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Quand le Covid-19 colonise nos fictions

Meredith Grey, incarnée par Ellen Pompeo, est atteinte du Covid-19 dans la saison 17 de «Grey’s Anatomy».
Meredith Grey, incarnée par Ellen Pompeo, est atteinte du Covid-19 dans la saison 17 de «Grey’s Anatomy». - ABC

Les séries quotidiennes. Quand le premier confinement se met en place, trois feuilletons sont diffusés quotidiennement sur les télés françaises et belges. Par ordre d’ancienneté : « Plus belle la vie », « Demain nous appartient » et « Un si grand soleil ». Chacune gérera la crise à sa manière, jour après jour. Toutes arrêteront, forcées, leurs tournages. « Plus belle la vie » et « Demain nous appartient » prennent le parti de vider leurs stocks, avant de passer aux rediffusions. De son côté, « Un si grand soleil », arrête net sa diffusion. Le temps de préparer un astucieux retour, en avance sur tout le monde.

Les inédits de la série quotidienne de France 2 débarquent bien avant l’été avec un décompte affiché en début de générique : « confinement – 30 jours ». Le tour est bien joué pour rester ancré dans la réalité ! Les nouvelles intrigues, diffusées au moment du déconfinement, font état des souffrances vécues pendant plusieurs mois.

« Plus belle la vie » et « Demain nous appartient » évoquent, quant à elles, le virus, mais très très superficiellement encore aujourd’hui. Il est vrai que ces feuilletons, déjà plongés dans le drame quotidiennement, sont aussi une porte vers l’évasion du quotidien.

Les plateformes. Il y a le bon « vieux » média télé (dont les audiences, principalement celles des JT et autres émissions spéciales comme « Questions en prime » ont été boostées) et les plateformes qui ont explosé durant l’année écoulée. On en veut pour preuve l’explosion du nombre d’abonnés (quelque 86 millions) enregistrés par Disney+ en quelques mois.

Netflix (qui a d’ailleurs mis en ligne la série « Social Distance » qui explore la difficulté des liens par écrans interposés), Amazon Prime et Disney+ et certains services « à la demande » ont pris la place des cinémas.

Les salles fermées, des distributeurs se sont finalement rabattus sur des plus petits écrans. Chez Disney, c’est devenu évident à la fin de l’année : même l’un des longs-métrages les plus attendus de 2020, « Mulan », ne pouvait plus attendre d’être projeté sur grand écran. C’est donc la plateforme aux grandes oreilles qui a accueilli la sortie - en moins grande pompe - de l’adaptation en prises réelles du dessin animé culte.

« Grey’s Anatomy », « Chicago Med », Dany Boon… Faire de la fiction en évitant d’aborder la réalité ? Certains le font très bien et c’est souvent tant mieux. Mais dans les cas (nombreux) de séries médicales, impossible de nier la crise sanitaire.

« Grey’s Anatomy » essoufflée au bout de 17 saisons mais pas encore en panne totale d’inspiration, ne pouvait pas faire autrement que de faire entrer le Covid au Grey Sloane Hospital dans les prochains jours (en diffusion aux États-Unis). « La plus grande histoire médicale du siècle », a fait savoir l’une des productrices. Même discours du côté de « Chicago Med » ou encore de « Good Doctor ». Mais la pandémie inspire bien au-delà des séries médicales. La crise, la série dramatique « This is Us » va la mettre en images.

De même que... Dany Boon, sur le ton, imagine-t-on, de la comédie. Pour Netflix, il prépare un long-métrage, « 8 rue de l’Humanité » sur le confinement dans un immeuble parisien. « Nous sommes en train d’écrire une histoire qui raconte la vie d’un immeuble confiné. Des commerces au rez-de-chaussée, jusqu’aux chambres de bonnes. L’idée c’est de le tourner d’ici la fin de l’année ». Sortie sur la plateforme prévue courant 2021. Alors que de son côté, Amazon a déjà mis en ligne sa fiction autour d’un apéro virtuel, « Connectés » avec Audrey Fleurot et Michael Youn.