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Stocker l’insuline à des températures élevées est possible

Stocker l’insuline à des températures élevées est possible
123RF

Ces travaux, réalisés par l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) en collaboration avec l’Université de Genève (Suisse) et publiés ce mercredi dans la revue PLOS ONE, démontrent qu’un flacon d’insuline, une fois ouvert, peut se conserver à des températures allant jusqu’à 37ºC durant quatre semaines sans perdre en efficacité.

Le diabète de type 1, caractérisé par un taux de sucre trop élevé dans le sang, peut avoir des conséquences graves (coma, cécité, amputation des extrémités, décès). Cette maladie oblige chaque jour les diabétiques à s’injecter des doses multiples d’insuline.

Pour être conservée, l’insuline doit être stockée à basse température. Avec la chaleur, le risque est que la protéine d’insuline forme des sortes de flocons qui, n’étant plus liquides, ne peuvent alors plus être injectés.

« Le protocole pharmaceutique actuel exige que les flacons d’insuline soient conservés en permanence entre 2 et 8ºC jusqu’à leur ouverture, suivant scrupuleusement la chaîne du froid. Après quoi l’insuline humaine peut être conservée jusqu’à 25ºC durant quatre semaines », explique Philippa Boulle, conseillère en maladies non transmissibles chez MSF.

« Cela pose évidemment plusieurs problèmes, notamment dans les camps de réfugiés, où les températures sont plus élevées et où les familles ne disposent pas de réfrigérateur. »

Dans de nombreux pays, des diabétiques sont obligés de se rendre quotidiennement à l’hôpital pour recevoir leur injection d’insuline, ce qui les empêche de travailler ou les force à parcourir de longues distance.

L’étude a donc analysé les conditions dans lesquelles l’insuline peut être stockée sans perdre de son efficacité. Les experts ont reproduit en laboratoire la température d’une maison du camp de réfugiés de Dagahaley, au nord du Kenya, oscillant entre 25ºC la nuit et 37ºC la journée.

Les mesures faites sur les flacons conservés à cette température et sur d’autres conservés au froid n’ont pas démontré de différence.

« Ces résultats peuvent ainsi servir de base pour changer les perspectives de gestion du diabète dans les contextes à faibles ressources, en permettant aux patients de ne plus se rendre quotidiennement à l’hôpital », souligne Philippa Boulle. « Pour soutenir cet objectif, nous espérons voir l’élaboration d’une déclaration de consensus sur l’utilisation domestique de l’insuline à des températures chaudes en l’absence de réfrigération, approuvée par l’OMS. »

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