Abonnez-vous pour 1€

Faut-il encore désinfecter son caddie avant de faire ses courses? Yves Van Laethem répond à la question!

Faut-il encore désinfecter son caddie avant de faire ses courses? Yves Van Laethem répond à la question!
Faut-il encore désinfecter son caddie avant de faire ses courses? Yves Van Laethem répond à la question! - Ipiccy Image

Depuis que le coronavirus fait partie de notre vie, il n’est pas rare de devoir passer par toute une série de désinfections avant d’effectuer certaines actions du quotidien comme par exemple prendre un chariot à l’entrée d’un supermarché.

Par la suite, les politiciens et les experts ont attiré notre attention sur l’importance de se laver les mains et désinfecter les «surfaces de contact». En raison du manque de données sur le Covid-19, ils se sont basés sur de nombreuses études à propos de la transmission d’autres virus respiratoires via des fomites, des surfaces contaminées par le virus. Ce qui s’en est rapidement suivi par des études sur le Covid-19, qui ont montré que le virus pouvait rester présent sur des surfaces lisses pendant deux à six jours, si la température et l’humidité sont favorables.

C’est pourquoi les grandes enseignes de notre pays avaient rapidement pris des mesures sanitaires pour garantir la sécurité de tout un chacun. Cela passe notamment par la désinfection de notre chariot de courses. «Chacun doit se dire que l’objet qu’il va prendre et toucher, il ne sait pas qui l’a tenu en main avant donc la bonne solution reste de toujours de le faire soi-même au départ lorsqu’on prend le caddie aux endroits où cela s’y prête. Et puis surtout, de bien laver ses mains lorsqu’on rentre des courses et idéalement lorsqu’on a tout rangé», nous rappelle Yves Van Laethem.

Remise en question

Si la prudence reste de mise, de plus en plus d’études remettent en question les premières analyses du coronavirus qui se basaient, selon elles, sur des concentrations de virus irréalistes, allant de millions à des dizaines de particules virales. C’est bien plus que les centaines ou milliers de particules de virus que l’on trouve dans les produits inhalés, le microbiologiste Emanuel Goldman s’est notamment confié à ce sujet dans «The Lancet»: «Seulement quand un patient tousse ou éternue sur une surface et une autre personne doit toucher cet endroit dans les deux heures il est possible de transmettre le virus. Mais la question reste de savoir si l’on dispose de suffisamment pour infecter également cette deuxième personne».

«Le risque de contamination par les surfaces est très faible»

Le virus doit parcourir un long chemin pour infecter quelqu’un d’autre, par exemple via un chariot de supermarché. «Le virus doit d’abord se déplacer de vos voies respiratoires vers vos mains, puis vers le chariot de supermarché et enfin vers l’autre personne. Les mains, sautent sur le chariot, puis sur les mains du client suivant et se retrouvent dans ses voies respiratoires. À chacune de ces étapes intermédiaires, le virus perd en quantité. Vous avez donc besoin de beaucoup de virus pour transmettre l’infection», explique Steven Van Gucht, porte-parole du Centre de crise et virologue.

En outre, nous savons aujourd’hui que le virus se propage principalement par des gouttelettes que les gens échangent directement entre eux, ou par le biais de gouttelettes plus petites, nommées «aérosols», qui restent longtemps en suspension dans l’air, dans un espace clos. Le risque de contamination par les surfaces reste-t-il donc d’actualité? «Tout ce qu’on sait c’est qu’il y avait eu quelques études, probablement circonstancielles, que la contamination du milieu était moins importante. Maintenant comme on est censé tous porter le masque, pour aller au magasin par exemple. Les gens ont pris petit à petit d’employer du gel hydro alcoolique, les contaminations des surfaces sont donc devenues nettement moins significatives, même si elles n’ont jamais été le premier point de transmission, que ce qu’elles l’étaient» tient à préciser Yves Van Laethem.

Une mesure inutile?

Alors, toute cette frénésie de nettoyage n’est-elle qu’une mesure de rien? «Ce serait un mauvais raisonnement», dit Steven Van Gucht. «Juste parce que depuis la crise du coronavirus, les malades restent à la maison et nous nous lavons les mains en masse, nous laissons peu de particules virales derrière nous. Mais imaginez si nous n’avions pas fait la même chose? Vous ne pouvez certainement pas exclure la possibilité que des infections peuvent se produire de cette manière». Van Laethem ajoute: «Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner au niveau des magasins toutes les mesures».

Aujourd’hui encore, les virologues recommandent de désinfecter les surfaces que nous touchons souvent avec nos mains, comme les poignées de porte ou les chariots de supermarché: «Mais le plus important reste de se laver régulièrement les mains», explique M. Van Ranst.

L’arrivée du vaccin

Est-ce que le vaccin changera-t-il la donne ? «Le vaccin pour l’instant il va déjà vous protéger vous. Par contre, on ne sait pas encore exactement ce qu’il fait sur le portage du virus lui-même donc je pense que les personnes vont se sentir directement, c’est notamment l’un des problèmes du vaccin, un peu plus vite vulnérables sans tenir compte que: de un, le vaccin n’est pas parfait, même s’il est très bon et de deux, qu’il y a aussi la fonction de protéger les autres et que pour cela, on ne sait pas encore très bien quelle est l’intensité du rôle du vaccin à ce niveau-là» affirme Yves Van Laethem.

L’ère post-coronavirus

Et après ? «Nous voyons maintenant beaucoup moins de cas de grippe, de méningite ou du virus RS (virus respiratoire syncytial) chez les enfants. Cela n’est pas uniquement dû à l’hygiène des mains, mais elle peut certainement jouer un rôle. Si nous continuons à nous laver les mains plus souvent et à tousser moins dans nos mains, ce serait une bonne chose», affirme Van Gucht. Pour lui, et Van Ranst partage le même avis, étendre l’intention actuelle sur l’hygiène après le coronavirus serait une bonne chose.

De plus, l’arrivée des beaux jours est, pour Yves Van Laethem, à appréhender dans le bon sens: «On sera plus souvent dehors et les beaux jours c’est ce qu’on a tendance à vouloir en temps normal mais ici par rapport au virus, on se dit qu’on est plus forts et le virus, lui, plus faible».

Notre sélection vidéo