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L’interview exclusive de Loana, qui «recommence une nouvelle vie»: tourments, argent, amour, showbiz, entourage, DALS, TV, projets… elle nous dit tout

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L’interview exclusive de Loana, qui «recommence une nouvelle vie»: tourments, argent, amour, showbiz, entourage, DALS, TV, projets… elle nous dit tout
N. Dewaelheyns

Le 26 avril 2001, âgée de 22 ans, Loana entrait dans « Loft Story ». Elle ne le savait pas mais cette émission allait changer sa vie. La jolie blonde en est sortie victorieuse et la France était à ses pieds. On a rarement vu autant de passions se cristalliser autour d’une personnalité qui, comme elle le dit elle-même, « n’avait encore rien fait ».

Très vite, tout s’enchaîne : un livre, un disque, deux immenses succès. Jean-Paul Gaultier la fait défiler, elle devient même styliste. L’argent, la gloire… La vie lui sourit enfin : une Cendrillon moderne. Il lui manque ce prince charmant qu’elle rêve de rencontrer. Elle croit parfois le trouver, se trompe souvent, bien trop souvent, et paiera cher un romantisme qui lui voile la face.

Drogue, alcool, médicaments, Loana tombe peu à peu et peine à se relever. Les tentatives de suicide se multiplient. Mais Loana n’est pas aussi fragile, pas aussi naïve que certains le croient. Bien décidée à sortir de cette spirale infernale, elle mène, seule, un long combat.

Aujourd’hui en pleine forme, elle nous raconte son histoire et ce qu’elle n’a jamais dit, sans fards, sans tabous. Elle ne renie rien : sa descente aux enfers a été longue et douloureuse. Mais à 43 ans, la première star de la téléréalité française est une femme presque bien dans sa peau. Rencontre avec une rêveuse. Une femme aussi forte que sensible. Confidences à cœur ouvert.

Loana, vous êtes rayonnante. Comment allez-vous ?

Beaucoup mieux. J’ai envie cette année de tirer un trait sur ce qui s’est passé et commencer une nouvelle vie. J’ai l’impression que les étoiles se sont alignées. Comme si j’avais tourné une page le 31 décembre sur toutes ces années. Dans la vie, il y a des moments charnières. Parfois, ils sont professionnels. Cette fois, ils sont personnels. J’en ai assez de ruminer les mauvaises choses et d’aller mal à cause de cela. J’ai 43 ans. J’ai envie d’être heureuse.

C’est important de se le dire ?

Exactement ! J’essaie de voir le bon côté des choses, le verre à moitié plein… C’est un travail sur soi-même qui est dur, sur plusieurs mois. C’est maintenant ou jamais.

Vous êtes donc désormais capable d’éloigner de vous les mauvaises personnes ?

Oui ! Ce sont des mauvaises personnes mais ce sont souvent celles qui ont le plus d’influence sur moi. Ce n’est pas facile.

Vous êtes plus forte que par le passé pour le faire ?

Oui ! J’ai beaucoup souffert… Soit je descends et ça peut devenir dramatique, ça l’est d’ailleurs devenu, soit je remonte et j’essaie de faire le ménage dans ma vie, mais ce n’est pas quelque chose de facile. Quand les gens sont autour de moi et qu’ils me cannibalisent pour me garder… J’étais sous leur emprise. Et d’un seul coup, je me retrouve seule, je n’ai pas l’habitude… Mais cette solitude a du bon parfois puisque je me sens beaucoup plus forte qu’hier.

Dans la solitude, on peut aussi prendre soin de soi…

Exactement ! C’est quelque chose que je découvre et que j’apprécie. Pour moi, la solitude est synonyme de liberté. Avant, elle me faisait extrêmement peur. Je m’entourais de mauvaises personnes pour combattre la solitude.

Le chemin vers le bonheur est long pour vous ?

Oui, il l’a été. Et je pense que j’arrive bientôt au bout de ce chemin.

Vous avez décidé de quitter Vence, où vous viviez avec votre maman, pour emménager à Paris. Pour quelle raison ?

Pour faire une cassure. Je voulais rompre avec ma vie d’avant. Je revivais dans le sud depuis 4, 5 ans. J’ai pris un nouvel appartement à Paris. C’est beaucoup plus facile pour moi de sauter dans un taxi, d’aller faire un « TPMP » avec Cyril, d’aller au théâtre… Rien de mieux que de venir à Paris pour commencer une vie nouvelle.

Quelles sont vos envies ?

Avoir un bon entourage. Et être enfin plus sereine. Mon projet de vie, c’est d’être heureuse, de me lever tous les matins et de sourire.

Et professionnellement ?

