Où (re)voir Anya Taylor-Joy, nouvelle reine de Hollywood?

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Où (re)voir Anya Taylor-Joy, nouvelle reine de Hollywood?
Netflix

Elle a un regard qu’on n’oublie pas. De grands yeux noirs fixes, troublants, voire inquiétants, qui vous hypnotisent sur place. Ils ont fait d’Anya Taylor-Joy, à 24 ans, l’une des vedettes de Hollywood les plus en vue. On s’en souvient dans « Split » et « Glass », de M. Night Shyamalan, ou dans la série « Peaky Blinders ». Aujourd’hui, avec le succès du « Jeu de la dame », que binge-watchent tous les abonnés à Netflix et qui met la critique échec et mat, la jeune femme fait son entrée dans la cour des… reines !

Les premiers à s’être fait accrocher par ces yeux-là, ce sont les amateurs de cinéma d’horreur. On a envie d’ajouter « forcément ». Née en Floride, élevée en Argentine – jusqu’à 6 ans, elle n’a parlé qu’espagnol –, avant de suivre ses parents et ses cinq frères et sœurs à Londres, Anya raconte avoir toujours voulu être actrice, quitte à ce que ça passe par faire peur. Pour preuve, à 16 ans, elle est à New York, sur ses économies, pour tenter sa chance. Elle fait un peu de mannequinat et a son premier petit rôle dans la série « Vampire Academy ». Si elle apparaît dans la série mythologique « Atlantis », c’est bien ce que son regard a de potentiellement flippant qui la fait sortir du lot ! Pour son premier grand rôle, à 18 ans, elle est une sorcière dans « The Witch ». Elle est ensuite un robot tueur dans « Morgane ». Elle tâte de la maison hantée dans « Le secret des Marrowbone », est la proie de la Bête dans « Split », puis son alliée dans « Glass », et enfin une mutante psychopathe dans « The New Mutants ». Contre-emploi notable, elle a joué dans la partie live de l’adaptation au cinéma des jouets Playmobil. Quand même.

« Le secret des Marrowbone », « Split » et « Peaky Blinders » sont tous à voir sur Netflix.

De l’horreur aux échecs

Heureusement pour Anya, avec « Le jeu de la dame », elle prouve que son talent ne réside pas que dans sa capacité à nous glacer le sang d’un regard. Dans cette minisérie déclinée en sept épisodes, elle est Beth Harmon, jeune prodige des échecs qui, en pleine guerre froide, veut affronter les plus grands maîtres de la discipline, surtout des Russes, pour devenir la numéro un mondiale. Mais, en plus de devoir s’imposer dans un univers machiste, elle a un combat encore plus dur à mener, contre la colère qui ronge son cœur d’orpheline, et contre sa dépendance aux drogues et à l’alcool, développée dans l’orphelinat qui l’a recueillie. Dans les années 50, hop, un tranquillisant, et les responsables de l’institution avaient le calme toute la sainte journée.

Le problème de Beth est qu’elle découvre les échecs au même moment, initiée par le concierge de l’orphelinat, et associe son don pour ce jeu à la prise des petites pilules vertes… Dans une interview à la presse américaine, Anya est revenue sur le pouvoir tentateur de ces « médicaments » : « Quelle que soit la drogue utilisée par les toxicomanes, le problème est qu’à un moment donné, ça a marché. Sinon, ils ne continueraient pas. Mais ensuite, ça ne peut plus finir qu’en désintoxication, en prison, ou au cimetière. » Comment Beth, obsédée par la victoire aux échecs, pourrait-elle échapper à l’emprise de ses dépendances ?

Pas besoin de comprendre grand-chose aux échecs pour apprécier cette minisérie. Outre la performance d’Anya en prodige à la limite de l’autisme dont la coquille se fendille lentement, les mille et une astuces visuelles pour nous faire vivre les rencontres contre les autres joueurs, développées par le showrunner Scott Frank, sont captivantes. Il ne cherche jamais l’ellipse, nous emmène dans la partie. Il s’est complètement approprié le roman de Walter Tevis, que rêvait de porter à l’écran, juste avant son décès en 2008, l’acteur Heath Ledger.

Pour plus de réalisme, Scott Frank a aussi fait appel à l’expert des échecs Bruce Pandolfini, qui a imaginé plus de 350 parties réelles et a appris aux acteurs à se comporter comme de véritables joueurs. Sous sa houlette, Anya Taylor-Joy a appris par cœur des schémas de jeu, afin de pouvoir se concentrer ensuite sur son travail d’actrice. « Je n’ai jamais eu une telle connexion avec un personnage », explique l’actrice, qui dit avoir vécu un vrai « voyage », et s’être appuyée sur ses souvenirs des cours de danse de son enfance pour reproduire de mémoire les gestes d’une joueuse, d’authentiques « chorégraphies avec les doigts ».

Après « Le jeu de la dame », Anya, qui mène depuis quelques mois une vie sentimentale discrète avec le photographe de stars Ben Seed, nous prépare pour « The Northman » des retrouvailles avec Robert Eggers, le réalisateur du film d’horreur « The Witch ». Cette fois, elle y donnera la réplique à Nicole Kidman et une autre artiste aux yeux félins, Björk ! Surtout, Anya est très attendue en Furiosa jeune dans le prequel de « Mad Max : Fury Road », où brillait Charlize Theron. L’actrice a bien trouvé sa propre place sur l’échiquier hollywoodien, celle de la reine.

« Le Jeu de la Dame », saison 1 disponible en intégralité Netflix.

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