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Un an après le début du Covid, l’Horeca va mal: bilan avec la fédération liégeoise

Quasi une année sans rentrées. Comment survivre dans ces conditions?
Quasi une année sans rentrées. Comment survivre dans ces conditions? - Reuters

Cette époque de l’année, devrait être une période prospère pour les cafetiers. Les consommateurs font leur shopping, sortent pour les marchés de Noël... Enfin ça, c’était avant. À Liège comme ailleurs, on s’inquiète de la situation des cafetiers qui n’ont pratiquement pas ouvert depuis le mois de mars.

« Clairement, les cafetiers et restaurateurs ont été les premiers fermés et seront encore une fois les derniers rouverts », regrette Yves Collette, secrétaire de la fédération Horeca de Wallonie. « Et c’est clair que l’on ne voit pas le bout du tunnel. Si on rouvre le 1er février ? Mais pour moi la messe sera dite et on aura pratiquement fait le tour de l’année. Et en février, on ne doit pas s’attendre à avoir la foule. On n’aura pas les terrasses, les clients auront passé les fêtes... »

Outre le fait que les cafetiers n’ont plus de rentrées, Yves Collette note deux problèmes... sans réelle solution. « Il n’y a aucune législation sur les loyers et nous avons donc des situations très différentes. On peut comprendre que certains propriétaires réclament les loyers : eux aussi ont besoin de vivre. Mais cela endette encore les cafetiers de devoir les payer. Autre souci, et nous avons de plus en plus de retours dans ce sens, de plus en plus de personnes quittent le secteur car elles ne voient pas d’issue. Le personnel s’oriente ainsi vers d’autres jobs, une fois encore pour la même raison, avoir de quoi vivre ! ». Yves Collette s’inquiète encore pour les fournisseurs des cafetiers qui ne sont pas mieux lotis. Là aussi, il y a de fameux dégâts.

Le take-away ? Oui, mais...

Enfin, selon lui, il y a aussi un souci au niveau des aides : « Elles sont différentes selon les régions, voire les villes ». Certaines communes ont en effet décidé de supprimer certaines taxes (sur les terrasses par exemple, mais il s’agit d’une décision locale).

Côté restaurants, le bilan reste triste, un an après, malgré les aides de l’État. Même chez les grands chefs, beaucoup se sont orientés vers le take-away, les plats à emporter. Avec des bilans différents. Certains ont pu compter sur les grandes surfaces locales pour vendre leurs plats traiteurs, d’autres varient les formules en proposant des brunchs, des colis cadeaux apéritifs et en proposant la livraison à domicile.

« Mais là aussi, les retours sont mitigés », nous dit le président liégeois de la fédération Horeca Hubert Spitz, « Nous avons constaté que, lors du premier confinement, ils étaient peu à le faire et donc cela marchait relativement bien. D’autant que le télétravail était moins imposé, que c’était l’été. Lors du second confinement, beaucoup plus de restaurateurs se sont lancés dans l’aventure. Et davantage de personnes se retrouvent en chômage technique. Ainsi, on ne peut pas toujours se permettre de prendre des plats à emporter plusieurs fois par semaine. »

Hubert Spitz note encore que le take-away ne marche pas partout, notamment chez les restaurateurs qui sont un peu isolés.

Année noire pour l’Horeca, c’est le moins que l’on puisse écrire. « Mais surtout, on n’a pas le pouvoir de rassurer restaurateurs et cafetiers. Quand on voit ce qui se passe du côté de l’Allemagne et des Pays-Bas, on s’inquiète de voir quelles seront les prochaines mesures. On ne peut que dire aux gens d’être raisonnables aux fêtes, de respecter les règles. Parce qu’une fois encore, ce sera notre secteur qui le payera l’année prochaine », conclut Yves Collette.