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Mons: l’association «Brise le Silence» en péril: elle lance un appel à l’aide…

Pascale Urbain, lors de sa rencontre avec Flavie Flament, elle aussi victime d’abus, en 2016.
Pascale Urbain, lors de sa rencontre avec Flavie Flament, elle aussi victime d’abus, en 2016. - D.R.

Elle-même victime d’abus durant son enfance, Pascale Urbain, la présidente de Brise le Silence a fondé cette association il y a 6 ans, afin d’aider les autres victimes à s’exprimer et à se reconstruire.

L’asbl basée à Mons propose des groupes de parole et des activités artistiques. L’équipe compte des psychologues, des artistes mais aussi des personnes qui ont été abusées. La quasi-totalité de l’équipe est formée en psychotraumatologie.

Si son rôle social n’est plus à prouver, Brise le Silence, qui est déjà venue en aide à des centaines de personnes depuis sa création, est pourtant en péril aujourd’hui. La fondatrice lance une bouteille à la mer. « Brise Le Silence va mourir bientôt, dans quelques jours ou peut-être quelques semaines, petit délai qui servira à ne pas abandonner les victimes en plein milieu d’un accompagnement et de soutien. À partir du 7 janvier 2021, il n’y aura plus de personnel, plus de bénévoles au sein de Brise Le Silence, » confie Pascale Urbain.

La raison de cet appel à l’aide ? L’incertitude concernant l’octroi de subsides à l’association. Car aussi étonnant que cela puisse sembler, Brise le Silence ne dispose toujours pas de financements structurels. « Aujourd’hui, nous n’avons aucune réponse concrète pour le financement de l’asbl en 2021 et sommes dans le néant au niveau de l’information au niveau des subsides pour 2021. Si l’association ne reçoit pas de soutien et de financement de l’État, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Région, de la Ville ou du CPAS de Mons, d’autres pouvoirs subsidiants ou bien des dons de particuliers, de bienfaiteurs, de clubs et sponsors, elle devra fermer son espace d’accueil et d’aide pour victimes de violences sexuelles, » poursuit la fondatrice.

L’arrêt de cette association en pleine crise Covid serait catastrophique pour les personnes en souffrance. L’un des effets dramatiques des confinements a notamment été un accroissement des violences sexuelles. « Que faire avec toutes les victimes qui sont dans cette période où justement il y a beaucoup d’idées noires et de tentatives de suicide ? L’isolement, la dépression et les symptômes des troubles du stress post-traumatique bien plus présents que jamais… »

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