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Henri PFR: «Certains commentaires m’ont blessé»

«J’ai l’équipe qui me convient le plus.»
«J’ai l’équipe qui me convient le plus.»

Henri, tout d’abord, comment allez-vous ? Vous venez d’être opéré du nez, et ce n’est pas la première fois…

En fait, quand j’étais jeune, je me suis cassé le nez en tombant, et je l’ai recassé 6 fois par après. J’ai subi 5 opérations du nez et la dernière fois, le médecin m’a dit qu’il n’opérerait plus, que c’était trop fragile. Je suis resté 7 ans avec le nez cassé et là je commençais à mal respirer. Ils viennent donc de me remettre le nez droit pour que je puisse mieux respirer. La convalescence est assez dure mais ça va. Visuellement j’aurai le nez droit et on ne verra pas la différence ! (sourire)

Les épreuves des battles à « The Voice » viennent de commencer. Vous êtes dans quel état d’esprit ?

C’est du stress quand même, mais c’est là où le jeu commence pour les coachs. On doit voir les talents, comprendre leur fonctionnement. Là, le travail avec eux commence, il faut trouver le morceau qui correspond à chaque talent.

Là, vous êtes fier de votre équipe ? D’avoir vu beaucoup de talents préférer venir chez vous ?

J’ai l’équipe qui me convient le plus. Avant l’émission, le plus gros stress c’était que les talents ne viennent pas. 12 personnes m’ont fait confiance. Aujourd’hui, parfois je regrette de pas avoir assez de temps avec eux, je leur ai demandé si je passais assez de temps auprès d’eux, en leur assurant que je n’étais pas là juste pour les caméras. Mais ils m’ont dit que j’étais bien présent. Et je serai là pour eux après, pour les aider, les aiguiller dans ce métier aussi beau que difficile.

Il a pris plusieurs semaines de cours de chant avant de participer à l’émission.
Il a pris plusieurs semaines de cours de chant avant de participer à l’émission.

Mais est-ce que tous pourront faire carrière ?

Oui et non. Tout le monde peut faire carrière s’il s’implique à fond. Je ne sais pas si tous le font. C’est le travail qui paie au final, au-delà du talent.

Et la part de travail dans votre réussite ?

Je me suis impliqué à 100 % dans la musique il y a quelques années. J’ai décidé d’y passer des journées entières, et c’est là que j’ai vu un réel changement dans mes productions. Il faut une grosse part de talent, certains ont une belle voix et une moins belle voix, du charisme aussi, mais après, il y a aussi ce que tu fais de cette voix, de ce charisme. C’est ce que je fais avec mes talents.

On vous décrit dans « The Voice » comme un DJ. Mais bien au-delà de cela, vous êtes un musicien depuis vos 6 ans. C’est réducteur de ne vous présenter « que » comme un DJ ?

Oui, c’est réducteur et il y a des choses difficiles à entendre. Ces commentaires me touchent beaucoup. J’ai entendu des remarques comme : « Comment peut-on juger des chanteurs sans en être un ? » Ça me blesse un peu que les gens pensent que je ne peux pas aider quelqu' un, être coach, alors que, au contraire, DJ c’est être producteur, c’est déjà bosser avec des chanteurs, c’est déjà être coach. J’ai vraiment reçu pas mal de ces commentaires et je l’ai assez mal vécu. Les gens ne comprennent pas forcément que c’est une émission montée et qu’ils créent une histoire. Et du coup, dans ces montages, on me voit toujours très excité, debout sur la table. C’est un personnage créé pour moi, excessif alors que j’étais aussi très calme en tournant l’émission. Je ne me reconnaissais pas forcément en regardant l’émission à la télé. De manière générale – sauf derrière mes platines – je suis plus posé.

La rupture au cœur de son nouveau

Son nouveau titre est plus dans l’émotion.
Son nouveau titre est plus dans l’émotion.

