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La Reine Mathilde soutient le secteur de la mode au cours d’une table ronde à Bruxelles (photos)

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« Le secteur de l’habillement et ses 40.000 travailleurs sont sous pression depuis longtemps : les chiffres de ces cinq dernières années étaient négatifs et 2020 a été encore plus compliquée », esquisse Comeos. « Une diminution de 25 % du chiffre d’affaires due au coronavirus a été enregistrée. »

Pour Joachim Rubin, CEO de la marque de vêtements LolaLiza qui emploie 500 personnes, la crise se conjugue encore au présent. « Les deux mois et demi de confinement ont été très durs commercialement car on a du stock à vendre (…) mais on ne vend rien. Il y a aussi des charges fixes à assumer, même sans rentrées. Aujourd’hui, on essaie de rattraper ce retard mais c’est difficile avec beaucoup moins de clients dans les rues » et de visiteurs dans les magasins. « L’agilité, pour pouvoir s’adapter, gérer les stocks et les clients dans des circonstances qui dépendent à chaque fois des nouvelles mesures, est pour nous un mot-clé. »

Après un an de crise, l’humeur est donc morose parmi les créateurs comme la population, ont pointé les participants mardi. Mentalement, l’année écoulée a été « très difficile », ont-ils souligné. « Il y a l’angoisse de ne pas être capable de surmonter cette crise, la peur du lendemain. Le temps commence à se faire long, nous avons besoin de perspectives et de sécurité. Reviendrons-nous à une situation ’pré-coronavirus’ ou de nouvelles normes s’imposeront-elles, avec plus de shopping en ligne et moins de magasins physiques ? », se sont-ils interrogés.

Des mesures de soutien essentielles

Bouffée d’oxygène dans la tempête, les mesures de soutien apportées par le gouvernement, telles que le chômage économique ou la prolongation de la période des soldes, ont permis de garder du personnel à bord et la tête hors de l’eau.

La vente en ligne aura aussi limité la casse, sans toutefois compenser les pertes. La fermeture de l’horeca n’a pas aidé non plus, en privant le consommateur d’une petite pause autour d’un café ou d’un verre, ont relevé les participants.

Le coronavirus aura par ailleurs constitué un catalyseur pour des tendances déjà sur les voies, comme le télétravail, la numérisation de la société et les questions environnementales, ont remarqué les représentants de la mode et de l’habillement.

Après avoir admiré les créations de designeuses belges, la Reine s’est ainsi intéressée au rythme de production du secteur, alors que les saisons ont « disparu », selon Joachim Rubin. « Même les couleurs passent d’une tendance à l’autre sur une période très courte. Les quatre saisons dont on parlait avant n’existent plus réellement. On produit rapidement et en continu pour répondre à la demande » des consommateurs, a illustré le patron de LolaLiza. L’impact écologique des vêtements achetés représente un point d’attention « toujours plus important » des clients, ont soulevé les participants.

Quant au télétravail, « nous devrons sans doute évoluer vers un équilibre entre celui-ci et le contact direct avec la clientèle ou au bureau. De nombreux travailleurs avouent regretter ces échanges sociaux », concluent les représentants du secteur.

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