Alix Poisson dans «Disparition inquiétante»: «Avec Rayane Bensetti, on s’est bien amusés»

Alix Poisson dans «Disparition inquiétante»: «Avec Rayane Bensetti, on s’est bien amusés»
FTV

Qu’est-ce qui vous a intéressée chez cette femme que les circonstances obligent à mener une ultime enquête, alors qu’elle vient de faire ses adieux à la police ?

Ce qui m’a plu, c’est que l’enquête n’est qu’un prétexte et que celle-ci a une résonance intime profonde, qui lui révèle des choses sur elle-même.

Il n’empêche qu’elle est très enquêtrice, c’est à se demander si elle a pris la bonne décision…

Ce sont des métiers qui usent, qui fatiguent, que l’on peut avoir envie de quitter particulièrement quand on a une vie de famille. On voit bien qu’il a des répercussions dans son couple. C’est vrai qu’elle est au pied du mur. Son mari lui rappelle qu’elle a deux enfants et une vie de couple. Cela montre la difficulté de tout concilier quand on a des métiers sans horaires et qui provoquent un investissement émotionnel.

Peut-on faire un parallèle avec votre propre métier, qui, lui aussi, demande un investissement fort ?

Mon métier ne m’a jamais éloignée des autres priorités. Quand je suis sur un plateau, je suis extrêmement concentrée, je peux effectivement être assez absorbée. Mais une fois que c’est fini, c’est fini.

Votre famille ne vous dit pas que vous êtes différente quand vous tournez ?

Pas du tout, c’est un peu un mythe. A part Daniel Day-Lewis, il y a très peu d’acteurs qui pour un film s’arrêtent de vivre pendant trois ans. On peut être à 200 % sur un film sans imposer ça aux autres.

Autre particularité, Esther, votre personnage, est stérile et a adopté deux enfants.

Elle est obligée de s’interroger sur son rapport à la maternité. Ce qui est très intéressant, c’est qu’à travers cette affaire, elle répare ce qu’elle n’avait pas voulu voir. Elle a toujours eu l’impression d’être une mauvaise mère parce que ce sont des enfants adoptés. Et elle découvre qu’il existe plein d’instincts maternels différents.

Pour Rayane Bensetti, qui incarne le père du bébé, c’est un premier rôle dramatique, comment ça s’est passé entre vous ?

Très bien. Notamment la scène de poursuite. On est assez physiques tous les deux, assez à l’aise dans notre corps. Du coup, il y avait une grande confiance et on s’est vraiment bien amusés.

Quel impact a eu « Parents mode d’emploi » pour vous ?

Avec Arnaud Ducret, ça nous a apporté une vraie grande visibilité populaire. Et puis j’ai eu la grande chance d’avoir en même temps des rôles très dramatiques et de montrer que je pouvais être crédible dans les deux registres.

On peut dire que vous êtes gâtée, mais vous l’êtes parce que vous suscitez l’envie. Susciter le désir, c’est la grande affaire des comédiens, non ?

Oui, mais ça ne nous appartient pas du tout. Je pense à cette belle réplique du film d’Agnès Jaoui, quand Anne Alvaro dit que le plus dur et le plus beau dans ce métier, c’est de dépendre du désir des autres.

« Disparition inquiétante », 21 h 05, France 2

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