Hector Langevin: «J’ai le syndrome de l’imposteur»

«Bart n’existe pas, mais Hector, lui, fait plein de choses.»
«Bart n’existe pas, mais Hector, lui, fait plein de choses.»

Cette envie d’être derrière le micro, d’animer une émission comme « The Live », elle est venue comment ?

Pendant le premier confinement. À travers des lives Instagram, je me suis mis à parler avec plein de gens et ça m’a plu. Je me suis dit que c’était peut-être bien de faire un concept où je peux encore plus parler, une émission où je débats. Je me suis rapproché de radios, mais ce qui me plaisait c’était d’avoir de l’image aussi. Et je me mets très peu de limites, sauf celles de la bienséance bien sûr ! Travailler avec d’autres animateurs qui sont mes amis aussi, ça me permet d’être plus libre.

Y aurait-il chez vous une nostalgie des libres antennes… que vous n’avez pourtant pas vraiment connues, à 24 ans ?

J’ai connu un peu, j’étais jeune, mais j’écoutais le soir en cachette Cauet. Il m’inspire beaucoup, tout comme Many Payet qui est comédien et qui a fait carrière en radio – j’adore sa voix d’ailleurs ! – aussi. Je me dis que c’est faisable en fait d’avoir plusieurs métiers. Si j’étais resté seulement comédien, j’avais peur que les gens ne m’appellent plus Hector mais Bart de « Demain nous appartient ». D’avoir plein de choses, ça permet aux gens de comprendre que Bart n’existe pas, que c’est un personnage de fiction. Et Hector, lui, fait plein de choses.

Quand vous avez lancé « The Live », vous vous attendiez à quel public (sur Twitch, Youtube et Facebook) ?

À ma communauté de fans. Ensuite, j’ai espoir que d’autres personnes me découvrent à travers ça. Là on élargit petit à petit. Mais je savais aussi que ce serait une communauté jeune, comme pour les radios libres à l’époque. Quand on approche les 22 heures, j’aime bien de me dire qu’une partie du public va un peu rougir, qu’on va dire un gros mot et que ça les fera marrer ! (sourire)

Petit, vous rêviez de cinéma. L’animation radio était aussi dans un coin de votre tête ?

J’étais focus artiste en général. J’avais monté une web radio en… 2008 ! J’étais tout bébé presque.

Votre personnage de Bart dans la série quotidienne, vous voulez encore l’incarner longtemps ?

Il me plaît ce personnage. C’est fou parce qu’inconsciemment, les auteurs écrivent des choses qui font écho à ma vie. Et en fait je grandis en même temps que Bart qui est un pré-adulte, moi j’ai un peu plus de 4 ans d’avance. Il fait des erreurs, des choix et ça me met dans quelque chose où moi je fais plus attention, je réfléchis plus.

Mais vous avez vécu des aventures similaires à celles de Bart ?

Oui. Mais les auteurs ne le savent pas… Ce sont souvent des choses qui arrivent souvent sur « Demain nous appartient ». On se dit souvent entre comédiens : « C’est fou, il m’arrive la même situation en ce moment, c’est dingue ! ». Donc non, je n’ai pas du tout l’intention de quitter mon métier de comédien sur TF1. Cette série m’a donné ma chance.

Est-ce qu’à travers Bart – qui a notamment révélé sa bisexualité –, vous sentez que vous êtes un exemple aussi, un modèle pour des jeunes ?

Je pense que je n’en suis pas suffisamment conscient. J’ai un truc bizarre : j’ai le syndrome de l’imposteur. Il intervient malheureusement souvent dans ma vie, où je me dis « ah ce n’est pas ma place ». Du coup, je n’ai pas conscience d’aider des gens ou d’être un modèle. À certains moments, j’ai reçu des messages de fans disant : « j’ai fait mon coming out et ton rôle m’a aidé ». Ça, pour moi, y’a rien de plus touchant. Ça me rend fier ! Mais je ne suis pas certain d’en avoir souvent conscience.

Mais vous vous excusez d’être là et d’avoir du succès comme comédien ?

Je pense que je serais capable de m’excuser de tout… mais ça, c’est mon caractère ! (rires) J’ai fait les cours Florent à Paris et on était 2000 comédiens. Et j’ai du mal à me dire que sur les 2000, il y en a deux, Clément Rémiens (Maxime de « DNA » et de « Ici tout commence ») qui ont été pris et emmenés là où on est aujourd’hui. On était dans la même promo, on a été castés et choisis le même jour. Deux semaines après, on était à Sète pour le tournage de « Demain nous appartient » et un mois après on était diffusé. C’était impensable pour nous ! Tout est allé beaucoup trop vite et c’est pour ça que parfois, j’ai du mal à me sentir légitime comme comédien. Tandis que DJ, ça fait longtemps. J’ai reçu mes premières platines à 11 ans. Mon métier d’animateur, pareil, ça a été long. Mais comédien, ça a été fulgurant !

Et votre physique de beau blond aux yeux bleu clair, vous en avez joué ?

Je pense que c’est une facilité que mes parents m’ont offerte. Mais je ne joue pas avec ça. Si j’avais voulu, je me serais inscrit dans une salle de sport et je serais devenu une espèce de cliché photoshop ! Mais aujourd’hui, même avec casquette ou bonnet sur la tête, et avec le masque, les gens me reconnaissent et me disent : « ce sont vos cheveux ! » Ou les yeux parfois. Et maintenant on me reconnaît parfois par ma voix aussi, ça, c’est merveilleux ! (sourire)

Bientôt dans une série sur Amazon Prime!

«Je suis trop hyperactif, j’ai besoin de faire plein de choses.»
«Je suis trop hyperactif, j’ai besoin de faire plein de choses.»

Pour passer en l’an 2021, il a réuni deux de ses passions (et métiers) dans son émission « The Live » : l’animation et le DJing. Car Hector Langevin, c’est aussi un mordu d’électro qui a déjà roulé sa bosse derrière les platines… » En 2020, ça a été très compliqué ! J’ai été DJ avant d’être comédien, même si aujourd’hui mon métier de comédien a pris plus de place et de puissance parce que c’est TF1. »

Mais ce métier de DJ, en dehors de cette année très compliquée, vous permet de gagner votre vie ?

Oui… mais je ne pourrais pas me satisfaire de ne faire que ça, je suis trop hyperactif, j’ai besoin de faire plein de choses ! Si un jour, un de mes métiers devait me prendre 7 jours sur 7, je ne ferais plus que ça, mais pour l’instant ce n’est pas le cas.

Et être comédien, ça représente quoi pour vous aujourd’hui ?

C’est intéressant comme question… Ça représente une liberté, un moment où je ne suis pas dans ma peau, où je m’abandonne dans un personnage. Il y a Bart de « DNA » et il y aura aussi un personnage pour une nouvelle série d’Amazon Prime, « Voltaire, Mixte ». Cette saison 1 a été très compliquée à tourner à cause du Covid… C’est une série française qui sera diffusée sur la plateforme à l’international.

Vous êtes absent, en photos, des réseaux sociaux, d’Instagram depuis plusieurs mois…

Je n’avais pas envie de poster des choses sur les réseaux pendant cette période de merde. Vu qu’il ne se passe pas grand-chose, à part « The Live », je n’ai pas de matière, pas de contenu. En 2021, j’ai des shootings organisés avec de photographes et je veux plus aller vers la qualité plutôt que la quantité. Ça ne m’intéresse pas de poster des photos via mon iPhone. Il y a une démarche artistique, qui ira avec un projet qui, je l’espère, verra bientôt le jour. ! (sourire)

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