Le CSA ouvre une instruction à l'encontre de "C’est vous qui le dites"

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© Jean-Yves Limet/RTBF

Une instruction conjointe du CSA et du CDJ (Conseil de déontologie journalistique) relative à l’émission "C’est vous qui le dites" diffusée le 12 janvier 2018 sur Vivacité, a été ouverte ce vendredi. Dans l’émission en question, les auditeurs avaient été invités à réagir sur les propos tenus la veille par l’ex-actrice porno Brigitte Lahaie. Invitée par BFM concernant une lettre ouverte signée par de nombreuses personnalités féminines françaises et qui défendaient « la liberté d’importuner des hommes », en réaction au mouvement #MeToo et #BalanceTonPorc. L'animatrice radio avait dérapé en déclarant : « On peut jouir lors d’un viol ». Seulement face à ce sujet délicat, Benjamin Maréchal avait décidé d’interpeller son public comme suit : « "On peut jouir lors d’un viol." Brigitte Lahaie l’a dit hier sur BFMTV. Vous lui répondez quoi ? »

La formule avait fortement choqué et notamment provoqué une réaction virulente du ministre des Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt : « C’est intolérable d’aborder un sujet aussi sensible et grave de cette manière. Pas acceptable pour un média de service public. » Après des excuses de la RTBF concernant l’énoncé de la question interpellant les auditeurs, Benjamin Maréchal avait présenté une dernière émission, avant de passer le flambeau à Cyril Detaye. Eric Gilson, le directeur de VivaCité se voulait pourtant rassurant concernant ce départ, il nous avait confiés : « Après la polémique de vendredi, nous avons discuté ensemble tout le week-end et il a réussi à me convaincre de lui dégager du temps pour d’autres projets. Mais je tiens à signaler que ce n’est pas la volonté de la RTBF, bien au contraire, de le mettre dehors. »

Alors que la polémique semblait définitivement clôturée, le CSA vient donc d’annoncer avoir reçu 45 plaintes dénonçant la question posée aux auditeurs de "C’est vous qui le dites", mais aussi « les propos tenus sur antenne », puis les avoir transmises au CDJ. « Après écoute, le Secrétariat d’instruction du CSA estime que ces éléments sont susceptibles de porter atteinte au respect de la dignité humaine et de l’égalité entre les femmes et les hommes. Certaines plaintes mentionnent en particulier les interventions d’une journaliste invitée sur le plateau et soulèvent donc potentiellement un enjeu de déontologie journalistique. » peut-on lire dans le communiqué publié par l’autorité de régulation.

Fiona Gahimbare

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