Abonnez-vous pour 1€

Voici le discours de Noël du roi Philippe en intégralité: «Cette année-ci, tout est différent»

Vidéo
Voici le discours de Noël du roi Philippe en intégralité: «Cette année-ci, tout est différent»
Isopix

Le roi Philippe a appelé jeudi les Belges à «assumer» les contraintes imposées par la crise sanitaire, «plutôt que de les subir», tout en leur adressant un message d’espoir quant à un retour à une vie normale, «en toute liberté» lors d’une année 2021 «où nous pouvons à nouveau aller de l’avant» et «de nouveau nous voir».

Il a également, dans son message de Noël diffusé jeudi soir sur les principales chaînes de télévision du pays, rendu hommage au personnel des soins de santé et à tous les bénévoles qui se sont engagés pour combattre les effets de la pandémie de coronavirus dans un «élan de générosité impressionnant».

«Cette crise nous a montré que nous sommes tous dépendants les uns des autres et elle nous a appris à oser l’accepter. Cette dépendance, vécue dans le respect et la confiance, est une force sur laquelle nous pouvons nous appuyer», a souligné le souverain lors ce discours enregistré dans son bureau au Château de Laeken.

«Les mesures, nécessaires, qui ont été prises dans la lutte contre le coronavirus, affectent nos libertés individuelles, et entrainent parfois de lourdes conséquences. Mais ces contraintes, cherchons à les assumer, plutôt que de les subir. Car nos libertés ne font pleinement sens que lorsqu’elles sont vécues avec et pour les autres, pour le bien de toute la communauté», a-t-il ajouté.

«Le jour viendra où nous pourrons de nouveau nous voir et passer du temps ensemble sans contraintes; où les grands-parents pourront prendre leurs petits-enfants sur les genoux; où nous pourrons retourner dans nos églises, synagogues, mosquées et temples; assister à un concert; faire la fête ... en toute liberté», a affirmé le Roi.

«Traditionnellement, nous fêtons Noël et la fin de l’année en famille, avec nos enfants, parents, grands-parents - entre amis (...). Cette année-ci, tout est différent. Ce soir, nous célébrons Noël dans notre bulle, ou seuls. Nous devons garder nos distances, pour nous protéger les uns les autres. Heureusement nous savons que l’amour et l’amitié sont plus forts que la séparation», a dit le chef de l’Etat.

«La pandémie nous concerne tous, de façons différentes. Et beaucoup, trop nombreux, hélas, paient un prix très élevé. Jusqu’à y laisser la vie», a-t-il ajouté, en référence aux près de 19.000 décès enregistrés en Belgique depuis le début de la pandémie.

Le Roi a souligné combien «les défis restent immenses». «Mais les mois qui viennent nous donnent une réelle perspective de sortie de la crise, nous permettent de refaire des projets, de croire à nouveau en l’avenir. Mais sans aucun doute nous en sortirons différents», a-t-il prédit, en notant que le pays est «capable de faire face».

«Nos soins de santé ont tenu bon, grâce à l’effort admirable de tous ces gardiens de nos vies. Il y a aussi tous ceux qui contribuent à maintenir le pays à flot, jour et nuit, en assurant la continuité de leurs activités professionnelles, de leur entreprise ou du service public, ou tout simplement, en offrant de l’aide là où elle est nécessaire», a-t-il dit.

Il a aussi salué l’"élan de générosité impressionnant» constaté dans tout le pays, depuis des mois.

«Tant d’entre vous se sont engagés bénévolement. Nous en avons vu de beaux exemples. Ces personnes qui ont gardé les enfants d’une infirmière surmenée, ou fait des courses pour un voisin. Ce sont tant d’étudiants qui donnent des cours en ligne aux élèves de primaire et de secondaire, ou sont allés donner un coup de main dans les hôpitaux. Ou encore ce chef-cuisinier qui a dû fermer son restaurant et qui maintenant prépare des repas pour les sans-abris. Ce sont aussi ces professionnels de l’événementiel qui épaulent des maisons de repos et de soins», a souligné le souverain.

Selon lui, le confinement nous a également fait mieux comprendre ce que vivent les personnes victimes d’exclusion ou souffrant de solitude. «Faisons-en sorte que chacun ait sa place dans la société. Ne tolérons plus jamais l’exclusion», a-t-il lancé.

Pour le Roi, «cette crise nous a montré que nous sommes tous dépendants les uns des autres et elle nous a appris à oser l’accepter». Cette dépendance, vécue dans le respect et la confiance, est une force sur laquelle nous pouvons nous appuyer».

Il a encore adressé un message aux jeunes, reconnaissant que «les temps sont durs pour vous».

