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Suspension de contrôles douaniers introduits en Irlande du Nord à la suite du Brexit: Bruxelles et Londres condamnent les menaces et tentent d’apaiser

Suspension de contrôles douaniers introduits en Irlande du Nord à la suite du Brexit: Bruxelles et Londres condamnent les menaces et tentent d’apaiser

« Il est vital que chacun en Irlande du Nord et au Royaume-Uni fasse preuve de calme et de modération ainsi que de détermination à résoudre les problèmes », a déclaré devant les députés le ministre d’Etat Michael Gove, jugeant « totalement inacceptables » les menaces visant les employés des ports nord-irlandais de Larne et Belfast.

La collectivité locale du Mid and East Antrim Borough a annoncé lundi soir qu’elle retirait « immédiatement » ses 12 employés chargés de participer aux inspections sanitaires et vétérinaires au port de Larne en raison « d’inquiétudes pour leur sécurité ». Il y a en effet eu une recrudescence de « comportements menaçants ces dernières semaines », avec notamment des tags « faisant référence aux tensions croissantes autour du protocole nord-irlandais et décrivant le personnel des ports comme des ’cibles’», a souligné la collectivité.

Dans la foulée, le ministère nord-irlandais de l’Agriculture a décidé de « suspendre de manière temporaire les inspections physiques des produits d’origine animale à Larne et Belfast ».

Des médias locaux ont rapporté des tentatives de prise d’information sur les employés, comme le relevé de leurs numéros de plaques d’immatriculation, des intimidations rappelant les heures sombres des « Troubles », qui ont opposé républicains majoritairement catholiques et unionistes majoritairement protestants pendant trois décennies.

L’UE a aussi demandé à ses agents en Irlande du Nord d’interrompre le travail, a indiqué le porte-parole de la Commission Eric Mamer. Lors du week-end, le volte-face de l’exécutif européen sur un possible contournement du protocole nord-irlandais, pour mieux surveiller les exportations de vaccins contre le coronavirus, a fait couler beaucoup d’encre. Les réactions politiques n’ont pas tardé, la Commission étant accusée de mettre en danger ce délicat accord visant à éviter toute frontière physique entre Irlande (membre de l’UE) et Irlande du Nord (Royaume-Uni).

Mais les menaces sur le personnel chargé des nouveaux contrôles d’après-Brexit, entre Grande-Bretagne et Irlande du Nord, sont antérieures, a indiqué Eric Mamer mardi face aux journalistes. « La sécurité des gens est notre priorité », a-t-il assuré, disant « comprendre la suspension temporaire des contrôles ». « Nous sommes en contact avec les autorités du Royaume-Uni sur ces questions, aussi bien quant à la sécurité des agents que sur l’implémentation de l’accord de retrait », ajoute-t-il.

Une réunion en vidéoconférence a été prévue mercredi, avec Michael Gove et des responsables nord-irlandais d’une part, et le commissaire Sefcovic d’autre part.

Entre-temps, deux demandes d’exportation de vaccins, l’une vers le Royaume-Uni, l’autre vers le Canada, ont été autorisées sous le nouveau mécanisme de surveillance, a indiqué la Commission, sans préciser de quel producteur elles émanaient.

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