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Un adolescent de 15 ans avait été retrouvé mort: son père a conservé le corps enveloppé de couvertures pendant deux ans

Un adolescent de 15 ans avait été retrouvé mort: son père a conservé le corps enveloppé de couvertures pendant deux ans.
Un adolescent de 15 ans avait été retrouvé mort: son père a conservé le corps enveloppé de couvertures pendant deux ans. - Photo Prétexte Icopix

C’est une histoire de famille pour le moins lugubre qu’a du juger ce mercredi 10 février la cour d’assises des Hauts-de-Seine. Jusqu’au vendredi 12 février, Mohieddine D., 69 ans, est jugé pour « meurtre sur un mineur de 15 ans par un ascendant », indique le parquet de Nanterre au « Figaro ».

L’homme devra répondre aux questions sur les circonstances du décès en 2015 de son fils, dont le cadavre a été retrouvé un an et demi plus tard dans son appartement selon « Le Parisien ». Il encourt la perpétuité.

Des déclarations qui ne collent pas à l’autopsie

Le corps de l’adolescent, âgé de 14 ans lors des faits, a été découvert le 6 juin 2017 par un huissier de justice, un serrurier et des membres de la police lors d’une procédure d’expulsion : le père de famille ne payait plus le loyer de son deux-pièces à Neuilly-sur-Seine depuis environ un an, selon ses déclarations. Le père et le fils habitaient ensemble dans cet appartement depuis 3 ans.

«  Ils ont frappé à la porte et ils ont entendu quelqu’un qui leur demandait de patienter. Comme la personne n’ouvrait pas, ils sont entrés et ont découvert juste derrière la porte que l’homme venait de se poignarder dans le ventre  », explique le parquet de Nanterre. À quelques mètres, dans le couloir de l’appartement, se trouve le corps de son fils, «  enveloppé dans des couvertures et des rideaux  », dans un état de putréfaction avancé.

Hospitalisé d’urgence, le père a directement été placé en garde à vue et entendu une première fois à l’hôpital Bichat par les enquêteurs, où il explique que son fils est tombé sur un couteau après une dispute. Il rapporte que ce dernier a menacé de «  se planter  » s’ils partaient pour les vacances de Noël dans leur famille en Algérie.

Lorsque les enquêteurs lui demandent pourquoi il n’a pas appelé les secours, le père répond qu’il se trouvait en état de sidération lors des faits. Mais les déclarations de ce dernier ne coïncident pas avec les résultats de l’autopsie, qui indiquent que le corps est marqué par plusieurs coups de couteau, notamment dans le dos. Dès sa sortie de l’hôpital le 19 juin 2017, Mohieddine D. est placé en détention.

« Une dépression générale »

Les amis du jeune homme ainsi que le collège où il était scolarisé se sont inquiétés de son absence lors de la rentrée de janvier 2016. Son père avait rassuré l’établissement et ses camarades, indiquant tantôt que son fils poursuivait ses études en Algérie, tantôt qu’il se trouvait en vacances avec sa famille. Mais la plupart du temps, il ne répondait pas aux sollicitations de l’entourage de son fils : «  L’établissement ne s’est pas inquiété davantage car le collège savait que l’enfant avait beaucoup d’attaches en Algérie, qu’il faisait régulièrement des allers-retours, et que parfois l’enfant rentrait plus tard de vacances  », précise-t-on.

Le parquet de Nanterre souligne par ailleurs que la mort de la mère, décédée d’un cancer en septembre 2014, deux ans avant son fils, est «  très prégnante  » dans le dossier : toute la famille aurait été profondément marquée par cet événement, entraînant «  une dépression générale  ».

Aujourd’hui, si le père reconnaît avoir vécu avec le cadavre de son fils, il nie avoir commis le meurtre et affirme que la cause du décès est accidentelle.

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