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Un an de coronavirus, notre dossier: les indépendants en situation très précaire...

Un an de coronavirus, notre dossier: les indépendants en situation très précaire...
AFP

Ce sont par exemple les grossistes en boissons qui travaillent pour l’horeca, les loueurs de matériel pour les mariages et l’événementiel. On peut aussi citer les sociétés de nettoyage qui travaillent pour l’horeca. Et puis, parmi ceux qui ont fermé lors du premier confinement, il y a tous ceux qui ont dû faire de lourds investissements… pour pouvoir rouvrir et quand même fermer ensuite. On pense ici aux restaurants, aux cafés, aux coiffeurs, au commerce de détail. « Nous ne jugeons pas de l’opportunité des mesures prises », commente Mme Ramakers, « mais il est clair que c’est très dur pour ces catégories. »

Revenu de remplacement

Mais est-ce que les aides sont suffisantes ? « C’est mieux que rien », dit Clarisse Ramakers, « mais il faut voir la durée des fermetures. Le droit passerelle, fédéral, c’est comme un revenu de remplacement, mais à côté de ça, il y a tous les frais fixes : le loyer, la location du Bancontact, d’une ligne téléphonique. Les stocks, aussi. Les montants des aides sont souvent forfaitaires. »

Et même ceux qui ont recommencé à travailler sont dans les difficultés avec une rentabilité faible. De plus, les reports de charges (comme l’ONSS) ou de loyers sont de véritables bombes à retardement, au moment où il faudra quand même les régler. « Personne n’avait imaginé que ça allait durer aussi longtemps », commente Clarisse Ramakers. Qui pointe aussi d’autres « oubliés » de la crise : « Les professions libérales sont fort touchées. Par exemple les psychologues ou les logopèdes. Beaucoup de rendez-vous ont été annulés, par peur ou par simple précaution. »

Reprise lointaine

Selon l’UCM, donc, « les pouvoirs publics ont fait ce qu’ils pouvaient mais on a parfois traîné pour déterminer l’aide. » Surtout au début de la pandémie. Et, autre problème, certaines aides mettent du temps pour être liquidées. Notamment la dernière aide de la Région wallonne pour les secteurs qualifiés de « moins essentiels ».

Globalement, l’UCM est plutôt positive et souligne aussi les efforts fournis en matière d’information, avec notamment le numéro 1890 ou certaines initiatives du Forem. « La gestion wallonne a été correcte », résume Clarisse Ramakers. « Mais le problème, maintenant, ça va être la reprise : quand et comment ? Si ce n’est pas avant février, c’est encore loin. Et comme nous le disions, il y a ce report de charges en 2021. C’est un problème. Autre élément : le télétravail. Il a un impact énorme, notamment dans le secteur de l’habillement mais aussi auprès des petits commerces alimentaires. Le télétravail pourrait avoir un effet à long terme. »