«Coyote»: Michael Chiklis à la botte d’un cartel mexicain

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Au début de la série, Ben semble aussi dur et insensible que Vic Mackey, le flic ripou qu’interprétait Michael Chiklis dans «The Shield».
Au début de la série, Ben semble aussi dur et insensible que Vic Mackey, le flic ripou qu’interprétait Michael Chiklis dans «The Shield». - D.R.

Ce jeudi 7 janvier, CBS All Access, service de streaming de la grande chaîne généraliste américaine CBS, a lâché les 6 épisodes de ce qu’on peut d’ores et déjà présenter comme la première saison de la série « Coyote ». Elle devait en comprendre dix et se destinait, initialement, à la chaîne Paramount Network. Mais évidemment, à l’arrivée, ce qui compte, c’est son propos et ce qu’on en a pensé. La première chose à évoquer, c’est qu’elle repose intégralement sur la performance de Michael Chiklis (57 ans), qu’on avait découvert en flic rugueux et corrompu (Vic Mackey) dans la série « The Shield » au début des années 2000, puis qui fut (entre autres) la Chose dans les deux films des « Quatre Fantastiques ».

Ici, il incarne Ben Clemens, qui fut pendant 32 ans agent patrouilleur à la frontière américano-mexicaine, où il traqua et appréhenda de nombreux illégaux. Quand la série démarre, il part à la retraite, et va faire un tour, au sud de Tijuana, à la caravane de son ancien partenaire de boulot Javi (Jose Pablo Cantillo), voisine de la maison dont la construction a été suspendue, en bord de Pacifique. C’est là que surgit une jeune Salvadorienne, María Elena Flores (Emy Mena), la petite amie enceinte d’un des mafieux de la région. Au terme d’un périple assez mouvementé, il l’aide à échapper à ses poursuivants et la confie à l’un de ses ex-collègues à la frontière.

Puis ça se corse vraiment lorsque Juan Diego (Juan Pablo Raba), chef d’un petit cartel familial, lui met la main dessus, menace de s’en prendre à sa fille Kate et le force à collaborer avec son « organisation ». Chayo (Kristyan Ferrer), autre membre du clan, veut particulièrement se venger de lui. Comme on le voit en flash-back, Ben a commis, par le passé, une grosse bavure pour laquelle il sait qu’il va devoir payer le prix fort.

En toute franchise, nous avons été moyennement séduits par les deux premiers épisodes, réalisés par Michelle MacLaren, qui fut la co-showrunneuse de « Breaking Bad ». En plus de sa lenteur, cette installation ressemble à un kaléidoscope de genres, ce qui n’est pas en soi, une mauvaise chose. D’autant que les histoires « avec migrants et mafieux » sont loin, en général, d’emballer tous les publics. Le troisième épisode fait montre de plus d’action et de suspense, et là, on commence réellement à compatir pour Ben, qu’on avait cru, au départ, n’être qu’un insensible chasseur de hors-la-loi. Même si son jeu est inégal, Chicklis a tellement de charisme qu’il nous embarque dans sa galère.

Enfin, si, évidemment, on ne peut s’empêcher de penser qu’on a affaire ici à un autre récit où les Mexicains ont le mauvais rôle, il est contrebalancé par la fameuse bavure de Clemens (que nous ne détaillerons pas), preuve que les gringos peuvent aussi méchamment déraper. Si elle ne manque pas tenue et n’a donc rien de manichéen, cette série rappelle, qu’on le veuille ou non, certains discours très xénophobes de Donald Trump, et rien que pour ça, elle arrive à un mauvais moment. Ou plutôt à un moment de transition plein d’espoir pour une moitié de l’Amérique qui n’en peut plus de la division, du racisme, de la violence.

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