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Affaire Mawda: «Si j’avais su qu’il y avait un enfant, je n’aurais jamais brandi mon arme», explique le policier qui parle pour la première fois

Affaire Mawda: «Si j’avais su qu’il y avait un enfant, je n’aurais jamais brandi mon arme», explique le policier qui parle pour la première fois
Belga

La présidente Marie Sheila Bastiaans a commencé par interroger le plus jeune des Irakiens considéré comme le chauffeur de la camionnette, lequel maintient ses déclarations faites durant l’enquête.

La présidente lui a signalé que son ADN avait été retrouvé sur des mégots de cigarette abandonnés sur le plancher de la camionnette qui a été confrontée à des véhicules de police sur l’autoroute E42, la nuit du 16 au 17 mai 2018. Ces mégots se trouvaient à l’avant alors qu’il a déclaré qu’il se trouvait à l’arrière du véhicule. « J’ai fumé ces cigarettes mais je ne sais pas s’elles ont été déplacés ou pas ».

Un foulard portant son empreinte génétique a également été retrouvé à l’avant de ce véhicule. « Je ne me souviens plus, il se peut que je portais un foulard. Je sais qu’il faisait chaud et j’ai enlevé mon pull. Cela remonte à deux ans. Je ne sais plus », a dit le prévenu.

Le 17 mai, de l’argent britannique et des cigarettes ont été retrouvés dans ses poches. Le prévenu ne se souvient pas d’avoir détenu des cigarettes sur lui.

Présent en Europe depuis 2015, il dit avoir fait l’objet de plusieurs contrôles en France au début de l’année 2016. Il a été incarcéré en France.

« Est-ce que le 23 avril 2016 vous dit quelque chose ? « lui a demandé le procureur du roi. Le prévenu a répondu que non.

« N’auriez pas reçu un ordre de quitter le territoire néerlandais avant d’être arrêté en Flandre orientale ? « Le prévenu a dit ne pas se souvenir non plus.

L’empreinte génétique de l’autre Irakien, âgé de 27 ans, a été retrouvé sur un téléphone portable qui se trouvait sur la petite Mawda, tuée d’une balle dans la tête. Le prévenu prétend qu’il ne s’agissait pas de son téléphone mais il avoue qu’il a peut-être utilisé cet appareil car il n’arrivait pas à se connecter avec le sien.

Sur son compte Facebook, il y avait une vidéo montrant le trajet de la camionnette quand elle a été achetée dans la région liégeoise. Il ne conteste pas les faits et il ajoute que les trafiquants lui ont demandé, depuis l’Allemagne, d’acheter une camionnette et de se rendre vers la jungle de Calais.

Il conteste avoir été le convoyeur de cette camionnette lors de la course-poursuite avec la police. Lui aussi déclare qu’il se trouvait à l’arrière de la camionnette. Il dit qu’il a demandé au chauffeur de s’arrêter mais ce dernier ne l’a pas écouté.

Dans une audition, il a déclaré qu’il portait Mawda dans ses bras au moment où elle a été touchée par la balle. « Tout le monde criait, il faisait sombre. Je ne sais plus », dit-il.

Le procureur lui a demandé s’il maintenait ce qu’il a déclaré, à savoir avoir entendu cinq à six coups de feu. Le prévenu a répondu par l’affirmative.

« Si j’avais vu qu’il y avait un enfant, je n’aurais jamais brandi mon arme »

Le policier, auteur du tir qui a tué la petite Mawda lors de la course-poursuite qui s’est déroulée sur l’autoroute E42, la nuit du 16 au 17 mai 2018, a été interrogé par le tribunal correctionnel du Hainaut division de Mons, lundi après-midi. « Avant d’être policier, je suis un être humain. La mort de cette petite fille m’a effondré. J’aurai toujours cette image », a-t-il déclaré. C’est la première fois que le policier s’exprime publiquement depuis le drame.

« Je n’ai pas reçu l’information qu’il y avait un enfant. Si je l’avais su, jamais je n’aurais sorti mon arme », a-t-il encore au cours de son interrogatoire qui se poursuit.

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