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Assises de Liège: le meurtrier du jeune Galaad Titeux condamné à 25 ans de prison et à une mise à disposition du TAP de 10 ans

Assises de Liège: le meurtrier du jeune Galaad Titeux condamné à 25 ans de prison et à une mise à disposition du TAP de 10 ans

Galaad Titeux, un Liégeois âgé de 18 ans, avait été poussé du toit d’un immeuble de 27 mètres de haut. Les faits s’étaient déroulés la nuit du 5 juillet 2017 sur le site désaffecté de l’ancienne dentisterie de l’hôpital de Bavière à Liège. H.D. était âgé de 16 ans au moment des faits. Il a finalement été reconnu coupable lundi de vol avec la circonstance aggravante de meurtre mais aussi du viol d’une adolescente et de plusieurs autres faits violents.

Lors de son réquisitoire sur la peine à infliger à H.D., l’avocate générale Pascale Schils a souligné la nécessité d’affirmer le caractère inadmissible des faits commis. Elle a aussi précisé que, dans le cas précis de H.D., mineur à l’époque des faits, la peine de réclusion criminelle à perpétuité ne peut être infligée. Il est nécessaire de sanctionner d’une «peine à temps». Mais en raison du concours de crime (meurtre et viol, ndlr), la peine prononcée peut aller jusqu’à 35 ans d’emprisonnement.

Le ministère public a souligné la gravité extrême des faits mais aussi leur mobile. «Galaad Titeux est mort parce qu’il avait de l’argent. Cet argent était convoité par H.D. Il est aussi inadmissible de constater qu’il n’a pas hésité, au lendemain des faits, de traiter sa victime de sale toxicomane face à sa mère. Si elle n’est plus là aujourd’hui, c’est parce qu’elle a eu peur que la mémoire de son fils soit salie en audience publique», a indiqué Mme Schils.

Selon l’accusation, H.D. prend ce qu’il veut, sans avoir la moindre considération pour ses victimes. Il n’est capable d’aucune empathie. Il n’a aucun remord, aucune limite et ne manifeste aucune remise en question. «Il se présente comme une victime du système judiciaire. Ses risques de récidive et d’escalade criminelle sont maximaux. Les psychologues ne sont pas très optimistes sur ses chances de réinsertion. C’est un prédateur opportuniste qui a ses propres codes et qui intimide», a insisté l’avocat général.

L’avocate générale estime que la mise à disposition du tribunal de l’application des peines pour une durée de 15 ans doit être assortie à la peine principale comme garantie d’un suivi à long terme. Mme Schils a requis une peine principale de 35 ans, en demandant aux jurés de ne pas descendre en dessous de 30 ans en cas d’adoption de circonstances atténuantes.

La défense, Me François Wintgens, a évoqué des circonstances atténuantes comme le jeune âge de son client et son manque de repères durant sa jeunesse qui l’a amené à adopter les codes de violence de la rue. «Il n’est pas irrécupérable, il y a de l’espoir. Il mérite d’avoir une chance de montrer qu’il est quelqu’un d’autre», a estimé l’avocat.

L’arrêt est attendu en début d’après-midi.