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La priorité: vacciner le plus possible même si les craintes sont légitimes

Le seul espoir actuel pour vaincre le virus.
Le seul espoir actuel pour vaincre le virus. - Isopix

Les vaccins contre le Covid-19 qui arriveront début 2021 sont un formidable espoir. À l’heure actuelle, il n’existe pas le moindre médicament contre le virus. Le vaccin est donc la seule solution pour retrouver une vie normale.

Risque extrêmement faible. Mais ces vaccins continuent de susciter des questions. Par exemple : est-ce que les personnes qui ont eu le Covid et ont donc développé leurs propres anticorps, risquent quelque chose à se faire vacciner ? Selon Sophie Lucas, immunologue et professeur à l’UCLouvain, « il y a très peu de chance qu’il y ait le moindre risque. C’est un peu comme pour tous les autres vaccins, quand on fait un rappel. On a déjà un peu d’anticorps après la première injection et on fait le rappel, sans danger, pour augmenter encore ces anticorps. »

Déjà immunisés. Cela dit, pour Madame Lucas, la question prioritaire est ailleurs. « Parmi les personnes qui ont fait le Covid, la plupart ont une immunité contre une réinfection », reprend-elle. « Les réinfections sont rarissimes, selon ce que l’on peut lire dans la littérature mondiale. » Or, la priorité sanitaire, c’est de vacciner le plus grand nombre de personnes possible, le plus rapidement, de manière à obtenir un taux de vaccination de 70 % de la population. Et, bien entendu, il faut vacciner le plus rapidement les personnes des groupes prioritaires.

Volontaire

Parmi ces groupes, les personnes âgées et le personnel des maisons de repos qui seront les premiers à bénéficier du vaccin, selon ce qui a été décidé par la task force fédérale d’opérationnalisation de la vaccination. Mais alors, faudrait-il tester l’immunité de toutes ces personnes pour voir s’il est nécessaire de les vacciner ou pas ? « Ce serait trop lourd à organiser, et ça ralentirait le processus », selon Sophie Lucas. « La priorité, actuellement, c’est de vacciner le plus de personnes dans les groupes prioritaires. » Rappelons que la vaccination se fera sur base volontaire.

Les groupes prioritaires, outre les résidents et le personnel des homes (y compris les volontaires et les stagiaires), ce seront les autres institutions collectives de soins, tous les personnels de soins au sein des hôpitaux, ainsi que ceux de première ligne (les généralistes, par exemple). Ensuite, viendront les 65 ans et plus, puis les 45 ans et plus avec des comorbidités, comme l’obésité, le diabète, l’hypertension, des maladies chroniques, notamment.

Durée de la protection. Pendant combien de temps serons-nous protégés par le vaccin ? « Selon les connaissances actuelles, on espère une protection de plusieurs mois, voire plus », répond Sophie Lucas. « Bien entendu, on n’a pas encore de recul suffisant. Les premières personnes infectées l’ont été il y a un an. Si on se base sur ce que l’on connaît d’autres vaccins et ce que l’on sait pour le moment (du Covid-19, NDR), on peut espérer être protégés plusieurs mois, peut-être même plusieurs années. Mais sans doute pas à vie. »

Mutations. Est-ce que le virus, comme le fait celui de la grippe, pourrait muter et rendre le vaccin inefficace ? « Pour l’instant, il y a des mutations du virus, mais qui n’ont pas l’air d’induire une résistance au vaccin », dit Mme Lucas. « C’est vrai, pour la grippe, les mutations sont telles qu’il faut adapter le vaccin contre la grippe et se faire vacciner chaque année. Mais cela montre aussi que nous pourrions nous adapter très rapidement pour le vaccin Covid. »

Benoît Jacquemart