Abonnez-vous pour 1€

ÉDITO – Voyages interdits: la tension monte…

ÉDITO – Voyages interdits: la tension monte…

La Commission européenne n’est pas un endroit où l’on a la parole libre et facile. Et où l’utilisation du mot « inquiète » reste exceptionnelle. Donc, si l’institution est sortie de sa réserve ce vendredi pour dire toute son inquiétude quant à la prolongation par la Belgique de l’interdiction des voyages au 1er avril, c’est que l’affaire est prise très au sérieux.

L’agitation va plus loin car la Commission, comme l’opinion publique belge, s’est dite surprise et prise de cours par cette annonce faite en catimini. Faut-il penser que le gouvernement belge a pris cette mesure de prolongation en « stoemelings », comme on dit à Bruxelles, en espérant qu’elle ne soit pas trop visible ? De deux choses l’une : soit on a voulu passer sous les radars avec une mesure impopulaire et incompréhensible, soit il s’agit d’un oubli fâcheux puisqu’il aurait été de bon ton de prévenir les partenaires européens… Dans les deux cas, problème il y a. Et les explications qui nous ont été fournies restent vagues. Il n’y aurait pas encore de décision politique pour prolonger l’interdiction au-delà du 28 février, nous dit-on, mais il s’agirait d’une « décision technique pour assurer une sécurité juridique » à la décision. C’est assez nébuleux et cela prouve que le gouvernement navigue à vue, entre les avis négatifs des experts et les tensions internes de plus en plus audibles. Une majorité désormais secouée par une ligne de fracture communautaire qui sépare les partis dominants (flamands) partisans de la plus grande fermeté et des francophones enclins à donner un peu d’air à une population à bout de souffle.

Notre sélection vidéo