Fernandel nous a quittés il y a 50 ans: Vincent Fernandel, son petit-fils, raconte la vérité sur la mort du célèbre acteur

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Fernandel nous a quittés il y a 50 ans: Vincent Fernandel, son petit-fils, raconte la vérité sur la mort du célèbre acteur
D.R. / Isopix

Vincent Fernandel a commencé sa carrière en tant qu’animateur et journaliste spécialisé dans le cinéma. Il est également metteur en scène, auteur de pièces, réalise des documentaires et mène une activité de photographe. L’homme de 37 ans est aussi conteur. Il raconte en musique « Les fables de La Fontaine » (éditions Fleurus), illustrées par Charlotte Molas.

Vincent, à vos débuts de journaliste, votre nom vous a-t-il aidé ou au contraire vous a-t-on mis des bâtons dans les roues ?

De manière générale, mon nom n’a été ni une grande aide, ni un grand sésame pour ouvrir des portes. Et je n’ai jamais fait commerce du nom de Fernandel. Je le porte parce que c’est mon nom et parce que j’en suis très content. Mais je n’ai jamais été bercé par le fait de faire de l’argent, des manifestations, des hommages… On m’a appris que si on gagnait de l’argent, c’est parce qu’on travaillait soit par soi-même, soit avec les autres, et non pas sur le dos des autres.

Contrairement à votre grand-père et votre papa, vous ne chantez pas. Ça ne vous a jamais titillé ?

Non, surtout que je suis un très mauvais chanteur. Mais j’ai commencé une activité de parolier avec une valeur montante de la scène française, Florent Richard, qui va sortir son 4e album sur Serge Gainsbourg. Il est auteur, compositeur et chanteur. Nous sommes en train de travailler sur son album avec ses musiques et mes textes.

Vous n’avez pas connu votre grand-père. Ça vous manque ?

Évidemment que ça me manque. Sauf que, quand je suis né, il était déjà mort ! Après, ce qui est quand même formidable, c’est que si j’ai envie de le voir, j’ai la chance d’avoir beaucoup de documents à ma disposition : des photos, des films… Mais le fait de ne pas le connaître physiquement ne m’a jamais obsédé. Dans ma nature un peu rêveuse et parfois mystique, je me plais à croire qu’il suffit de penser à quelqu’un, vivant ou mort, pour que la personne soit là. Il y a des sentiments qui sont au-delà des strates, des sphères, de la temporalité.

Néanmoins, ne vous arrive-t-il jamais d’avoir envie de lui dire ou demander des choses ?

Ah mais je lui demande souvent des choses ! Parfois, j’ai des réponses, parfois pas.

Que vous ont transmis votre papa et votre grand-père ?

Des choses assez simples : avoir un cercle et une vie en dehors du métier, suivre son instinct, la valeur de l’effort… Je viens d’une famille de travailleurs.

On célèbre cette année les 50 ans de la disparition de votre grand-père. Il s’est éteint le 26 février 1971. Comment vivez-vous cet anniversaire ?

Très honnêtement, je ne le vis pas du tout. Pour moi, c’est totalement transparent. Déjà, je ne suis pas dans l’hommage, je ne suis pas un traditionaliste. Et puis, pour être tout à fait franc, je trouve que les hommages à répétition, c’est fatigant pour tout le monde. Si certaines personnes sont heureuses de faire des choses autour de cet anniversaire, tant mieux, mais moi, je ne ferai rien. En plus, célébrer la date de la disparition, je trouve que c’est enterrer les gens une deuxième fois. Moi je célèbre la vie, pas la mort.

Rien ne sera donc organisé cette année pour lui rendre hommage ?

Du côté de la famille, rien ne sera organisé.

Lorsqu’il s’éteint, votre grand-père n’a que 67 ans. Est-il vrai qu’il était atteint d’un cancer et que sa famille a tenu à ce qu’il n’en sache rien ?

Mon grand-père n’était pas un poulet de printemps. C’était un homme qui avait travaillé toute sa vie et qui se connaissait bien. Il avait eu une enfance et une adolescence à la dure. On avait beau, par pudeur, lui cacher tout ce qu’on voulait, il était discernant, il savait les choses. Après, que la famille ait eu la pudeur de ne pas enfoncer le clou, ça, c’est une évidence.

Il était donc soigné ?

Oui, il était soigné, bien sûr. Certes, 67 ans, c’est jeune. Mais il a bossé toute sa vie, dès son enfance, à faire des tournées, à tourner 4 ou 5 films par an, à bien manger, bien boire… Comme Gabin ou Ventura, il s’est éteint jeune, parce qu’ils ont vécu. Ils sont morts avec une vie richissime d’expériences.

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