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Le procès en appel de l’homme d’affaires bruxellois Stéphan Jourdain s’est ouvert

Le procès en appel de l’homme d’affaires bruxellois Stéphan Jourdain s’est ouvert

Stéphan Jourdain a été interrogé par la cour, notamment sur les 447.500 euros versés sur le compte de l’ASBL Cercle de Lorraine par la SPRL Fond’Roy, dont le curateur, qui s’est constitué partie civile, s’était vu accorder le remboursement en première instance. Son avocat a déclaré qu’il s’en remettait au tribunal.

En plus de cette prévention pour détournement au bénéfice du prévenu, le ministère public poursuit pour faux dans les statuts, faux fiscaux et organisation d’insolvabilité pour une ASBL. Lors de son réquisitoire, le parquet a détaillé les ASBL successives ayant exploité le Cercle de Lorraine de 1997 à 2020. Il a défendu que le but non lucratif des ASBL n’a pas été respecté et que les activités commerciales dépassaient la simple réalisation de l’objet social de l’association, visant l’embellissement du patrimoine. « Ce qu’on reproche à M. Jourdain c’est d’avoir contourné la législation des ASBL. L’activité horeca était consubstantielle à celle du cercle de Lorraine et indissociable de son fonctionnement ». De même, il a considéré que l’activité de holding n’était pas accessoire.

Le ministère public a encore pointé des prélèvements en faveur M. Jourdain, ainsi que des transferts d’actifs en décembre 2005 d’une ASBL en dissolution vers une nouvelle. « L’entité poursuivie fiscalement est devenue une coquille vide ». Un jugement sur le litige fiscal visant la première ASBL liée au Cercle de Lorraine est attendu ce jeudi.

Stéphan Jourdain défend que les prélèvements pointés à son bénéfice sont des remboursements d’avances qu’il avait accordées au Cercle de Lorraine antérieurement et souligne qu’une ASBL est en droit de gagner de l’argent. « On critique un montage financier qui date de 1997, alors qu’il n’y a pas de plaintes et pas parties civiles : pas l’ONSS, la TVA, le fisc ou des banques. Il y a seulement le curateur de cette petite société satellitaire des Jardins d’Annevoie, qui demande un euro symbolique et abonde dans mon sens à propos de l’absence d’instruction et d’experts comptables pour un dossier aussi compliqué et important. Des policiers du parquet ont de leur propre initiative enquêter pendant 5 ans et on s’est retrouvé devant le tribunal. On me demande de justifier des versements qui remontent à des années. S’il y avait eu une instruction plutôt qu’une simple information, on aurait alors pu répondre ligne par ligne ». Il souligne avoir interjeté appel car il n’acceptait pas une condamnation qu’il considère comme « injuste » au terme de 45 ans de carrière.

Stéphan Jourdain (61 ans) est l’ancien propriétaire et patron de l’Office des propriétaires, du Cercle de Lorraine, du Cercle de Wallonie, des Jardins d’Annevoie, d’Immoweb (à 50 %), des périodiques Pan, l’Eventail et Dimanche-presse ainsi que de biens immobiliers de prestige comme la Villa Empain.

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