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Une Aubeloise qualifiée d’arnaqueuse professionnelle

Elle a été arrêtée à l’aéroport avant de décoller, le préjudice pour l’agence est tout de même de 5350 euros!
Elle a été arrêtée à l’aéroport avant de décoller, le préjudice pour l’agence est tout de même de 5350 euros! - Belga.Prétexte.

C’est un gros dossier d’escroqueries, d’abus de confiance, de faux en écriture qui démarre en octobre 2019 par la plainte d’une agence de voyages bruxelloise, à laquelle une Aubeloise de 33 ans, Stéphanie Slepsow, avait commandé un voyage en Grèce pour 4 personnes, que l’agence avait du mal à se faire payer. Par téléphone, elle affirme qu’elle va venir payer le lendemain, mais son interlocuteur perçoit le bruit manifeste d’un aéroport. En catastrophe, il parvient à faire stopper le voyage, mais celui-ci est déjà payé au transporteur. Le préjudice pour l’agence est tout de même de 5350 euros !

Les mois suivants, un juge d’instruction est saisi d’une série invraisemblable de plaintes de commerçants de la région verviétoise envers la même personne, pour des faits similaires. Et c’est qu’elle n’a pas fait dans le détail, la petite dame. C’est ainsi qu’elle a commandé du matériel de bricolage, des ordinateurs, des services, des chaussures (9 paires) et même de la chirurgie esthétique ou de la pâtisserie ou encore des produits de librairies, sans jamais débourser un kopeck. Déménageant sans cesse, elle louait des appartements et même un gîte de luxe ainsi que des voitures, toujours sur le même principe. Pour un préjudice total estimé aux alentours de 30.000 euros.

Il faut dire que l’Aubeloise avait développé un certain talent pour fabriquer de fausses preuves de payement, attestation d’emplois, et de faire croire à tout le monde, jusqu’à son mari, qu’elle travaillait dans un cabinet d’avocats.

En quarantaine

Finalement, elle est arrêtée et passera trois mois en détention préventive, avant d’être citée devant le tribunal correctionnel où pas moins de 66 parties civiles sont convoquées. Où elle ne se présente pas, étant en quarantaine, du moins prétend-elle.

Mais l’affaire a quand même été prise, son avocat Me Olivier Pirard la représentant. Mme Philips, ministère public, l’a qualifiée d’arnaqueuse professionnelle, car il faut l’être pour rouler autant de commerçants, d’avocats et de médecins. Elle souligne le nombre de faits vertigineux commis, ainsi que les dépenses excessives, allant jusque de la chirurgie esthétique, auxquelles elle a procédé. Et de rappeler qu’elle a déjà été condamnée en 2018 à 8 mois de prison avec sursis pour des faits d’escroquerie commis au détriment de sa propre belle-sœur. « Elle se fout de tout, et je suis sûre qu’elle va recommencer si on ne lui donne pas un sérieux coup d’arrêt. » C’est pourquoi elle réclame une sanction sévère, 40 mois de prison, avec possibilité d’une partie avec sursis partiel, pour l’obliger à un suivi thérapeutique.

Mais son avocat sollicite un sursis probatoire total. « La case prison a-t-elle encore un sens ? Son arrestation a été déjà un terrible coup de frein. Elle a deux enfants, un travail dans une entreprise de titres-services, et n’a qu’un besoin : se reconstruire » plaide-t-il en s’étonnant tout de même de la facilité avec laquelle les gens se sont fait berner.

« De toute façon, la vraie sanction sera de devoir rembourser les préjudiciés » conclut le juge M. Defechereux.

Jugement dans un mois.

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