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La chronique d’Emiliano Bonfigli: «Le joueur passe, le supporter reste»

La chronique d’Emiliano Bonfigli: «Le joueur passe, le supporter reste»

Les supporters peuvent pardonner pas mal de choses : le départ d’un coach en plein milieu d’une saison (« C’est la chance de ma vie… »), ou la classique série de résultats négatifs… Mais ils ne plaisanteront jamais avec le respect du blason. Plutôt sain et réconfortant. Oui, dans ce foot ultra mondialisé et dirigé vers le profit et l’import-export de nos joyaux, les supporters sont les garants de la tradition. Les fans de l’Antwerp ont tout fait pour indiquer la porte de sortie au fantasque Didier Lamkel Zé, auteur d’un superbe but ce week-end, mais surtout coupable d’un auto-but provocateur en se rendant au club vêtu d’un maillot d’Anderlecht, dans le dessein de forcer son destin.

Si les supporters montrent parfois les crocs comme viennent de le faire les Anversois, ils peuvent aussi nous offrir le beau geste de la semaine. Dernier exemple en date avec les supporters du RFC Liège.

Une soirée teintée de nostalgie

Demain, leur club affronte Anderlecht en Coupe de Belgique. Cela sent bon les Nineties, quand la bande de Robert Waseige taquinait Degryse, Nilis ou Bosman. Cette équipe de Liège ne joue plus depuis le mois d’octobre, pandémie oblige. Les joueurs n’ont donc pas touché de primes de victoires et certains se sont retrouvés partiellement au chômage. Pour les motiver, les supporters sang et marine constituent dès lors une cagnotte : « Battez Anderlecht, et ce petit pécule est à vous ». Bien sûr, le montant n’est pas astronomique. Mais il faut y voir avant tout un geste de sincérité et de loyauté. Ces supporters ont tout connu depuis les fastueuses années 90 : une Coupe de Belgique remportée face à Ekeren, des épopées européennes (avec l’élimination du grand Benfica), puis la lente descente aux enfers. Aujourd’hui, ils sont toujours là, prêts à mettre de leur poche pour ce club qui fait tout simplement partie de leur vie. Ils auraient tant mérité d’assister à cette rencontre.

Coup de chapeau aussi aux supporters sérésiens, dont le club affrontera le Standard lors de cette même soirée de Coupe de Belgique. Aujourd’hui, sous un autre matricule, le club de Seraing tente de faire revivre le Pairay et ses supporters. Et il le fait plutôt bien en D1B depuis cette année, avec, au sein du club, quelques anciennes gloires comme le gardien Peter Kerremans, devenu team manager, ou encore Marc Grosjean, devenu T2.

Tout cela pour dire que demain soir, c’est davantage qu’un match de foot qui se joue. Pour certains, ce sera une soirée teintée de nostalgie, de souvenirs d’enfance ou de jeunesse, d’un peu de baume sur quelques cicatrices toujours vives… Le temps passe, les footballeurs vont et viennent, mais les supporters restent. Comme les émotions.

Foot amateur et chez les jeunes

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