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«Les amis et les parents, c’est aussi primordial pour la construction d’un couple»

Audrey est docteur en sociologie et coach en développement personnel.
Audrey est docteur en sociologie et coach en développement personnel.

Audrey, d’abord qui êtes-vous, d’où venez-vous ?

Je suis docteur en sociologie et coach en développement personnel. J’ai donc une double casquette de sociologue et de coach. Je pratique à Nivelles dans un cabinet que je partage avec ma sœur Astrid. Je vis en couple, j’ai un enfant.

Comment êtes-vous arrivée à Mariés au premier regard ?

J’étais d’abord une spectatrice de l’émission. J’y ai entendu qu’il recherchait un nouvel expert. Comme je pouvais correspondre au profil recherché, j’ai postulé et j’ai participé à un casting pour compléter l’équipe, où on a testé mon expertise sociologique.

Pourquoi une sociologue remplace-t-elle une sexologue ?

L’amour est aussi une construction sociale. On n’aime pas de la même façon en fonction des époques, des milieux sociaux, des genres… Aujourd’hui, par exemple, les mariages arrangés ont tendance à disparaître, mais ils existent encore. L’amour est donc très variable en fonction du milieu où on est né, de ce que nous ont inculqué nos parents. Je vais faire une référence littéraire à « Belle du Seigneur » d’Albert Cohen et à « L’Amour dure trois ans » de Frédéric Beigbeder. D’un côté l’amour romantique, celui du coup de foudre. de l’autre l’amour jetable, ce produit à obsolescence programmée, un peu comme un four à micro-ondes. Ce sont des représentations qui nourrissent notre imaginaire amoureux et qui vont avoir des influences sur nos manières de concevoir l'amour et aussi de le vivre.

Et concrètement ?

Je vais donner un exemple qui parlera à ceux qui ont vu la saison précédente de « Mariés au premier regard ». Je parle du couple formé par Manon et Steve. Les propos peu élogieux de la mère de la mariée sur la famille de son gendre avaient eu un grand impact sur l'attitude de Manon à l'égard de Steve. Eh bien, la maman de Manon incarnait la norme et était garante de son respect. Ce qu’on peut dire, même si ce n’est pas une règle sans exception, c’est que si les mariés sont socioculturellement proches, c’est mieux parti. La rencontre amoureuse, c’est aussi deux milieux qui se rencontrent, deux familles, deux groupes d'amis, deux habitudes de vies, deux cultures différentes. Que ce soit professionnellement, socialement et financièrement. Pour résumer, mon rôle dans le dispositif de l’émission est de déterminer les profils socioculturels et les mettre ensemble. Bien sûr, ça existait déjà dans les saisons précédentes, avec des questions sur le niveau d’études par exemple, mais c’était moins systématique. Cette fois-ci, on a véritablement cartographié le réseau des relations sociales, les amis, les parents, les valeurs prévalentes, l’univers culturel.

Plus ces valeurs sont éloignées, moins le couple a des chances de tenir ?

C’est un peu ça. Et pourtant, on imagine souvent l’amour dégagé de ce genre de considération ! Bien sûr, l’amour garde aussi une part d’inexplicable et de mystère… Mais une fois que la phase passionnelle s’est terminée, quand on passe à un amour plus institutionnalisé, tout peut s'effondrer car les intéressés, après avoir idéalisé leur partenaire, prennent conscience de différences parfois incompatibles ! Si on n’a pas les mêmes hobbies, si l’un ou l’autre aime le foot, l’autre le tennis ou le golf, ça peut compliquer les choses… Cela dit, ce que je viens de dire est un peu moins vrai qu’avant. Aujourd’hui, la multiplication des médias, la présence des réseaux sociaux ont fait que beaucoup plus de gens intègrent des normes contradictoires. Par exemple, on peut plus qu’avant être à la fois fan de Claude François et de Mozart ou de balle pelote et de musique classique. Parce que l’environnement nous a ouverts à des choses beaucoup plus différentes qu’avant. Un enfant n’est plus éduqué dans un contexte homogène comme il y a 80 ans.

À titre personnel, comment avez-vous vécu l’expérience de « Mariés au Premier regard » ?

Aussi bien dans les équipes de tournage que parmi les participants, j’ai rencontré des gens authentiques, sincères. J’ai eu l’impression que les participants n’étaient pas des gens qui cherchaient à être « peoplisés », mais qui étaient vraiment à la recherche de l’âme sœur. Ça donne du sens à mon travail. La spontanéité avait même un côté très touchant.

En même temps, vous étiez déjà fan de l’émission, non ?

En tout cas je trouvais son concept novateur, alors qu’il peut choquer beaucoup de monde. C’est un concept postmoderne de l’amour, un mélange entre romantisme et réalisme. D’un côté le désir de rencontre l’homme ou la femme de sa vie, se marier un blanc avec toute la symbolique qui y est associée, de l’autre, un amour réaliste qui n’est pas basé sur le coup de foudre mais sur la construction progressive d'une relation amoureuse où tout est fait à l’envers puisqu’on commence par se marier sans s'être jamais rencontrés auparavant.

Jean-Luc Beaumont: «Je suis un Ch’ti pur jus…»

Le plus grand spécialiste de l’émission.
Le plus grand spécialiste de l’émission.

Cela fait maintenant 3 saisons que Jean-Luc Beaumont participe à « Mariés au premier regard » en Belgique où l’émission fait un carton d’audience. Ajoutez-y les 2 saisons faites en France et vous avez le plus grand spécialiste de l’émission.

« Je suis lillois, dit-il mais très belge aussi, puisque les Nordistes me semblent plus proches des Belges que des Parisiens par exemple. Je suis donc un Ch’ti pur jus, né à Valenciennes, ayant vécu à Douai. Mais j’enseigne aussi bien à Lille qu’à Louvain-la-Neuve… »

Comme l’an passé, il est donc le seul homme du quatuor d’experts. « J’adore travailler avec les femmes : pour moi, c’est facile. Et ici, même si ce n’est pas toujours le cas, elles sont bienveillantes entre elles… »

Le grand changement de cette saison, selon Jean-Luc Beaumont, c’est le questionnaire pour établir les compatibilités. « On est passé de 500 questions à 370, mais de toute façon, tous les ans, ce questionnaire est affiné. Oui, il y a aussi des questions pièges ! On a des astuces pour détecter ceux qui ne sont pas là pour se marier, mais pour passer à la télé ! Ça arrive aussi. Et on ne peut pas totalement l’éviter. Lors de la 1ère saison en France, un candidat nous semblait sincère. Mais après coup, il s’est retrouvé ensuite dans beaucoup de programmes de téléréalité, ça a contribué à la rupture de son couple. Et ça continue à donner à « Mariés au premier regard », une image assez négative de téléréalité. Alors que pour moi, on est presque dans un documentaire scientifique… »

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