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L’Allemagne commémore un attentat raciste dans un climat tendu

L’Allemagne commémore un attentat raciste dans un climat tendu
EPA/MAXPPP

Une cérémonie, rassemblant 50 personnes dans le centre des congrès de Hanau, la ville de la région de Hesse où l’attaque s’est produite, est prévue à partir de 17H00 GMT (18H00 HB) avec notamment des témoignages vidéo des familles des victimes, qui se plaignent que toute la lumière n’a pas encore été faite.

Le chef de l’Etat Frank-Walter Steinmeier prononcera un discours à cette occasion.

«C’était un crime de haine, de haine raciste», a récemment déclaré la chancelière Angela Merkel, en promettant «d’améliorer les structures de l’Etat pour combattre l’extrémisme de droite».

Il y a un an, Tobias Rathjen, un Allemand lié à la mouvance complotiste, a abattu neuf personnes d’origine étrangère dans deux bars à chicha.

L’homme de 43 ans, qui vivait chez ses parents, est ensuite rentré chez lui où il aurait tué sa mère avant de se suicider.

Avant son acte, il avait publié sur internet des pamphlets racistes. Les policiers ont aussi retrouvé chez lui un manifeste truffé de théories complotistes et de positions d’extrême droite.

Selon le Parquet, il aurait agi seul. L’enquête est toujours en cours.

Dans un récent appel intitulé «Nous accusons!», les proches de victimes ont néanmoins dénoncé «une chaîne de défaillances» ayant permis les crimes et de nouveau réclamé «une explication sans faille» de la part des autorités.

Ils veulent notamment savoir pourquoi l’auteur pouvait être légalement détenteur d’une arme alors qu’il souffrait de problèmes psychiques sévères et avait été plusieurs fois interné de force.

Selon plusieurs médias, le numéro d’appel de police secours de la ville était par ailleurs injoignable le soir de l’attentat, apparemment par manque de personnel.

L’une des victimes aurait maintes fois tenté d’appeler avant d’être abattue de plusieurs balles dans sa voiture par Tobias Rathjen.

Pour Edgar Franke, commissaire aux victimes du gouvernement, les autorités locales doivent enfin répondre «aux questions douloureuses des proches», que l’assassin présumé, par son suicide, a privé d’un procès.

«Nous avons besoin d’une prise de conscience plus forte de la part» des autorités «que les attentats d’extrême droite, par exemple contre des musulmans, ne sont pas des menaces abstraites, mais bien concrètes», a ainsi estimé vendredi le président du Conseil central des musulmans (ZMD) Aiman Mazyek.

Sous-estimée dans les années 2000 par les autorités malgré plusieurs meurtres, notamment d’immigrés turcs par le groupuscule néonazi NSU, la menace d’un terrorisme brun en Allemagne est aujourd’hui perçue comme un défi de premier plan pour la sécurité intérieure.

Fin janvier, un néo-nazi allemand a été condamné à la réclusion à perpétuité pour le meurtre d’un élu défendant la cause des migrants, et en décembre un sympathisant de l’extrême droite avait écopé de la même peine pour avoir failli commettre un massacre dans une synagogue de Halle puis avoir finalement tué deux personnes non loin de là.

Globalement, les crimes et délits liés à l’extrême droite ont atteint en 2020 en Allemagne leur niveau le plus élevé depuis 2001, avec plus de 23.000 actes aux motivations racistes, antisémites ou dirigés contre le système démocratique.

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