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Paddock: Baltus, une préparation de forçat

@Zelos/NTS RW Racing
@Zelos/NTS RW Racing

En sports mécaniques, c’est pendant l’intersaison que les pilotes bâtissent l’essentiel de leur condition physique. Pour l’instant, ils ont le temps de courir, rouler à vélo, faire de la musculation, nager. Une fois leur saison lancée, ils passent l’essentiel de leurs ‘loisirs’ entre deux aéroports, deux avions, deux hôtels, deux circuits. À ce moment, le sport sert à entretenir la forme et à se revalider pour ceux, c’est surtout vrai chez les motards, qui se blessent en cours de championnat.

Pour Barry Baltus, la période actuelle est particulièrement importante. À 16 ans, le jeune homme doit se forger un corps capable de résister aux terribles contraintes que sa nouvelle machine lui imposera tout au long de la saison.

Une préparation rigoureuse est requise : l’an dernier, l’adolescent souffrait souvent en fin de course sur sa bécane de 60 chevaux. Et le voilà qui devra maitriser un engin qui affiche plus du double de puissance. 140 chevaux à dompter dans un peloton composé de gaillards au moins aussi furieux qu’en Moto3. Le Belge sera confronté à des jeunes qui, comme lui, rêvent d’atteindre le MotoGP mais il se frottera aussi le cuir avec des pilotes qui ont le double de son âge et ont fait de la Moto2 leur fond de commerce. Entre jeunes loups fougueux et briscards roublards, notre compatriote devra slalomer en permanence pour se frayer un chemin vers le Graal, cette catégorie-reine dont il rêve depuis qu’il a… 4 ans.

Heureusement, Barry Baltus peut compter sur un coach de choc : Eri Lambert tient davantage du sergent chez les Marines que du travailleur social à l’écoute des problèmes existentiels. Pour l’aider à tenir bon sur sa bécane, l’entraîneur physique (qui a longtemps exercé son métier avec les Spirous) a établi un programme ‘Mouille ta chemise’ à faire pâlir un gilet jaune sur un rond-point.

« Je n’ai pas vraiment le temps de gamberger », admet Baltus. « Le lundi, j’ai droit à 3 heures de musculation, le mardi c’est footing pendant 2 heures, le mercredi à différents exercices sur une piste d’athlétisme durant 4 heures. Le jeudi, c’et repos avant une sortie de 90 à 120 minutes à vélo le vendredi et de nouveau 3 heures de musculation le samedi. »

N’imaginez pas que le dimanche est consacré au Seigneur. « J’ai droit à 6 heures de moto sur le circuit Jules Tacheny à Mettet », conclut-il.

Miroir, mon beau miroir

« Voilà trois mois que je m’astreins à ce programme. Par rapport aux années précédentes, j’ai de la chance : je ne traîne pas une ‘vieille’ blessure qui ralentit mes efforts », explique l’espoir numéro 1 de la moto de vitesse du pays. « Je sens que ce travail porte ses fruits. Quand je me regarde dans un miroir, je remarque que mon corps devient plus sculptural. À moto, quatre séances intenses de 40 minutes n’arrivent pas à me faire transpirer. Il est vrai que je ne me suis jamais autant entraîné. À l’exception d’une petite semaine passée en Espagne, au moment des fêtes, avec mes parents et pendant laquelle j’ai roulé tous les jours sur ma nouvelle Yamaha R1 sur une piste locale, je suis les recommandations d’Eric Lambert à la lettre. En principe, je vais poursuivre à ce rythme pendant les deux prochaines semaines avant de lever le pied. L’équipe NTS RW Racing avec laquelle je suis engagé cette saison en Moto2 a prévu d’organiser des essais à Portimao (là où se déroulera le GP du Portugal le 18 avril, Ndlr) début mars. Je veux débarquer en grande forme avec l’envie folle d’aligner les tours sur ma nouvelle bécane de Moto2. »

Une fois cette session terminée, il s’agira déjà temps de boucler les valises pour le Qatar où des essais officiels auront lieu dix jours avant le premier Grand Prix de la saison le 28 mars.

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