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Affaire Grégory Villemin: la justice accepte de nouvelles expertises ADN!

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Affaire Grégory Villemin: la justice accepte de nouvelles expertises ADN!

La chambre d’instruction de la Cour d’appel de Dijon a accepté « la quasi-totalité » des demandes de nouvelles expertises, notamment en recherche d’ADN de parentèle, dans l’enquête sur l’assassinat du petit Grégory Villemin en 1984, a indiqué mercredi à l’AFP un avocat des parents de Grégory.

« La cour d’appel a fait droit à la quasi-totalité des demandes de nouvelles recherches, notamment en matière de parentèle », a indiqué Me François Saint-Pierre, un des avocats du couple Villemin.

Les avocats des parents de Grégory, Jean-Marie et Christine Villemin, avaient demandé auprès de la Cour d’appel de Dijon que de nouvelles expertises génétiques soient effectuées. Ces demandes portent, entre autres, sur des comparaisons génétiques entre neuf profils ADN, dont des empreintes ont été relevées sur des lettres du corbeau, sur l’embout de la seringue d’insuline qui a servi à endormir l’enfant, ou encore au niveau des vêtements du petit garçon de quatre ans.

Thierry Pocquet du Haut-Jussé, procureur général de Dijon, a confirmé, dans un courriel transmis à l’AFP que « la chambre d’instruction a fait droit à la grande majorité des demandes présentées par les parties civiles », sans plus de précision.

« La cour a tout accepté sauf une demande concernant un médecin qui était intervenu en novembre 1995 », a précisé Me Saint-Pierre dans une interview téléphonique à l’AFP.

La chambre a en particulier accepté que soient conduites de nouvelles recherches selon la méthode de l’« ADN de parentèle », qui permet de comparer une empreinte génétique avec d’autres susceptibles d’être issues de la même parenté. Cette méthode avait été employée avec succès dans quelques « cold cases » criminels, comme en 2012 dans le dossier Élodie Kulik, violée et assassinée dix ans plus tôt.

9 traces prélevées

Les Villemin avaient demandé que les nouvelles recherches portent sur les neuf traces ADN prélevées sur des courriers anonymes, une seringue et les vêtements de l’enfant.

La cour a également accepté, selon Me Saint-Pierre, le prélèvement d’ADN de 37 personnes qui ont été plus ou moins proches de Grégory et leur comparaison avec différents profils ADN.

Me Marie-Christine Chastant-Morand, autre avocate des époux Villemin, a qualifié de « très positif » l’arrêt de la chambre de Dijon. « On est très satisfaits. J’ai eu Jean-Marie Villemin ce matin, il est à l’unisson avec moi, il est très satisfait », a-t-elle ajouté à l’AFP.

Jusqu’à présent, les comparaisons effectuées à l’aide du Fichier national automatisé des empreintes génétiques n’ont rien donné. Au total, 129 prélèvements, dont une centaine au sein de la cellule familiale, ont été faits. Mais les avocats du couple Villemin ont déclaré avoir « sollicité le prélèvement de 37 nouvelles personnes, principalement dans le milieu professionnel des protagonistes de l’époque », a indiqué Me Marie-Christine Chastant-Morand au Parisien.

« Un crime collectif »

« Nous sommes convaincus d’avoir affaire à un crime collectif », explique le conseil, dont un livre récent comporte une postface du père de Grégory : à 62 ans, il y dit son espoir d’aboutir « dans un avenir pas trop éloigné, à une juste solution ».

Déjà riche en rebondissements, ce dossier avait connu en 2017 un développement inattendu, nourri par le logiciel d’analyse criminelle Anacrim, avec la mise en examen de Marcel et Jacqueline Jacob, le grand-oncle et la grand-tante de Grégory alors âgés de 72 ans, et de Murielle Bolle, 51 ans, personnage-clé de l’affaire. Mais ces trois mises en examen avaient été annulées en mai 2018 sur des points de procédure. Interrogés par l’AFP, les avocats des Jacob ont affiché leur scepticisme face aux demandes des Villemin. « Je ne suis pas persuadé que ça soit très pertinent » dans un dossier qui relève du « naufrage », a déclaré Me Frédéric Berna, l’un des conseils de Jacqueline, qui insiste : l’ADN des Jacob n’est « nulle part ».

L’ADN parentèle « peut être intéressant », nuance Me Stéphane Giuranna, conseil de Marcel. Le dossier contient des empreintes génétiques inconnues. « Une fois identifiées, on pourra avancer », poursuit-il, même s’il a « du mal à y croire ». Sa certitude, partagée par plusieurs acteurs du dossier : l’affaire ne se résoudra « que par des preuves scientifiques ».

D’autres espèrent que les langues finissent par se délier, à l’image du procureur général de Dijon, Thierry Pocquet du Haut-Jussé : « Il y a sans doute des gens qui savent des choses et qui les taisent (…) J’espère qu’un jour, quelqu’un contribuera à la recherche de la vérité en disant ce qu’il peut dire », a-t-il confié vendredi au quotidien L’Est Républicain.

Parmi les autres éléments qui pourraient relancer l’enquête : un rapport de stylométrie. Révélé par Le Parisien, il incriminerait « un suspect » mais n’a étonnamment pas encore été versé au dossier.

Des auditions ont également eu lieu récemment et d’autres sont à prévoir, selon Me François Saint-Pierre, qui défend également les époux Villemin : « La parole peut se libérer. Pour les nouvelles générations, un tel secret de famille est insupportable ».