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Grâce-Hollogne: démission de Manuel Dony acceptée, elle a coûté 14.000€ à la commune

Il est devenu numéro 2 du réseau Wallonie-Bruxelles Enseignement.
Il est devenu numéro 2 du réseau Wallonie-Bruxelles Enseignement. - TVA

14.000 euros. C’est la somme qu’aura finalement coûté la démission du Premier échevin Manuel Dony aux citoyens de Grâce-Hollogne. Une somme colossale, qui est le fruit d’une guerre interne entre deux élus socialistes rivaux : Manuel Dony et le bourgmestre Maurice Mottard.

Le 28 janvier dernier, Manuel Dony démissionnait de sa fonction d’échevin pour partir occuper un poste dans le réseau Wallonie-Bruxelles Enseignement. Le conseil communal, sous l’impulsion de la tendance socialiste du bourgmestre Maurice Mottard, le groupe MR, l’ex ecolo Elodie Carnevali et l’indépendante ex-PTB Maria Patti, avait voté contre la démission du Premier échevin. Le bourgmestre expliquait que rien n’avait été fait pour remplacer Manuel Dony ce qui mettait en péril le fonctionnement de la commune. Ce dernier était alors allé en justice pour tenter de faire annuler la décision du conseil.

Le Président du Tribunal de 1ère instance lui avait donné raison et décidait de condamner la commune à réunir son conseil communal dans les 48 heures pour accepter la démission de Manuel Dony, sous peine de devoir payer une astreinte de 1.000 euros par jour de retard. Malgré cette décision, le collège n’a pas jugé bon de convoquer le conseil. L’astreinte a continué de courrir… jusqu’à ce lundi. Finalement, après plus de deux semaines, le conseil, mis sous pression tant par la justice, que par la Région wallonne qui le sommait d’accepter la démission, a finalement voté à l’unanimité en faveur de celle-ci.

Où va aller cet argent ?

Mais pendant ces deux semaines, la commune a continué de payer ces astreintes pour en arriver aujourd’hui à 14.000 euros. Un montant qui interpelle et qui inquiète, notamment le groupe rcGH : « Théoriquement, ces 14.000 euros doivent revenir à Manuel Dony. J’aurais aimé savoir où cette somme allait aller », a lancé Vinciane Pirmolin, cheffe de groupe, pendant le conseil. « Notre groupe propose que cet argent retourne au CPAS ou à des associations, pour que cela retourne aux bénéfices des citoyens de Grâce-Hollogne. » L’intéressé lui a répondu : « L’ensemble de cet argent sera réparti sur des justes causes. Le CPAS et l’épicerie sociale en sont mais je n’ai pas dit qu’il y aura une exclusivité. Cela fera l’objet d’analyses. Normalement, l’astreinte n’est pas faite pour être payée, elle est dissuasive. On ne devrait jamais en être arrivé là », a répondu Manuel Dony.

Mais ce n’est pas tout. En marge de ces astreintes, la commune a également engagé un avocat pour s’opposer judiciairement à la décision du tribunal. Le recourt de la commune sera plaidé ce mardi devant la justice liégeoise. Une énième procédure déclenchée par la guerre politique socialiste qui coûtera une nouvelle fois de l’argent à l’administration : « Nous demandons à savoir combien la commune a dû payer pour cette guerre et quel est le montant exact engagé », questionnait Bertrand Crosset, élu rcGH, qui n’a obtenu aucune réponse. Ce lundi, il aura fallu 1h40 au conseil pour se mettre d’accord sur… trois points. Et même si aujourd’hui la commune de Grâce-Hollogne semble sortir de crise, les tensions entre les deux tendances socialistes ne risquent pas de s’atténuer de sitôt. Les négociations sont d’ailleurs toujours en cours avec la Fédération liégeoise du PS pour trouver un remplaçant à Manuel Dony. La bonne nouvelle, c’est que les citoyens de Grace-Hollogne ont fini de payer pour une guerre politique à laquelle, ni eux, ni les deniers publics, n’auraient dû être mêlés.

Stefano Barattini

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