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WhatsApp modifie sa politique de confidentialité: risques et conséquences, suppression, concurrents… tout ce qu’il faut savoir

WhatsApp modifie sa politique de confidentialité: risques et conséquences, suppression, concurrents… tout ce qu’il faut savoir
123RF

Depuis ce début d’année 2021, c’est la polémique qui agite la toile. Jeudi 7 janvier, WhatsApp a demandé à ses quelque deux milliards d’utilisateurs d’accepter de nouvelles conditions d’utilisations. Ces dernières lui permettent de partager plus de données avec sa maison-mère Facebook. Et en cas de refus, les utilisateurs ne pourront plus accéder à leur compte à partir du 8 février.

Très vite, l’annonce a inquiété de nombreux utilisateurs de la plateforme, s’alarmant notamment d’avoir donné leur consentement sans avoir lu en détail les changements induits. Beaucoup ont également craint pour leurs données personnelles et la confidentialité de leurs messages.« La mise à jour de notre politique n’a aucune incidence sur la confidentialité de vos messages avec vos amis ou votre famille », avait alors insisté le groupe Facebook.

Le changement réside en réalité dans l’utilisation faite des données par l’entreprise. Et c’est surtout l’obligation de consentir à ces conditions qui a été pointée du doigt. « Si la seule façon de refuser, c’est d’arrêter d’utiliser Whatsapp, alors le consentement est forcé et les traitements de données personnelles sont illégaux », avait notamment dénoncé Arthur Messaud, juriste pour l’association de défense des internautes La Quadrature du net.

Depuis quelques jours, Whatsapp connaît donc une migration massive de ses utilisateurs vers d’autres messageries instantanées, jugées plus sécurisées et respectueuses de la vie privée de leurs utilisateurs. Dès l’annonce de la modification, le patron de Tesla, Elon Musk, avait suggéré dans un tweet d’utiliser l’application concurrente Signal.

Mais qu’implique réellement cette modification ?

Si ces nouvelles conditions d’utilisations en ont effrayé beaucoup, qu’impliquent-elles réellement ? Tout d’abord, comme l’explique le groupe, les données qui pourront être partagées entre Whatsapp et les applications de Facebook (dont Instagram et Messenger) comprennent les contacts et les informations du profil, à l’exception du contenu des messages « qui restent chiffrés ».

Mais, si le changement a provoqué un véritable tollé dans le monde, il faut savoir que tous les utilisateurs ne sont pas logés à la même enseigne. Au sein de l’Union européenne, les citoyens sont protégés par le Règlement général sur la Protection des données, le RGPD. Ce dernier interdit notamment l’utilisation des données dans un but commercial.

Et là dessus, WhatsApp a tenté de rassurer ses utilisateurs européens, en expliquant qu’elle « ne partage pas les données de ses utilisateurs en Europe avec Facebook dans le but que Facebook les utilise pour améliorer ses produits ou ses publicités ». Le changement ne concerne donc que partiellement les internautes européens.

Ces derniers sont malgré tout contraints d’accepter les conditions s’ils veulent continuer d’utiliser la messagerie. « Tout simplement parce que certaines entreprises utilisant Facebook se servent également de WhatsApp pour communiquer avec leurs clients », explique 01net, site d’information français spécialisé dans les nouvelles technologies. Avec ce partage de données, le groupe chercherait en fait monétiser sa plateforme en permettant aux annonceurs de contacter leurs clients via Whatsapp, voire d’y vendre directement des produits comme c’est déjà le cas en Inde.

Les alternatives

Les utilisateurs de Whatsapp ont donc quitté en masse l’application, pour découvrir les concurrents comme Viber ou Telegram. Mais c’est surtout la messagerie Signal qui profite de la polémique. En quelques jours à peine, l’application s’est hissée en tête des téléchargements de l’Apple Store et de Google Play. Au point de causer quelques problèmes techniques dans l’application. « Les codes de vérification sont actuellement retardés (…) parce que beaucoup de nouvelles personnes tentent de rejoindre Signal actuellement », avait expliqué l’entreprise.

Pourquoi un tel succès ? Lancée en 2014, l’application américaine Signal est considérée par les spécialistes comme l’une des applications de messagerie les plus sécurisées du marché grâce notamment à sa capacité de chiffrer « de bout en bout » les messages ou appels audios et vidéos. Mais ce qui différence Signal de Whatsapp, c’est justement sa politique de collecte des données. Hormis le numéro de téléphone, Signal ne collecte aucune donnée de ses utilisateurs. L’application est d’ailleurs un logiciel libre et open source.

Face aux interrogations de certains quant à la sécurité de l’application Signal, le lanceur d’alerte Edward Snowden s’est amusé à répondre qu’il « l’utilisait tous les jours et qu’il n’était pas encore mort ».

Parmi les autres alternatives, on retrouve l’application Telegram, qui compte déjà près de 500 millions d’utilisateurs. Comme ses concurrents, Telegram propose un chiffrement « de bout en bout » des messages Mais aussi une fonction d’autodestruction de ceux-ci. Avec un système de cloud, les messages échangés sur Telegram sont accessibles depuis plusieurs appareils simultanément. Si Signal semble être l’alternative privilégiée à Whatsapp, Telegram n’est pas en reste. « Durant la première semaine de janvier, Telegram a dépassé les 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Puis les chiffres ont continué de grossir : 25 millions de nouveaux utilisateurs ont rejoint Telegram lors des 72 dernières heures », a déclaré son fondateur russe Pavel Dourov.

À noter que pour bénéficier d’une protection maximale de ses données sur Telegram, il faudra activer l’option, qui n’est pas appliquée par défaut, dans les paramètres.

Viber pourra également trouver grâce à vos yeux si vous souhaitez quitter Whatsapp. L’application avait connu un relatif succès en 2010 et est encore utilisée par de nombreuses personnes dans le monde. Comme WhatsApp, Signal et Telegram, les messages y sont chiffrés de bout en bout. Viber s’est construit sur le fait que les serveurs ne conservent aucune trace des échanges entre ses utilisateurs. « Ce que vous partagez n’est jamais conservé sur les serveurs Viber, une fois la livraison au destinataire effectuée », assure l’application. Contrairement à ses concurrents, Viber n’impose pas de limite de participants dans les conversations de groupe.

WhatsApp tente d’éteindre l’incendie

« Avec toutes les rumeurs qui circulent, nous voulons répondre à certaines des questions les plus communes que nous avons reçues », a indiqué WhatsApp sur son site web, dans la rubrique « sécurité et confidentialité ».

« Nous voulons dire clairement que la mise à jour n’affecte en aucune façon la confidentialité des messages échangés avec vos amis et votre famille », déclare la messagerie

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