Abonnez-vous pour 1€

Le secteur du tourisme en péril: «100% des agences de voyages risquent la faillite»

Le secteur du tourisme en péril: «100% des agences de voyages risquent la faillite»
123RF

L’homme est habituellement enjoué et amoureux de son job : proposer des voyages, c’est son truc. Ainsi, il a ouvert 5 agences de voyages RTK en région liégeoise. Et avant la pandémie, ça roulait plutôt bien puisque le jeune homme employait 9 personnes. Aujourd’hui, c’est un homme en colère qui nous parle… car il ne voit pas l’issue à cette crise. « Je suis bien conscient que c’est difficile pour tout le monde mais je note que l’on parle essentiellement de l’Horeca », nous dit-il. « Certes, il y a des cas graves mais les secteurs du tourisme et de l’événementiel, c’est encore pire ! Que recevons-nous comme aide ? Rien ! Et je vous parle du tourisme et de l’événementiel au sens large. Je pense aux propriétaires de gîtes, les loueurs de chapiteaux, les organisateurs de mariages… ».

S’il a fermé ses 5 agences, c’est qu’il n’y a pas assez de travail. Mais les charges restent là en cette fin d’année. Rappelons qu’au début du confinement, les agences pouvaient proposer aux clients des bons à valoir sur un voyage plutôt que le remboursement des vacances. La formule a été modifiée et les agences sont tenues de rembourser les clients qui le souhaitent. « Et tout le monde le souhaite ! », nous dit Julien Debra. « En outre, personne ne réserve pour l’été. Je reste disponible par téléphone pour les demandes mais elles sont trop rares. Qui va prendre le risque de réserver maintenant ? Vous le feriez, personnellement ? », ajoute-t-il.

D’où cette situation catastrophique, à l’heure actuelle encore ? « Nous sommes très stricts au niveau des voyages. Et il y a peu de possibilités. Si je fais un résumé, je vais vous dire les Îles Canaries et Dubaï. Alors peu de familles avec enfants osent réserver à l’avance. Certes, parfois quelques jeunes aventuriers… mais vous vous doutez que cela ne suffit pas. Et oui, parfois, je me dis qu’on est trop sévère. Il y a des zones où peu de cas de Covid sont détectés. Alors je pose la question ? est-ce plus dangereux de prendre l’avion que de faire ses courses au supermarché ? ».

Le secteur se meurt !

En cette période de l’année (où l’on réserve déjà pour l’été mais encore pour le ski, où l’on offre un voyage ou un citytrip à sa dulcinée pour les fêtes…), Julien estime ne faire que 5 % de son chiffre d’affaires. « Une catastrophe ! », nous répète-t-il. « Et je ne suis pas optimiste pour l’avenir. Quand va-t-on voyager ? J’ai envie de vous dire que si on ne récupère pas 50 % de notre chiffre d’affaires d’ici l’été, ce sont 100 % des agences de voyages qui risquent d’être en faillite. Franchement, je crois que, dans le secteur, personne en sait comment s’en sortir. »

20 vols par semaine durant les vacances

20 vols par semaine durant les vacances
Belga

Les nouvelles ne sont pas plus rassurantes chez les grands tour-opérateurs comme TUI. Qui n’organisent actuellement en voyages en forfait (avion + hôtel), que des vacances vers quatre destinations espagnoles (soit ce qui n’est pas zone rouge) : Lanzarote, Gran Canaria, Fuerteventura et la Palma. Tous les voyages au ski sont également annulés.

Mais la porte-parole Sarah Saucin se veut optimiste : « Certes, on ne peut pas comparer cela avec une année normale mais deux choses font que nous pensons que le Belge a envie de partir », nous dit-elle. « Nous avons mené une action avec de belles promotions, durant une semaine, à l’époque du Black Friday et cela a très bien fonctionné ». Tout est ainsi pratiquement complet (par rapport à l’offre proposée évidemment).

Ainsi, durant les vacances de Noël, ce sont 20 vols par semaine qui vont décoller de Belgique vers l’Espagne.

