Le cascadeur de légende Rémy Julienne est mort

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Rémy Julienne en 1995 sur le tournage de «GoldenEye». © Isopix
Rémy Julienne en 1995 sur le tournage de «GoldenEye». © Isopix

Le monde des cascadeurs est un monde de l’ombre, mais quand on doit citer le nom du plus célèbre d’entre eux, il n’y a jamais d’hésitations : Rémy Julienne. L’homme « aux 1400 productions », est mort ce jeudi 21 janvier à l’âge de 90 ans, des suites du Covid. Il était en réanimation à l’hôpital de Montargis, dans le Loiret, depuis le début de l’année. « Ce qui devait arriver est arrivé, il nous a quittés en fin de soirée. C'était prévisible, il était sous respirateur artificiel », a confié un proche à l’AFP.

Ainsi s’achève, sur un lit d’hôpital, une carrière mouvementée commencée en 1964. Jusque-là, Rémy Julienne avait été pilote de moto-cross, champion de France en 1957. Pour gagner sa croûte, il intègre l’équipe de Gil Delamare, réputé responsable des effets spéciaux, avec qui il travaille sur « Fantômas ». C’est le début d’une immense carrière, qui va faire de Rémy Julienne le cascadeur le plus connu, doublure attitrée de stars comme Alain Delon, Yves Montand et, pour la franchise James Bond, Roger Moore et Sean Connery, dans six James Bond : « Rien que pour vos yeux », « Octopussy », « Dangereusement vôtre », « Tuer n’est pas jouer », « Permis de tuer », « GoldenEye ».

Il est le responsable des cascades de quelques-uns des plus populaires films de l’histoire du cinéma français, dont « La grande vadrouille », qui va faire sa réputation : il est le motard allemand qui se prend une citrouille en pleine poire ! Suivront, entre autres, « Le cerveau », « Les aventures de Rabbi Jacob », pour Gérard Oury, mais aussi « La menace », « Trois hommes à abattre », « Sur un arbre perché », « Le marginal », « L’aile ou la cuisse », « Le solitaire »…. Il est derrière les cascades de « Taxi », des « Gendarme ».

Avec l’animateur Vincent Perrot et Jean-Paul Belmondo pour le documentaire «Rémy Julienne, 50 ans de cascades». © A Prime Group
Avec l’animateur Vincent Perrot et Jean-Paul Belmondo pour le documentaire «Rémy Julienne, 50 ans de cascades». © A Prime Group

Un de ces titres de gloire est le réglage de la course-poursuite de 9 minutes de Jean-Paul Belmondo dans « Le casse », d’Henri Verneuil, dans les rues d’Athènes, en pleine circulation. Il travaillera à quatorze reprises avec Bébel, lui permettant de devenir le casse-cou du cinéma français. « Je devais sans cesse canaliser Belmondo. C’était quand même imprudent, ce qu’on faisait ! » commentera-t-il ! Il le fera s’envoler au-dessus de Venise accroché à un hélicoptère dans « Le guignolo ». Rémy Julienne participera aussi à des téléfilms et séries, des publicités… Seule ombre au tableau, la mort du caméraman Alain Dutartre sur le tournage de « Taxi 2 », en 1999, lors de prises de vues d’une cascade dont Rémy Julienne était responsable. Aujourd’hui, Rémy Julienne a réalisé son dernier saut.

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