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Européens et Américains discutent du sauvetage de l’accord nucléaire iranien

Européens et Américains discutent du sauvetage de l’accord nucléaire iranien
AFP

Le Français Jean-Yves Le Drian a reçu dans l’après-midi à Paris l’Allemand Heiko Maas et le Britannique Dominic Raab, qui devaient être rejoints en visioconférence par le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken vers 16h30 GMT (17h30 HB).

Depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord conclu en 2015, décidé par l’ancien président américain Donald Trump, et le retour de sanctions qui étouffent l’économie iranienne, Téhéran s’est affranchi progressivement de nombre de limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire.

Les Iraniens « jouent avec le feu », s’est inquiété devant la presse à Paris le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

L’arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue, après la politique de « pression maximale » exercée par son prédécesseur. Mais la nouvelle administration américaine exige que Téhéran revienne en premier lieu aux termes de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

« Les récentes actions iraniennes n’aident vraiment pas, elles hypothèquent le retour des Américains » dans l’accord, a ajouté Heiko Maas.

Mercredi, ce dossier brûlant a été évoqué entre le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors de leur premier échange. Les deux dirigeants ont souligné « l’importance de la poursuite d’une étroite consultation sur les questions de sécurité régionale, en particulier l’Iran », a indiqué la Maison Blanche.

Cette intensification des échanges diplomatiques intervient quelques jours avant une échéance qui alimente les inquiétudes : conformément à une nouvelle loi adoptée en décembre, le gouvernement iranien prévoit de restreindre l’accès des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspectés d’avoir une activité nucléaire, sous certaines conditions, si les États-Unis ne lèvent pas leurs sanctions imposées depuis 2018.

Il s’agirait d’un nouveau manquement à l’accord nucléaire de 2015, après l’annonce récente par Téhéran de production d’uranium métal pouvant être utilisé dans la fabrication d’armes nucléaires.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, est attendu samedi en Iran pour « trouver une solution mutuellement acceptable », selon l’organisation basée à Vienne, qui s’inquiète du « sérieux impact » des limitations futures de ses inspections.

« Le programme nucléaire iranien s’amplifie de jour en jour, on se rapproche du moment à partir duquel le pays pourra enrichir suffisamment d’uranium pour fabriquer une bombe atomique », juge Ali Vaez, expert de l’International Crisis Group (ICG).

Téhéran doit garantir « une coopération entière et rapide » à l’AIEA, a insisté mercredi le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

« L’Iran devrait faire marche arrière et ne pas prendre d’autres mesures qui auraient un impact sur les garanties de l’AIEA, sur lesquelles comptent non seulement les Etats-Unis, non seulement nos alliés et partenaires dans la région mais le monde entier », a-t-il ajouté.

La République islamique réclame d’abord la levée des sanctions et rejette les appels à élargir les termes de l’accord.

« Il existe encore une toute petite fenêtre d’opportunité pour limiter les dommages qui découleraient des prochaines actions iraniennes », selon Ellie Geranmayeh, du Conseil européen des relations internationales (CEFR).

« Ce qu’il faut désormais, ce sont des gestes américains concrets qui montrent véritablement à l’Iran que les Etats-Unis prennent leurs distances avec la politique de pression maximale du mandat Trump », juge l’experte, en estimant que « les Européens devraient presser l’administration Biden d’annoncer clairement sa détermination à réintégrer l’accord » de Vienne.

Enfin, suggère-t-elle, « Etats-Unis et Europe devraient travailler ensemble pour fournir un peu de répit économique à l’Iran sur le court terme » en vue de reprendre le chemin du respect des termes de l’accord nucléaire de 2015, alors que le pays, asphyxié par les sanctions américaines, souffre aussi des conséquences économiques de la pandémie de Covid-19.

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