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Un trentenaire poursuivi pour «sextorsion» sur une quarantaine d’adolescentes, à Eupen

L’homme s’était créé un faux compte sur Facebook pour extorquer ses victimes.
L’homme s’était créé un faux compte sur Facebook pour extorquer ses victimes. - Cl.W.

Interrogé par le juge, le trentenaire, qui menait une vie classique avec une compagne et un métier, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a ainsi expliqué avoir créé un premier faux profil Facebook, en vue de tchatter avec de nouvelles personnes. Même s’il y a renseigné avoir 16 ans, le prévenu explique qu’il n’avait pas d’arrière-pensée et ne ciblait pas forcément les adolescentes. Si les conversations étaient, dans un premier temps, banales, des sujets en lien avec la sexualité étaient rapidement abordés. « Certaines jeunes filles m’ont envoyé de photos en soutien-gorge de leur plein gré » a indiqué le prévenu qui reconnaît que par la suite, il les a menacées de publier ces images s’il n’en recevait pas d’autres. Au total une quarantaine d’adolescentes ont été en contact avec le trentenaire via cinq faux profils.

Le prévenu, qui passait beaucoup de temps sur le réseau social, a indiqué que son arrestation avait été perçue comme une forme de soulagement. « Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé et pour quelles raisons je n’ai pas mis un terme à ces conversations », a-t-il avancé lorsque le ministère public a souligné le fait que certaines jeunes filles l’ont bloqué et que même Facebook avait bloqué certains de ses comptes.

L’experte judiciaire qui est intervenue dans le cadre de ce dossier n’a pas décelé de maladie ou de troubles mentaux pouvant affecter la responsabilité du trentenaire. Elle a par contre fait état de certains éléments altérant la personnalité du prévenu avec, par exemple, un besoin d’autorité et de reconnaissance assez important. Elle a également détecté une paraphilie puisqu’il est attiré par les jeunes filles entre 13 et 16 ans. Au vu de ses contacts sexuels avec des adultes l’experte ne sait pas s’il s’agit d’attirance pédophile ou si le prévenu a choisi ces cibles parce qu’elles étaient plus facilement manipulables.

Pour l’experte, un risque de récidive existe mais le suivi d’une thérapie pourrait le limiter. L’experte ne s’est cependant pas prononcée quant à l’efficacité d’une thérapie qui pourrait durer plusieurs années.

Le thérapeute qui suit le prévenu, qui n’a pas été informé de l’ensemble du contenu du dossier, est pour sa part convaincu qu’une thérapie pourrait permettre au trentenaire de comprendre pour quelles raisons il a commis ces actes et ainsi éloigner le risque de récidive.

L’audience se poursuivra le 15 avril avec le réquisitoire et les plaidoiries.