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Sortir de la gestion par la peur et l’injonction

Le confinement… Cela fera bientôt un an que ce drôle de mot est entré dans notre langage courant. Et au moment où l’épidémie semble être dans une phase de léger recul, où l’on envisage de plus en plus ouvertement des scénarios de déconfinement, tentons de tirer quelques leçons de cette crise.

Commençons par les hôpitaux, véritable boussole de nos dirigeants. Il fallait éviter à tout prix la saturation hospitalière et devoir choisir qui soigner. Voici un an, cette priorité s’imposait logiquement à nous. Mais aujourd’hui, elle continue de guider les pas de nos gouvernements et d’imposer une mise sous cloche de nos libertés, de nos espaces d’épanouissement, de la santé mentale d’une partie de la population, sans parler des dégâts sur des pans entiers de notre économie.

Mais qu’a-t-on pris comme décision, depuis mars 2020, pour renforcer la capacité hospitalière et notre système de soins de santé raboté depuis des années, pour respecter des trajectoires budgétaires sévères ? Pas grand-chose en fait...

On aurait pu mettre en place des structures provisoires, financer la création de lits ou lancer un grand plan d’infrastructures dans nos cliniques, au cas – possible – où nous serions touchés par d’autres virus. Un an plus tard, nous sommes toujours dans la gestion de ce flux des hospitalisations et clairement dans une situation où le monde politique reste dans une approche dictée par la peur, par la fermeture et par la prédominance des injonctions scientifiques.

Le résultat ? Désormais, le confinement n’est plus perçu par la population comme un acte de résistance solidaire, mais comme une immense agression psychique. L’adhésion est en recul. Et nos politiques semblent s’habituer à ce pouvoir exceptionnel dont ils bénéficient depuis un an. L’épisode de la prolongation en catimini de l’interdiction de voyages jusqu’au 1er avril – pour des raisons de sécurité juridique que l’on peine à trouver – constitue un exemple édifiant et inquiétant. Or, ce pouvoir, il faut le partager, le justifier. Et, d’une certaine manière, le rendre au débat public et politique. Car si le pays veut retrouver élan, résistance et solidarité, cela passe par une solide remise en question de notre rapport au virus, au risque et au partage des décisions.

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