plus probable qu’une balle qui se décompose. « La plaie d’entrée du projectile est située au niveau de la narine droite. Il y a deux autres plaies, en dessous, au niveau de la lèvre, plus profondes, qui peuvent s’expliquer par la fragmentation du projectile mais pas les autres plaies, plus superficielles, relevées sur l’hémiface droite ».

Le médecin ajoute que la présence d’éléments organiques sur l’intérieur de la portière avant droite et sur le tableau de bord conforte sa thèse. « Il s’agit de fragments tissulaires. Si on les retrouve à cet endroit, cela plaide pour un tir qui passe dans l’habitacle avant et pas à l’arrière ».

Il ajoute qu’aucun fragment tissulaire n’a été relevé à l’arrière du véhicule, ni aucun impact de projectile. « Lors de l’autopsie, nous avons fait des examens microscopiques des lésions. Au niveau du nez, il y a des traces de brûlures plus importantes que sur l’orifice de sortie. Il y a aussi des traces de poudre. L’examen de la plaie occipitale ne présente aucune trace de poudre, ni aucune brûlure ».

La cause du décès est une section du tronc cérébral à la suite de la blessure par arme à feu et, ajoute le témoin, la position de la victime dans le véhicule n’a pas d’influence sur la cause du décès qui fut quasiment instantané.

Pour que ces lésions soient possibles, il faut que la tête de la victime ait eu le regard tourné vers la vitre avant gauche. C’est impossible si elle se trouvait dans un porte-bébé face à sa mère.

La trajectoire du tir était très légèrement descendante, un centimètre d’écart entre l’orifice d’entrée et l’orifice de sortie. Mawda avait probablement la tête bien droite au moment d’être touchée par la balle bien qu’il soit difficile de définir la position de la tête en raison de l’âge de l’enfant et des mouvements du véhicule, selon le légiste. La version des parents lors de la reconstitution paraît donc peu plausible.

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