Frédéric François: «Dans notre cœur, nous sommes tristes»

Frédéric entouré de ses deux filles, Gloria et Victoria.
Frédéric entouré de ses deux filles, Gloria et Victoria.

Frédéric, cette année, à quoi ressemblera votre Noël ?

J’ai attendu qu’il y ait un communiqué disant que c’est ouvert à la famille, en espérant, mais non… On le vit très mal, comme tout le monde. Depuis des mois, quand l’une de mes filles arrive à la maison, elle reste à 5 mètres de nous, elle attend qu’on s’écarte pour qu’on puisse se parler. Elle ne me mange pas dans la même pièce que nous, elle a peur et prend soin de nous.

Et vous ne pourrez pas célébrer le réveillon de Noël avec toute votre grande famille, comme chaque année…

Avec ma femme Monique, tous les deux on sera triste le 24, de ne pas être avec les enfants, les petits-enfants. Déjà, il n’y a plus de pasta dominicale comme on en a l’habitude en famille. C’était notre rendez-vous, l’occasion pour tout le monde de se raconter sa semaine. Alors, avec Monique, désormais on se fait nos petits plats de pâtes et j’essaie de lui remonter le moral. Il faut s’entraider l’un l’autre. On essaie de rester positifs. Mais dans notre cœur, on est tristes.

Vous pourrez inviter une personne le 24 décembre…

Et comment je vais choisir entre mes enfants ? Je ne pourrai inviter que Victoria. Les autres ont femme/mari, enfants…

D’habitude combien êtes-vous autour de la table à Noël ?

Treize ! Nos six petits-enfants, nos trois enfants, une compagne et un compagnon. C’est ma scène de Jésus et ses apôtres ! (rires)

Noël, chez vous, se prépare longtemps à l’avance ?

Oui, un mois avant, on monte le sapin et on met tous les cadeaux sous le sapin avec nos enfants et petits-enfants. On les ouvre le 24 à minuit, après le repas. Je regarde le sapin, aujourd’hui, que Monique et moi avons garni, et il n’y a pas un seul cadeau à son pied !

Avec Monique, son épouse. Cette année, les fêtes se feront en tête à tête.
Avec Monique, son épouse. Cette année, les fêtes se feront en tête à tête.

À quoi ressemble traditionnellement votre repas de Noël ?

Oh, on fait toujours quelque chose de très simple. Ça peut être de la viande avec des airelles, avec un petit apéritif avant. On prépare la table tous ensemble, une amie nous apporte aussi toujours du foie gras qu’elle fabrique elle-même, c’est une tradition.

Depuis plusieurs mois, à cause du confinement, vous êtes 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 avec Monique. Ce n’est jamais arrivé, vous avez l’habitude de pas mal vous absenter pour vos concerts. Comment se passe ce tête-à-tête quotidien ?

Ça nous a encore plus rapprochés ! On a compris l’importance de la vie, de la famille. La peur de ne plus se voir aussi… Mais on garde l’espoir à deux. La vie ne s’arrête pas !

Vous vous chamaillez davantage ?

Oh non, on ne se chamaille jamais ! Je sors des 37 % des couples qui divorcent et qui ont des problèmes. (rires)

Vous passez vos soirées à regarder des séries, comme beaucoup ?

Oui ! Tous les soirs, nous avons nos séries. C’est bon que ma femme me dit « il est tard, allons dormir », sinon moi je continuerais ! On regarde beaucoup des séries espagnoles – je ne sais pas pourquoi –, elles ont le vent en poupe. On a adoré « Jane the Virgin », « Le jeu de la dame » et là on est en train de regarder « Permis de vivre «, « Mar de plastico ».

Votre nouvel album – dont la sortie a été repoussée au 29 janvier – vous l’avez composé pour la première fois chez vous, dans le studio que vous vous êtes installé pendant le confinement… Vous avez décidé de l’intituler comme l’une de vos chansons « La liberté d’aimer ». Pourquoi ?

Parce que j’ai beaucoup chanté l’amour à deux et tout le monde a le droit de faire parler son cœur et j’ai envie de chanter tous les amours. C’est la première fois de ma vie que j’envoie un message de tolérance, par rapport à tout : à l’identité, à la croyance. L’important c’est de dire : « mon bonheur, c’est ça ». C’est comme une prière. Chacun y a droit à la liberté d’aimer.

Un message de tolérance parce que l’état du monde vous inquiète ?

Oui, on dirait que les gens sont malheureux, sont désespérés, qu’il y a moins de tolérance. Est-ce que c’est la vie qui les rend plus nerveux ?

Vous êtes un privilégié, peut-on dire. Mais vous avez toujours gardé votre socle de valeurs intact…

Oui. Qu’est-ce qui est le plus important dans la vie, qu’est-ce qu’il en restera ? Seul le socle familial peut faire qu’on se relève quand quelque chose va mal…

Mais vous auriez pu péter les plombs comme certains dans ce milieu ?

Bien sûr que dans ma carrière j’aurais pu péter des câbles. Mais les valeurs sont des choses importantes pour évoluer dans la vie. À la période de Noël, d’ailleurs, on dirait que l’être humain se change. Ça nous transforme, on tend davantage la main vers l’autre. Dommage que ça ne dure que très peu de temps !

Disons que je suis le père Noël et je peux vous apporter le plus beau des cadeaux, rien que pour vous. Que souhaiteriez-vous ?

Quand j’étais jeune, je me disais « waw, comme je me réjouis d’être vieux ! Ça voudra alors dire que j’aurai profité longtemps de tout le monde ». Ce rêve, il est bien là aujourd’hui. Ce serait donc d’avoir la bonne santé, d’avoir la voix que j’ai et de garder la même envie pour rendre les gens heureux. Sinon, j’aimerais jouer la comédie… Si ça se fait, tant mieux, si pas tant pis, mais j’aimerais bien jouer dans des séries ! La boucle serait bouclée !

«Enfant, je ne ratais jamais une messe de minuit»

Fredo devant le sapin avec son chien Bella.
Fredo devant le sapin avec son chien Bella.

Quel est votre premier souvenir de Noël, Frédéric ?

Celui que j’ai en mémoire, c’est un petit sapin en tissu je pense, de 50 cm de haut environ. On le mettait sur un meuble, on y accrochait 4 ou 5 boules de Noël, avec la petite crèche à côté. Et à 23 heures, je contournais la mine et j’allais à la messe de minuit (à Tilleur), ou je descendais dans la neige. Je ne ratais jamais une messe de minuit. Et enfant je servais la messe. J’aimais aller à la messe pour prendre le livret et chanter dans la chorale et le plus fort possible ! (sourire) Ça me faisait beaucoup de bien d’aller à l’église.

Adulte, vous avez continué à assister aux messes de minuit ?

Une fois marié plus, mais j’ai continué à regarder parfois à la télévision

Ce n’est pas un secret, votre papa était mineur et vous n’aviez pas beaucoup d’argent à la maison. Il y avait des cadeaux sous le sapin ?

On n’avait pas beaucoup de jouets, mais on adorait l’ambiance de Noël avec les mandarines, des petits chocolats… et puis le repas de Noël ! Je me souviens que le dessert, c’étaient les mandarines… On faisait un repas avec des pâtes, des boulettes de viande et un peu de pommes de terre… et c’était suffisant ! Il n’y avait pas de cadeaux et alors ? On prenait la guitare et mon père chantait. (sourire)

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