Juillet et septembre

Chez TUI, on note aussi que le client réserve de plus en plus pour l’été. « Nous pensons que c’est lié à l’arrivée du vaccin, notamment », nous dit Sarah Saucin, « mais, en effet, les clients choisissent actuellement le mois de juillet en priorité et ensuite le mois de septembre ». TUI, cela dit, a aussi souffert du Covid : on estime les demandes à moins de 50 % par rapport à une année normale. D’autant que le tour-opérateur a dû faire une croix sur les destinations lointaines et hors Schengen, qui représentent une grosse part de ses rentrées.

M.SP.

Des tests sur Brussels Airlines avant les vols Bruxelles-Milan

Vacciné ou...
Vacciné ou... - Reporters

L’avenir du transport aérien risque très fortement de passer par la case vaccin. Dans une interview sur le réseau australien de télévision Channel Nine, le PDG de la compagnie nationale Qantas, Alan Joyce, a été catégorique. Le PDG a estimé qu’il serait certainement nécessaire que les passagers soient vaccinés dès qu’un vaccin anti-Covid sera disponible.

« Nous envisageons de modifier nos conditions générales, pour que nous puissions demander aux gens de se faire vacciner avant de monter dans l’avion sur un vol international  », a confirmé M. Joyce. « Nous pensons que pour les visiteurs internationaux qui sortent, et les personnes qui quittent le pays, c’est une nécessité  », a t-il encore ajouté.

Autre piste ? Un passeport sanitaire numérique imaginé par une multinationale suisse avec une start-up singapourienne.

Concrètement, via l’application AOK Pass (pour « Anticorps OK »), le voyageur consignerait dans un QR Code le résultat de son test PCR réalisé par un laboratoire d’analyses. Il le présenterait à l’aéroport en plus de son passeport classique.

À la question de la protection des données des voyageurs, la start-up AOK Pass explique que la technologie blockchain, en plus d’assurer l’authenticité et la validité du test, assure qu’« aucune information de santé ne pourrait être stockée sur une base externe ou un système centralisé ».

Certaines compagnies aériennes dont Etihad Airways ou l’italienne Alitalia, l’expérimentent déjà sur certaines liaisons. Un test est également mené par Etihad Airways, la compagnie nationale d’Abou Dabi, sur le trajet Islamabad-Abou Dabi avec tous les passagers munis d’AOK Pass.

Au total, 170 aéroports du monde entier sont à ce jour, prêts à reconnaître ce système. Aux États-Unis et au Japon notamment mais aussi en France.

Et chez nous ?

Du côté de Brussels Airlines, on se dit favorable au passeport Covid… mais « quand ce sera davantage concret ». En outre, la décision ne viendra pas des aéroports uniquement.

En attendant, à 4 reprises, des passagers, qui ont pris le vol Bruxelles-Milan, ont été testés (test antigénique) dans un laboratoire face à l’aéroport. Test dont il faut moins de 15 minutes pour avoir les résultats. Ils ont ainsi dû prendre le résultat à présenter en même temps que leur carte d’embarquement : « C’était en effet une expérience pilote et vers l’Italie puisque c’est accepté pour rentrer sur le territoire », nous dit la porte-parole.

M.SP.

Toujours les billets flexibles

Toujours les billets flexibles
Belga

Depuis la fin du mois d’août, les réservations (indépendamment du tarif) de Brussels Airlines, Lufthansa, SWISS et Austrian Airlines peuvent être changées gratuitement aussi souvent que nécessaire, y compris le tarif « light », le moins cher sans bagage enregistré. À l’origine, cette offre pour les changements de réservation était valable jusqu’à la fin de l’année, mais elle est maintenant étendue pour toutes les compagnies du réseau Lufthansa Group. Tous les billets de Brussels Airlines réservés jusqu’au 28 février 2021 peuvent être changés gratuitement aussi souvent que souhaité, si le changement de réservation est également effectué avant cette date. Après cette date, un seul et dernier changement de réservation est possible gratuitement.

Monde entier

La suppression des frais de changement de réservation s’applique dans le monde entier à toutes les nouvelles réservations sur les lignes court, moyen et long-courrier.