Je rêve de faire « Danse avec les stars ». J’aimerais vraiment qu’il se réalise. C’est un rêve de petite fille de devenir une princesse et de danser sur le parquet avec une belle robe. Comme Cendrillon, j’irais à mon bal.

Et rechanter ?

J’adorerais, bien sûr. Peut-être avec des chansons plus mélancoliques, plus personnelles.

Vous avez échappé à la mort à plusieurs reprises. Deux compagnons ont tenté de vous tuer, mais vous avez aussi fait plusieurs tentatives de suicide.

Sept !

Vous vouliez vraiment en finir avec la vie ?

La moitié, oui, la moitié, non. Les premières, oui. La dernière journée, avant de passer à l’acte, j’ai regardé le soleil pour la dernière fois, j’ai fait en sorte que mes chiens soient récupérés par ma mère après… C’était une réelle volonté de ne pas me réveiller. L’autre moitié, je pense que c’était plus un appel à l’aide. Je remercie le ciel chaque jour de m’avoir laissé la vie sauve.

Ça n’arrivera plus jamais ?

Plus jamais ! J’ai l’impression de parler de quelqu’un d’autre. Je n’irai plus jamais aussi loin. La vie est trop belle, elle mérite d’être vécue.

Il n’est jamais trop tard pour s’en rendre compte ?

Oui, j’ai cette chance de m’en rendre compte. J’aurais pu ne pas l’avoir. Après être tombée aussi bas, je découvre les petits plaisirs de la vie. J’avais oublié certaines choses. Je savoure maintenant chaque minute.

La vie est belle ?

La vie est belle quand mon chien vient me faire un câlin le matin, quand je me promène et que j’entends siffler les petits oiseaux… La vie est belle juste quand on la respire. (Elle est émue.)

À quoi ressemble votre vie aujourd’hui ?

Je me reconstruis. C’est mon projet de cette année. Et je crois que c’est mon plus beau projet. C’est le plus difficile aussi. Mais je suis déterminée.

Comment imaginez-vous cette nouvelle vie ?

Je m’imagine heureuse, sans drogue, sans alcool, avec que de l’amour autour de moi, avec des gens qui m’aiment pour ce que je suis. J’ai fait le ménage autour de moi, je suis quasiment toute seule. Loana ne va plus subir la vie, elle va la vivre.

Merci à l’hôtel Maison Athénée, 19 rue de Caumartin, 75009 Paris, pour son chaleureux accueil.

«Mon ex m’a dépouillée»

Loana a gagné beaucoup d’argent mais il ne lui reste quasiment plus rien. « J’ai été escroquée par mon ancien petit ami. Il m’a pris 90 % de mon patrimoine, en me maltraitant, avec des violences conjugales. C’est l’argent que j’avais mis de côté toute ma vie. J’ai déposé plainte. J’espère pouvoir le récupérer. »

Elle vit aujourd’hui du peu d’économies qu’il lui reste. « Si la justice ne réagit pas, je n’ai plus rien du tout... »

Même pas l’amour ? « Je suis célibataire, mais j’aimerais bien m’endormir dans les bras de quelqu’un, aller au cinéma avec… J’attends le grand amour ! J’aimerais pouvoir fonder une famille. Bien sûr, j’imagine mon amoureux gentil ! C’est d’ailleurs tout ce que je lui demanderai... »

N.Dew.

«Jamais hésiter à demander de l’aide»

Loana nous raconte son histoire pour mettre en garde. « Quand on boit beaucoup, c’est souvent parce qu’on veut oublier quelque chose. Avec la drogue, j’étais devenue Wonder Woman. Mais au bout de quelques mois, le corps ne le supportait plus et il me l’a fait payer par quatre : crises de tachycardie, cauchemars, sueurs froides et toutes mes peurs d’enfance sont revenues. Je perdais mes cheveux, mes dents... Chacun fait ce qu’il veut. Mais pour en sortir, il faut souffrir et le mot est faible. »

C’est un miracle qu’elle soit en vie. « J’ai vraiment eu beaucoup de chance. J’ai fait deux arrêts cardiaques, trois comas… J’ai une bonne étoile mais ce n’est pas le cas de tout le monde. C’est pour cela que je ne veux plus jouer avec la mort. »

Elle adresse aujourd’hui un message à tous ceux qui souffrent d’addictions. « Il ne faut jamais hésiter à demander de l’aide. On a souvent tendance à devenir paranoïaque et agoraphobe, ce qui veut dire qu’on a peur du monde extérieur, à cause de la fatigue, du manque de nourriture… Rapidement, on a envie de rester cloîtré chez soi. Il faut réellement trouver quelqu’un en qui on a confiance et à qui on peut dire ce genre de choses. Je veux en parler librement parce que je veux que ça devienne moins tabou. Quand on est dans cet état-là, il faut trouver quelqu’un avant que ça ne soit trop tard. »

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