Marilou Berry («Je te promets»): «Mon corps ne m’a jamais empêchée de faire quoi que ce soit»

Marilou Berry («Je te promets»): «Mon corps ne m’a jamais empêchée de faire quoi que ce soit»
TF1

C’est la première fois que vous tenez l’un des rôles principaux dans une série. Pourquoi avoir accepté ?

D’abord, je ne connaissais pas du tout la version originale. Depuis que j’ai un bébé (Andy, né en novembre 2018), je regarde beaucoup moins la télé. Ce qui n’est pas plus mal ! J’ai lu les épisodes avec un œil neuf, je n’avais pas du tout de références de la série américaine. J’ai trouvé « Je te promets » très bien construit, malgré le fait qu’il n’y ait pas vraiment de suspense. On est vraiment dans une galerie de personnages très humains, qui ont des problèmes comme tout le monde. Et pourtant, on est tenu en haleine tout au long de la saison. Et puis, surtout, c’est la première fois que je « vis » une série. J’ai déjà joué dans « Munch », mais c’était une invitation pour une saison, d’une série lancée trois ans auparavant. C’est différent que de participer à la création d’une fiction, d’un personnage pour lequel je me suis engagée sur le long terme. On ne sait pas encore si on va les faire, mais on a tous signé pour au moins trois saisons.

La formidable Chrissy Metz, qui joue Kate, la version américaine de votre personnage, a un gabarit très différent du vôtre. N’avez-vous pas été vexée qu’on pense à vous pour ce rôle ?

Pas du tout, au contraire, j’étais plutôt très flattée qu’on me propose un rôle phare dans une série prestige chez TF 1. Et puis, que je sois plus ou moins grosse que l’actrice qui interprète Katene change pas grand-chose. Aux Etats-Unis, ils font tout plus grand, plus gros. Mais ils n’ont pas écrit Kate en fonction de Chrissy, ils l’ont trouvée après. C’est pareil pour moi.

Parlez-nous de ce personnage…

Par rapport aux autres membres de sa famille, Maud est celle qui est la moins en place, la moins accomplie. Elle se cache derrière son travail, qui lui permet de s’oublier complètement. Sauf qu’un jour, elle va se rendre compte que ce n’est plus possible et que c’est à elle de décider de ce qu’on fait du regard des autres. Moi, j’ai un parcours très différent. On a le même corps, mais pas du tout la même vie. J’ai été indépendante très tôt. Mon corps ne m’a jamais empêchée de faire quelque chose, que ce soit faire l’amour, aller à la piscine… Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de moments pénibles. Juste que je n’ai jamais été bloquée par ma silhouette, a contrario de Maud, qui s’est privée de tout, toute sa vie.

La grossophobie est un fléau qui commence seulement à être pointé du doigt par le public. Pensez-vous qu’on ait encore beaucoup de chemin à faire en matière d’inclusion et de représentation de personnes rondes hors des clichés ?

Oui, mais ça vaut pour les gros comme pour les acteurs noirs, par exemple. C’est quand même très rare d’avoir des personnes de couleur hauts placées dans des fictions. Pour les Américains, c’est normal mais en France, c’est une des premières fois qu’on a un acteur noir qui joue autre chose qu’un braqueur, un dealer ou un mec à qui il arrive des merdes. Ici, Narcisse Mame, qui joue un de mes frères, travaille dans la finance. C’est important d’avoir à l’écran une diversité visuelle qui représente ce qu’on a chez nous quand on sort dans la rue. Et pour l’instant, effectivement, on en est encore loin… mais ça avance.

« JE TE PROMETS », mercredi 3 février, 20h25, RTL-TVI