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Dix questions à Nathan Clumeck: «On a pris conscience de notre vulnérabilité»

Nathan Clumeck.
Nathan Clumeck. - RTBF

Si vous deviez résumer cette pandémie en un mot, quel serait-il ?

Je dirai un « défi permanent » parce qu’il faut perpétuellement s’adapter aux nouvelles réalités et trouver des solutions.

Quels sont les 3 gros points noirs de cette crise ?

(1) Le manque d’anticipation. On sait ce qui risque d’arriver et ce qu’il faudrait faire pour l’éviter et on ne le fait pas. (2) Le manque de moyens. Un manque financier, un manque en matériel et un manque en personnel. (3)Une absence de leadership. Entre les 8 ministres de la santé et le régionalisme, il y a une mauvaise coordination.

Quels sont les 3 positifs de cette crise ?

Je dirai (1) la solidarité médicale et (2) la collaboration scientifique dans la recherche. Autre point positif : (3) la créativité et l’efficience dans la mise au point et le développement d’un vaccin.

Pourquoi le virus n’a-t-il pas été pris au sérieux par les autres pays ?

Il y a trois grandes raisons : un manque de leadership politique, le déni et le complotisme.

Aviez-vous imaginé au début de la crise qu’on confinerait des populations entières ?

Non, je n’y ai pas songé.

Comment avez-vous vécu votre rôle d’expert et sa médiatisation ?

J’ai perçu ce rôle comme quelque chose d’utile et de pédagogique.

Qu’est-ce que cette crise sanitaire nous a apporté à tout un chacun ?

Il y a eu une prise de conscience de notre vulnérabilité, ainsi que de notre interdépendance individuelle et sociétale.

Qu’est-ce que cette crise sanitaire a reflété de pire dans notre société ?

Elle a mis en lumière le rôle néfaste des réseaux sociaux dans les thèses négationnistes et complotistes. Elle a aussi reflété l’individualisme, la bureaucratie, le manque de vision et de stratégie en santé publique.

Quel est votre regard pour l’avenir ?

Je suis réaliste. Aujourd’hui, rien n’est gagné en particulier au niveau de la vaccination et de son acceptation par le public.

Connaîtra-t-on encore de telles pandémies ?

Oui, très probablement avec l’interrogation sur l’impact potentiel du réchauffement climatique sur la résurgence de pathogènes inconnus.