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Une peine de cinq ans de prison avec sursis probatoire pour l’infirmier coupable d’avoir assassiné son amie lui ayant demandé de l’aider à mourir

Une peine de cinq ans de prison avec sursis probatoire pour l’infirmier coupable d’avoir assassiné son amie lui ayant demandé de l’aider à mourir
Belga

« Le respect de la vie d’autrui est une valeur fondamentale et la pratique de l’euthanasie est régie par un cadre légal strict. En dehors de ce cadre, elle n’est pas autorisée, même si c’est par amour, même si la personne insiste », ont exposé juges et jurés dans leur arrêt, mardi soir.

Pour déterminer la peine, ceux-ci ont tenu compte de nombreuses circonstances atténuantes, à commencer par la fragilité psychologique du coupable et de ses difficultés familiales consécutives à l’alcoolisme de son épouse et à la violence de l’un de ses fils adoptifs. Juges et jurés ont également pris en considération les aveux de l’auteur, ses regrets « paraissant sincères », le respect de ses conditions de remise en liberté et l’absence d’antécédents judiciaires dans son chef.

Ils ont encore retenu « l’affection sincère qu’il a eue pour la victime, une femme qui s’est confiée à lui et qui lui a parlé de sa volonté d’en finir avec la vie », de « l’ascendant que cette personne semble avoir pris sur lui » et du fait qu’il a voulu « lui être fidèle jusqu’au bout en accomplissant ce qu’il voyait comme un dernier devoir envers elle ».

Pour le jury et les magistrats de la cour, « un retour de P.T. en prison n’aurait aucune justification ». Ils ont prononcé une peine de cinq ans de prison avec sursis probatoire. Parmi les conditions imposées à P.T. figurent celle de poursuivre une thérapie avec un psychiatre et un psychologue et celle de ne plus exercer la moindre activité dans le milieu médical, paramédical ou pharmaceutique.

Le 21 juin 2016 en début d’après-midi, la police et les services de secours sont intervenus dans l’appartement occupé par P.T., rue des Azalées à Schaerbeek. Ce dernier a été découvert sur son lit, en détresse respiratoire. À côté de lui se trouvait une dame, qui ne donnait plus signe de vie.

Celle-ci a été identifiée comme étant S.E., une femme âgée de 48 ans, ancienne institutrice et mère de trois enfants. L’autopsie a plus tard conclu qu’elle est décédée après avoir reçu une dose létale de morphine.

Dès qu’il n’a plus été en danger de mort, P.T., infirmier en soins palliatifs, a expliqué à la police que S.E. lui avait demandé de l’aider à mourir et qu’il avait décidé de se donner la mort avec elle.

Une lettre d’adieu, rédigée par la victime, datée du 20 juin 2016, a été retrouvée par les enquêteurs. Elle y raconte avoir pris la décision d’en finir avec la vie, face à son mal-être auquel elle ne trouvait pas de remède, après des années de souffrances psychiques.

P.T. et S.E. s’étaient rencontrés à la clinique La Ramée à Uccle en avril 2016, où ils étaient tous deux soignés pour dépression.

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