«Votre jeunesse peut vous sembler en partie sacrifiée. Oui, elle est momentanément mise entre parenthèses. Mais bientôt vous pourrez à nouveau déployer vos ailes, réaliser vos rêves, et nous inspirer à construire ensemble un avenir meilleur», leur a-t-il dit.

Le souverain a enfin appelé les Belges à regarder l’année nouvelle avec confiance. «Une année où nous pouvons à nouveau aller de l’avant», a-t-il conclu.

Le discours en intégralité

« Mesdames et messieurs,

Traditionnellement, nous fêtons Noël et la fin de l’année en famille, avec nos enfants, parents, grands-parents – entre amis. Ces moments, tellement précieux, illuminent nos jours d’hiver froids, sombres et parfois solitaires. Ils nous apportent réconfort et chaleur. La Chaîne de Lumières en est un symbole, un symbole de lien et d’espoir.

Cette année-ci, tout est différent. Ce soir, nous célébrons Noël dans notre bulle, ou seuls. Nous devons garder nos distances, pour nous protéger les uns les autres. Heureusement nous savons que l’amour et l’amitié sont plus forts que la séparation.

La pandémie nous concerne tous, de façons différentes. Et beaucoup, trop nombreux, hélas, paient un prix très élevé. Jusqu’à y laisser la vie.

Les défis restent immenses mais les mois qui viennent nous donnent une réelle perspective de sortie de la crise, nous permettent de refaire des projets, de croire à nouveau en l’avenir. Mais sans aucun doute nous en sortirons différents.

Que pouvons-nous retenir de cette crise ?

Tout d’abord : nous sommes capables de faire face.

Nos soins de santé ont tenu bon, grâce à l’effort admirable de tous ces gardiens de nos vies.

Il y a aussi tous ceux qui contribuent à maintenir le pays à flot, jour et nuit, en assurant la continuité de leurs activités professionnelles, de leur entreprise ou du service public, ou tout simplement, en offrant de l’aide là où elle est nécessaire.

Et dans tout le pays, depuis des mois, nous assistons à un élan de générosité impressionnant. Tant d’entre vous se sont engagés bénévolement. Nous en avons vu de beaux exemples. Ces personnes qui ont gardé les enfants d’une infirmière surmenée, ou fait des courses pour un voisin. Ce sont tant d’étudiants qui donnent

des cours en ligne aux élèves de primaire et de secondaire, ou sont allés donner un coup de main dans les hôpitaux. Ou encore ce chef-cuisinier qui a dû fermer son restaurant et qui maintenant prépare des repas pour les sans-abris. Ce sont aussi ces professionnels de l’événementiel qui épaulent des maisons de repos et de soins. Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres

La pandémie qui nous secoue depuis près d’un an nous fait partager les mêmes inquiétudes, les mêmes soucis.

Elle nous fait regarder les choses différemment et les apprécier autrement.

Nous avons tous pris conscience de notre fragilité. Durant cette crise, beaucoup de choses ont été dites sur le vécu de chacun. Nous avons su nous écouter et mieux nous comprendre.

Continuons de nous dire les choses en vérité.

Le confinement nous a également fait mieux comprendre ce que vivent les personnes victimes d’exclusion ou souffrant de solitude.

Faisons-en sorte que chacun ait sa place dans la société. Ne tolérons plus jamais l’exclusion.

Cette crise nous a montré que nous sommes tous dépendants les uns des autres et elle nous a appris à oser l’accepter. Cette dépendance, vécue dans le respect et la confiance, est une force sur laquelle nous pouvons nous appuyer.

Les mesures, nécessaires, qui ont été prises dans la lutte contre le coronavirus, affectent nos libertés individuelles, et entraînent parfois de lourdes conséquences. Mais ces contraintes, cherchons à les assumer, plutôt que de les subir. Car nos libertés ne font pleinement sens que lorsqu’elles sont vécues avec et pour les autres, pour le bien de toute la communauté.

Mesdames et messieurs,

Le jour viendra où nous pourrons de nouveau nous voir et passer du temps ensemble sans contraintes ; où les grands-parents pourront prendre leurs petits-enfants sur les genoux ; où nous pourrons retourner dans nos églises, synagogues, mosquées et temples ; assister à un concert ; faire la fête… en toute liberté.

Je voudrais terminer par un message aux jeunes.

Je sais que les temps sont durs pour vous.

Votre jeunesse peut vous sembler en partie sacrifiée.

Oui, elle est momentanément mise entre parenthèses.

Mais bientôt vous pourrez à nouveau déployer vos ailes, réaliser vos rêves, et nous inspirer à construire ensemble un avenir meilleur.

Mesdames et messieurs,

Avec vous, la Reine et moi, et toute notre famille, regardons l’année nouvelle avec confiance. Une année où nous pouvons à nouveau aller de l’avant. »

Notre sélection vidéo