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«Mauvaises graines»: Patrick Fiori, son premier grand rôle à l’écran

«Mauvaises graines»: Patrick Fiori, son premier grand rôle à l’écran

Patrick, il paraît que ce rôle d’éducateur dans un centre de réinsertion a été écrit pour vous.

Oui. Au départ, je ne voulais pas le premier rôle. J’aurais souhaité un second rôle pour commencer. Mais l’équipe a fait des recherches sur moi, est même allée jusqu’à Air-Bel où j’ai grandi, et ils ont créé ce rôle avec le côté grand frère… Ils ont réussi à me convaincre ! (sourire) Je n’avais pas envie d’arriver avec mes gros sabots, ça me faisait peur aussi. Je me suis dit qu’il fallait que j’y aille tranquillement, avec humilité surtout. Finalement, je me suis senti très bien.

Ce côté grand frère vous correspond totalement alors ?

Jean est profondément ancré dans mon ADN, je suis cet homme-là ! Révolté contre l’injustice, là pour la nouvelle génération, pour accompagner les jeunes, écouter les gens. Et avoir tous ces enfants autour de moi, ça m’a vachement aidé. Tout le monde pensait que j’avais fait 18 films avant ! (rires)

La transmission aux plus jeunes, garder le lien avec une autre génération, c’est très important pour vous ?

Oui, déjà c’est ce que je fais dans « The Voice Kids ». La nouvelle génération, je ne la pointe pas du doigt, je trouve plein de choses à dire, à faire avec elle, même dans mon métier de chanteur. Accompagner les jeunes, c’est mon Graal. C’est intéressant de voir comment ils vivent, comment ils sont dans leur tête. Et puis, cela permet d’avoir cette éternelle jeunesse !

Votre personnage a ouvert un centre de réinsertion pour « mauvaises graines » dans un village. C’est l’occasion d’évoquer les préjugés, la peur de l’« étranger ».

Oui, il y a cette peur de l’autre. Quand il y a des jeunes comme ça, qui ont tendance à basculer dans le côté obscur, j’essaie de les amener vers la lumière. Il faut juste un peu de patience.

Vous en avez visité des centres comme celui-là ?

Non, mais je suis un garçon qui a grandi en banlieue, au milieu de 70 nationalités différentes. Il faut avoir l’esprit très ouvert. C’était mon premier public… J’allais à tous les étages, je mangeais chez l’un chez l’autre, arabe, indien…

Ce qui est de plus en plus rare aujourd’hui, cette mixité ?

Oui, on tend vers des cloisonnements. Là, il y a cette différence que les gens font qui est assez insupportable. À mon époque, les gens s’entendaient, se retrouvaient avec des religions différentes. Mes parents étaient famille d’accueil en plus ! C’est une question d’éducation, j’ai grandi dans l’acceptation de beaucoup de choses. Je suis d’origine arménienne, déjà, là, c’est une mixité. Je ne pouvais que comprendre et accepter ce qui se passait autour de moi. J’ai réussi à faire comprendre ça à certains à l’époque, quand je n’étais pas encore chanteur. J’étais juste là pour faire du bien. Quand quelqu’un était en difficulté, ou prêt à faire une connerie, j’ai remarqué qu’avec des mots, tu peux parfois arriver à les aider.

La suite pour vous, c’est quoi ? La carrière d’acteur est bel et bien lancée.

Je ne sais pas ce qu’on peut me proposer mais je suis prêt à m’essayer à pas mal de choses. On m’en a proposé d’ailleurs, mais j’attends le retour après la diffusion de ce film-ci. Ce que je me dis, c’est que j’ai un métier de toute façon, dans la chanson. Si ça ne marche pas en tant qu’acteur, je peux toujours faire autre chose ! (sourire)

C’est difficile aussi de se faire une place dans la comédie…

J’avais approché le cinéma pendant quelques années mais personne ne me voulait ! À un moment donné, il faut laisser tomber. Et c’est quand on cherche le moins qu’on trouve. C’était assez inattendu cette expérience !

Dans la peau de Jean, vous perdez un peu votre accent chantant !

Oui, je le gomme un peu pour être neutre.

Les expressions des jeunes, vous les comprenez et les utilisez à force de les fréquenter ?

(rires) Je suis devenu un pro des expressions de jeunes, déjà rien qu’avec « The Voice Kids » ! J’ai des enfants, des amis qui ont des ados aussi… Oui j’en utilise mais sans tomber dans le jeunisme, ça ne sert à rien !

Charlotte Vanbever

«Les Enfoirés dans une bulle, c’est très particulier»

Privés de public, les Enfoirés ont fait ce qu’ils pouvaient.
Privés de public, les Enfoirés ont fait ce qu’ils pouvaient. - D.R

Il y a quelques jours, la troupe des Enfoirés, dont Patrick Fiori est devenu l’un des piliers, enregistrait à Lyon son nouveau spectacle. Dans une grande salle, sans public et avec, forcément, un show adapté. « Les Enfoirés dans une bulle, testés sans arrêt, c’était très particulier », nous confie le chanteur. « On a réussi tant bien que mal, et c’était très important de le faire pour accompagner des millions de personnes. On l’a fait, mais sans la vraie star, le public, c’était difficile, surtout pour les sketchs. On a essayé, on a été poussé dans nos retranchements. Artistes bénévoles que nous sommes, on a fait le boulot. »

Ch.V.

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