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Joane: «Je n’aurais jamais cru qu’on m’accepterait en androgyne»

«Ce côté androgyne m’a joué des tours, j’ai subi le harcèlement à l’école.»
«Ce côté androgyne m’a joué des tours, j’ai subi le harcèlement à l’école.»

Joane, on vous a connu comme Adrien Binon dans la 7e saison de « The Voice Belgique ». Trois ans plus tard, vous sortez votre 1er mini-album. Pourquoi tout ce temps ?

C’est la première fois que j’écrivais en français, il me fallait prendre confiance en ma plume déjà, essayer de trouver mon son, trouver ce qui pourrait faire la différence, ce qui est vraiment moi. Rattacher tout ça aussi à mon histoire, avoir quelque chose à dire. Et trouver les personnes qui m’emmèneraient là où j’ai envie d’aller.

Et « The Voice » vous y a aidé ?

Ça m’a amené les rencontres. Sans ça, je n’aurais pas collaboré avec certaines personnes, comme mon producteur Evenest. Ça m’a mis sur la route de mon label aussi. Et je dois dire que « The Voice » m’a permis de développer mon personnage de Joane, me laissait carte blanche pour scéniquement m’épanouir. Il y avait des stylistes, des danseurs et, jamais, je n’aurais pu me payer ça tout seul.

Qui est Joane par rapport à Adrien ?

C’est moi en tant que personne qui a confiance en elle. C’est la personne qui ose, et Adrien est la personne timide.

Il y a aussi une dualité dans votre musique : électro-pop mais aussi très mélancolique…

Oui, ça reflète ma personnalité, j’adore danser, bouger, de lâcher prise. Et j’ai aussi des cris de détresse au fond de moi, des passages à vide. Il y a cette crise d’identité que j’ai vécue et que j’avais besoin d’exprimer.

Cette crise identitaire, vous l’exprimez à travers des titres comme « Différent » et « Tête haute » qui poussent à accepter qui on est, à avoir confiance en soi…

La différence, ça m’a marqué tout au long de ma vie, depuis que je suis petit. Déjà, au début, par rapport à mes origines philippines, j’ai toujours dû me battre. Ce côté androgyne m’a joué des tours, j’ai subi le harcèlement à l’école et j’ai caché ça très longtemps. J’ai essayé de me conformiser plutôt que de lâcher prise. À l’école, j’avais des cheveux tout courts, tout rasés, je portais des gros pulls, je me cachais, parfois dans les toilettes même. Jouer avec les codes, le genre, je n’ai commencé à le faire qu’à la vingtaine, quand je suis arrivé dans mon groupe de rock.

C’est là qu’est venu le déclic ?

Avant le groupe de rock, je n’avais jamais eu de meilleur ami garçon parce que j’avais peur des garçons, ce sont ceux qui m’insultaient. J’ai découvert les concerts rocks etc. Quand mes cheveux ont poussé, j’ai commencé à ne plus me reconnaître en tant qu’Adrien. Je me suis senti libre. Ça a été le déclic ! On venait directement vers moi en me disant « ah tu as des beaux cheveux ! ». Je n’aurais jamais cru qu’on m’accepterait en androgyne ! Et c’est ça qui a tout démarré.

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