André Dussolier, irrésistible dans «Adopte un veuf»

André Dussolier, irrésistible dans «Adopte un veuf»
Isopix

Le 17 février prochain, André Dussollier fêtera ses 75 ans. Avec ses cheveux qui paraissent avoir toujours été blancs et son allure de gentleman à la française, le comédien semble pourtant inoxydable. Le temps passe, il ne bouge pas. Ou à peine, avec une grâce joyeuse. Toujours il garde l’œil qui frise comme un gamin prêt à faire une bêtise. Il faut dire qu’à sa plus grande joie, depuis le succès de « Tanguy » en 2001, les réalisateurs ont découvert son potentiel comique et qu’il peut s’y complaire à loisir, lui si longtemps associé aux univers graves de Claude Sautet, Marguerite Duras, Jacques Rivette, Eric Rohmer.

Diplômé de lettres, premier prix du Conservatoire, pensionnaire de la Comédie-Française, débutant au cinéma dans « Une belle fille comme moi », de François Truffaut, acteur fétiche d’Alain Resnais depuis « L’amour à mort » en 1983, André Dussollier a lui-même entretenu cette image d’intellectuel, à peine écornée par le succès de « Trois hommes et un couffin », en 1985. Deux fois César du meilleur second rôle, pour « On connaît la chanson », où il joue un dépressif timide, et « La chambre des officiers », où il est un chirurgien-major, il aurait pu rester attaché à vie à cette image de sérieux le destinant à vieillir dans des rôles de politiciens, d’hommes d’affaires, de militaires.

Heureusement, en 2001, Etienne Chatiliez libérait sa folie dans « Tanguy », rebattant les cartes de sa carrière. André Dussollier avait bien sûr déjà joué dans des comédies. Mais dans « Tanguy », l’acteur étincelle dans l’outrance et devient un acteur populaire. Dans ce changement, il faut ajouter le succès du « Merveilleux destin d’Amélie Poulain ». C’est lui qui commente de sa voix chaude et amusée les hauts et bas de l’héroïne. Dussollier, comme autrefois les Noiret, Rochefort et Marielle, on a envie d’être son pote juste à l’entendre parler.

Depuis, l’acteur venu d’Annecy a ainsi pu alterner les drames (il est Staline dans « Une exécution ordinaire »), les polars (« Ne le dis à personne », de Guillaume Canet), les comédies décalées, comme cet « Adopte un veuf » ou les adaptations d’Agatha Christie « Le crime est notre affaire » et « Associés contre le crime », avec Catherine Frot, et de temps en temps les farces comme « Mon pire cauchemar », « A fond ! » ou, à voir bientôt, « Attention au départ ! ». Tout en occupant une place importante au théâtre.

Ce comédien en liberté est aussi devenu un homme libre. Lui qui vécut deux ans avec Isabelle Adjani avant de devenir père de Léo (38 ans) et Giulia (27 ans), ne cherche plus de vie de couple. « C’est l’amour de la liberté », confiait-il en 2016 dans « Thé ou café ». « Je ne dis pas que je vis comme un moine, mais j’aime bien ma liberté. Quand j’étais en couple, j’avais l’impression de m’oublier, donc du coup, je n’ai pas toujours trouvé le bon équilibre. Là maintenant, j’ai envie de profiter de la vie et des rencontres qu’elle peut m’offrir. »

« Adopte un veuf », RTL-TVI, 20h45

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