Depuis un an, Henri PFR ne peut plus parcourir le monde, ses platines sous le bras. Lui qui était entré dans le prestigieux top 100 mondial des DJ doit se réinventer… depuis chez lui. Plus que jamais, donc, il est prolifique, travaille des nouveaux titres, à défaut de pouvoir les jouer live. « C’est hyper frustrant », nous dit-il, alors que sort « Bruises », son nouveau titre… pas le plus festif de son répertoire. « C’est plus émotionnel, dans une vibe plus calme. Cela parle des bleus que peut vous laisser une relation. C’est tout le négatif qui ressort d’une rupture. Alors non, ce n’est pas un morceau joyeux. Mais après je ferai un morceau plein d’espoir ! », lance le souriant Henri. Le clip qui accompagnera « Bruises » devrait faire plaisir à la fanbase du DJ : « c’est la suite du clip de « No One knows » où on sortait de prison… Il y a l’idée, clip après clip, de créer une histoire qui se suit ».

Mais à force de sortir plein de nouveaux morceaux, Henri PFR ne va-t-il pas lancer tout simplement un album ? « J’ai un paquet de titres qui sont prêts. Mais sortir un album, c’est un peu comme jouer au poker. » Dans ses collaborations vocales, il est monté d’un cran. « J’ai récemment signé avec un nouveau label et, vocalement avec ces chanteurs-là, j’ai passé un nouveau step ! » Mais il n’a pas encore accolé la voix d’un de ses talents sur un de ses morceaux. Serait-ce pour bientôt ? « Je ne peux pas répondre oui car si je ne le fais pas au final ce serait mentir. Mais, honnêtement, vu les voix qu’il y a dans mon équipe, il y a clairement quelques personnes avec qui je veux aller bosser en studio après ! »

«Les autres coachs ont eu un peu la haine, gentiment»

«  Je ne sais pas si le public cible  de « The Voice » écoute mes chansons ».
« Je ne sais pas si le public cible de « The Voice » écoute mes chansons ».

On vous a senti très préparé, très efficace dès les premiers blinds. Vous aviez bossé votre rôle de coach en amont ?

Oui, je ne voulais pas arriver sans connaître l’émission, j’ai donc regardé « The Voice » dans plusieurs pays. Mais après, pendant les blinds, tu y vas à l’instinct. Quand tu y vas avec le cœur, le talent le ressent. C’est un mélange d’instinct et de préparation. Et j’ai aussi pris plusieurs semaines de cours de chant. Je n’ai pas vraiment appris à chanter, mais c’était pour apprendre comment marche la voix, d’un point de vue biologique, pour parler aux chanteurs, pour travailler sur le muscle. Je ne voulais pas arriver les mains dans les poches.

Vous avez rapidement convaincu les talents de venir chez vous quand ils avaient 4 buzz. Cela a-t-il frustré vos camarades coachs ?

Cela reste un jeu. Mais après, c’est sûr, sur le plateau tu le vis très fort. Si un talent que je voulais, comme Jérémy, part chez BJ, mon cœur était brisé. À l’inverse, quand quelqu’un vient dans mon équipe, c’est comme si je gagnais au lotto. Mais il y a de la compèt’ aussi, quand tu n’as pas le talent, tu as un peu la haine. Au début, les autres coachs ont eu un peu la haine, comme j’avais beaucoup de talents, mais gentiment. C’est ce qui est très fort cette saison, c’est qu’on est amis, même si sur le plateau on se lance des piques, derrière on se dit « tout va bien hein », y’a pas de problème.

Comment expliquez-vous que des chanteurs belges, de véritables perles, se présentent en nombre cette année à « The Voice France », plutôt qu’à « The Voice Belgique » ?

Il n’y a rien à faire, c’est TF1, et ce sont des chiffres différents, avec beaucoup plus de téléspectateurs. Je pense que ce n’est pas forcément malin non plus dans le sens où tu dois d’abord percer dans ton pays avant de te lancer à l’étranger. Aller direct sur « The Voice France », c’est un peu tourner le dos et se brûler les ailes trop vite.

Être coach à « The Voice Belgique », c’est une façon pour vous d’élargir votre public, d’aller chercher un public plus âgé ?

Je ne l’ai pas fait d’un point de vue promo et je ne sais pas si le public cible de « The Voice » écoute mes chansons. C’était plutôt un autochallenge. Mais clairement, pas mal de gens m’ont découvert à travers cette émission.

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